Avant même d’être ces figures à l’apparence d’enfants ronds et joufflus [1]Voir : putto. tournoyant dans les airs dans des scènes appartenant, ou non, au répertoire de l’iconographie chrétienne, les Chérubins sont des anges appartenant au premier degré de la hiérarchie céleste dans laquelle ils se situent juste après les Séraphins. Ils se distinguent de ces derniers par la couleur (bleue) et le nombre de leurs ailes (quatre). La science des anges n’étant pas une science exacte, il arrive fréquemment que ces caractéristiques théoriques soient malmenées dans les images peintes.
« La source principale [de l’iconographie des chérubins] est, comme pour l’ordre des séraphins, l’Ancien Testament qui à plusieures reprises décrit le chérubin : d’une part, dans l’Exode et le deuxième Livre des Chroniques, dans le rôle de gardien de l’autel de Yavhé, et, d’autre part, dans plusieurs psaumes, les Livres de Daniel et d’Ézéchiel, avec la fonction de siège divin. Le Livre d’Ezéchiel faisait appel aussi à l’image figurative du tétramorphe, être spirituel à quatre têtes appartenant à des êtres différents, recouverts d’ailes parsemées d’yeux. Denys, en lui assignant le deuxième rang dans la hiérarchie supérieure, lui attribue, grâce à sa qualité de réception de la lumière, la propriété de la contemplation savante de Dieu, qu’il transmet aux ordres inférieurs au moyen de la sagesse. Grégoire, par la suite, tout en conservant fidèlement le rang attribué au chérubin ainsi que la propriété de la contemplation savante, le définit, comme un être non comblé d’une profonde sagesse, mais doté d’une plénitude de science. Les exégètes médiévaux reprenaient les définitions avancées par les deux grands prédécesseurs paléochrétiens, tout en mettant généralement l’accent sur la propriété de la science grégorienne, et non sur la sagesse de Denys. [2]Barbara Bruderer Eichberg, Les neuf choeurs angéliques. Origine et évolution du thème dans l’art du Moyen Âge. Poitiers : Centre d’études supérieures de civilisation médiévale, 1998. (Civilisation Médiévale, 6), p. 65. »
C’est parce qu’ils sont redoutables que Dieu, après avoir chassé Adam et Ève du Paradis « posta à l’est du jardin d’Eden les Chérubins qui agitent une épée flamboyante pour garder le chemin de l’arbre de vie [3]Dans les trois versets de la Genèse (Gn 3, 22-24) d’où provient cet extrait, on apprend que l’ « Éternel Dieu », constatant que « l’homme est devenu comme l’un de nous pour la connaissance du bien et du mal », décide d’empêcher celui-ci « de prendre de l’arbre de vie, d’en manger et de vivre éternellement » et de le chasser « du … Poursuivre ».
Iconographie :
Dans l’iconographie chrétienne du Moyen âge et de la Renaissance, les Chérubins sont, en principe, représentés
- avec deux paires d’ailes bleues (contrairement aux séraphins qui sont, eux, dotés de trois paires d’ailes de couleur rouge)
- le visage poupin et de la même couleur bleue
- éventuellement coiffés d’une auréole
- le corps généralement invisible
Notes
| 1↑ | Voir : putto. |
|---|---|
| 2↑ | Barbara Bruderer Eichberg, Les neuf choeurs angéliques. Origine et évolution du thème dans l’art du Moyen Âge. Poitiers : Centre d’études supérieures de civilisation médiévale, 1998. (Civilisation Médiévale, 6), p. 65. |
| 3↑ | Dans les trois versets de la Genèse (Gn 3, 22-24) d’où provient cet extrait, on apprend que l’ « Éternel Dieu », constatant que « l’homme est devenu comme l’un de nous pour la connaissance du bien et du mal », décide d’empêcher celui-ci « de prendre de l’arbre de vie, d’en manger et de vivre éternellement » et de le chasser « du jardin d’Éden pour qu’il [cultive] la terre d’où il avait été pris ». |

