Adoration des mages

Adoration des mages ou Adoration des rois, la scène, associée à la fête de l’Epiphanie, se fonde sur l’Evangile de Matthieu.

L’épisode évangélique se situe après celui de l’adoration des bergers : à travers l’adoration successive des bergers, puis des rois mages, la nature messianique de Jésus est d’emblée reconnue, aussi bien par le petit peuple que par les plus hauts personnages de l’aristocratie, autrement dit, par la société humaine tout entière.

I. Sources écrites de l’épisode

Voir lien ci-dessus.

Bartolo di Fredi, « Adorazione degli Magi ». Sienne, Pinacoteca Nazionale.
II. Iconographie de l’Adoration des mages

Cette scène d’adoration est l’un des thèmes les plus populaires de l’iconographie chrétienne.

Visuellement, la scène s’inspire du modèle des représentations impériales romaines et byzantines dans lesquelles on peut voir les rois barbares apportant des offrandes à l’empereur. Y figurent par principe :

  • Marie et l’Enfant-Jésus

Marie porte généralement l’Enfant sur ses genoux. Celui-ci bénit les rois mages et, en premier lieu, celui d’entre eux prosterné à ses pieds.

  • Joseph

Absent dans certaines représentations anciennes, il viendra rapidement rejoindre la Sainte Famille. La plupart du temps, son action se limite à observer la scène.

  • Les mages

Les premières représentations ne distinguent guère les rois mages dont le nombre est fixé à trois au Ve siècle.

A l’origine, les rois sont tous vêtus de costumes « barbares » (tuniques courtes et bonnets phrygiens), et souvent imberbes ; au cours du IVe siècle, on commence à différencier leur âge en représentant un ou deux des mages barbus. Très tôt, ils sont associés aux trois âges de la vie, leur nombre augmentant à quatre dès lors que l’Enfant intègre le décompte. Le roi le plus âgé est généralement représenté prosterné devant l’Enfant, formant avec lui un couple permettant d’articuler symboliquement l’ancienne et la nouvelle ère. 

Plus tard, ils adoptent un costume assimilé à ceux des rois contemporains, et portent une couronne (peut-être une influence byzantine ?) ; au XIIe siècle, se fixent leurs caractères distinctifs (âge, couleur de peau).

  • Les présents

Comme les mages, les présents sont réputés être au nombre de trois (or, encens, myrrhe) ; ils renvoient symboliquement à la royauté, à la divinité et à l’humanité du Christ (illustrée par la myrrhe qui permet d’embaumer les morts).

Parmi les éléments figurés dans l’épisode, on peut généralement voir :

  • L’étoile

Dans l’Évangile de Matthieu, l’apparition d’une étoile annonce aux rois mages la naissance du Messie. Contrairement aux bergers qui auraient été conduits par un ange [1], c’est ce même astre qui les guide ensuite vers Jérusalem et Bethléem où, une fois parvenus, ils viennent déposer leurs offrandes au pied de l’enfant Jésus. Si l’Évangile de Matthieu, dans son récit de la Nativité fait mention de cette étoile, le prolixe Jacques de Voragine (La Légende dorée) en précise l’apparence : celle-ci, nous apprend-il, avait « la forme du plus bel enfant, sur la tête duquel brillait une croix. »

  • Un cortège

Alors qu’ils offrent leurs présents, les mages sont suivis, à partir du XIVe s. d’un cortège aux proportions grandissantes.

  • Des chameaux

Dans le cortège des mages, ainsi qu’à proximité, un ou plusieurs chameaux rappelle que ces animaux leur ont servi de monture (plus tard, ils finiront par disparaître presque complètement au profit des chevaux).

  • Des figurants

D’abord réduit aux seul protagonistes de la scène, le nombre de figurants augmente avec le temps jusqu’à parfois envahir la scène.

Celle-ci prend place peu à peu dans un paysage, sur le lieu présumé de la Nativité (grotte, étable, plus tardivement, architecture en ruine) où figurent :

  • La mangeoire

Avec le temps, son apparence formelle évoque de plus en plus explicitement un tombeau.

  • Le bœuf et l’âne

[1] L’étoile des mages ne peut donc être confondue avec celle des bergers.