Sources écrites de l’épisode de l’Adoration des mages

La première occurrence de cette narration (seule parmi les textes canoniques) se trouve dans l’Evangile de Matthieu (Mt 2, 1-12). Celui-ci, en revanche, n’indique pas le nombre des mages présents, que l’exégèse s’emploiera à préciser. Ce n’est pas avant le IXe siècle, semble-t-il, avec la rédaction du Liber Pontificalis de Ravenne (catalogue chronologique des papes et évêques de Rome, du VIe au IXe siècles) qu’apparaissent les noms de Melchior, Gaspard et Balthazar.

Jacques de Voragine, sur ce sujet, est beaucoup moins prolixe que d’habitude, peut-être parce que le texte canonique est déjà particulièrement précis.

Evangile de Matthieu (Mt 2, 1-12) :

« Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. » En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé, et tout Jérusalem avec lui. Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le Christ. Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète : Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël. » Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ; puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. » Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant. Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie. Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin. »

Jacques de Voragine, La Légende dorée :

« Le jour de la naissance du Sauveur, d’après une relation dont parle saint Chrysostome, les mages étant en prières sur une montagne, une étoile apparut devant eux, ayant la forme du plus bel enfant, sur la tête duquel brillait une croix. Elle dit aux mages d’aller en Judée et que là ils trouveraient ce nouveau-né. »