Agathe de Catane (Catane, v. 231 – 251) : vierge et martyre issue, comme dans les contes de fée, d’une riche famille de la noblesse locale, et popularisée dès le Ve siècle par une « passion » (récit hagiographique) inspirée de traditions tardives. Sa vie légendaire, reprise par Jacques de Voragine [1]« Agathe, vierge noble d’esprit et très belle de corps, honorait Dieu à tout moment et en toute sainteté dans la ville de Catane. » Jacques de Voragine, La Légende dorée [1261-1266] (éd. sous la direction d’Alain BOUREAU, Paris, Gallimard (Bibliothèque de la Pléiade), 2004, p. 205., fait état de ses déboires avec le proconsul Quintien ainsi que des tortures [2]Parmi les tortures que la sainte eut à endurer, ses bourreaux lui arrachèrent les seins à l’aide de tenailles ; l’apôtre Pierre lui apparut à point nommé dans sa prison et la guérit de ses blessures. qui lui auraient été infligées pour avoir refusé ses avances et ébranler ainsi la force de sa foi, évidemment sans jamais obtenir le succès escompté. L’instant de sa mort fut accompagné d’un tremblement de terre qui ébranla toute la ville.
Un an plus tard, l’Etna serait entré en éruption, déversant un flot de lave en direction de Catane. Selon la légende, les habitants s’emparèrent du voile qui recouvrait la sépulture d’Agathe et le placèrent devant le feu, lequel arrêta sa course aussitôt, épargnant ainsi la ville [3]« Un an [après la mort d’Agathe], à peu près à la date de la fête de la sainte, la très haute montagne [l’Etna] qui se trouve près de la cité fit éruption et vomit un incendie qui, dévalant comme un torrent et liquéfiant les rochers et la terre, s’abattit violemment sur la ville. Alors les païens descendirent en foule de la montagne, se réfugièrent près de son tombeau … Poursuivre.
Iconographie
La sainte est représentée sous les traits d’une jeune et belle vierge chrétienne,
- vêtue comme une princesse
- tenant à la main
- une fine croix
- un plateau contenant ses deux seins amputés par le bourreau
- des pinces ou des tenailles, instruments de son martyre
- un voile
Scènes de la vie de la sainte :
- Quintien, préfet de Sicile, épris de la beauté d’Agathe, désire l’épouser ; celle-ci refuse car elle s’est donnée à Dieu ; sur ce, elle est envoyée dans un lupanar où certaine Aphrodisie est chargée de lui faire accepter ce mariage et de renoncer à son Dieu. La tenancière ayant échoué, Quintien fait jeter Agathe en prison où elle est soumise à la torture.
- Agathe persiste à refuser de sacrifier aux idoles ; un rayon de lumière divine resplendit au-dessus d’elle.
- Tandis que les bourreaux lui arrachent les seins à l’aide de tenailles, un ange lui apporte une croix.
- Saint Pierre lui apparaît accompagné d’un ange dans sa prison et guérit ses blessures.
Notes
| 1↑ | « Agathe, vierge noble d’esprit et très belle de corps, honorait Dieu à tout moment et en toute sainteté dans la ville de Catane. » Jacques de Voragine, La Légende dorée [1261-1266] (éd. sous la direction d’Alain BOUREAU, Paris, Gallimard (Bibliothèque de la Pléiade), 2004, p. 205. |
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| 2↑ | Parmi les tortures que la sainte eut à endurer, ses bourreaux lui arrachèrent les seins à l’aide de tenailles ; l’apôtre Pierre lui apparut à point nommé dans sa prison et la guérit de ses blessures. |
| 3↑ | « Un an [après la mort d’Agathe], à peu près à la date de la fête de la sainte, la très haute montagne [l’Etna] qui se trouve près de la cité fit éruption et vomit un incendie qui, dévalant comme un torrent et liquéfiant les rochers et la terre, s’abattit violemment sur la ville. Alors les païens descendirent en foule de la montagne, se réfugièrent près de son tombeau et arrachèrent le voile dont il était couvert ; ils le brandirent aussitôt contre le feu, et le jour même de la fête de la vierge le feu s’arrêta et ne progressa plus. » Jacques de Voragine, La Légende dorée [1261-1266], op. cit., p. 208. |
