L’archange Uriel ne figure pas dans les Écritures et n’est donc pas accepté officiellement dans la religion catholique [1]« […] le concile romain, tenu en 745, art. 3, condamne une prière dont se servait un certain Adalbert, où il invoquait les saints anges Uriel, Raguel, Tubuel, Michel, Inias. Les Pères de ce concile soutiennent que tous les noms dont on vient de parler, excepté celui de saint Michel, sont, non pas des noms d’anges, mais des noms de démons ; et que l’Église ne … Poursuivre. Bien que l’on ne trouve pas d’ange portant ce nom dans les Écritures, Uriel fait partie de la tradition par le biais des Apocryphes, tels que le Livre d’Hénoch, l’Apocalypse de Pierre et le Livre de Baruch, dans lesquels il joue un rôle important. C’est lui qui, avec Gabriel, Raphaël et Michel, représente parfois un des quatre points cardinaux, généralement celui représentant l’été.
Sources textuelles
Dans les Apocryphes, c’est Uriel qui est chargé par Dieu d’exclure Adam et Ève du Jardin d’Eden. Uriel est aussi l’ange qui roule la pierre du tombeau du Christ au petit matin du jour de Pâques dans le jardin du Saint-Sépulcre. Toujours selon les Apocryphes, il joue également un rôle lors du Massacre des Innocents ordonné par Hérode. Uriel, en incitant Elisabeth, mère de Jean Baptiste, à rejoindre avec son fils la Sainte Famille en Égypte, où elle a fuit, est considéré comme le sauveur du prophète. Léonard de Vinci représente cette rencontre dans La Vierge aux Rochers (fig. ci-dessous), œuvre dans laquelle l’ange splendide que l’on voit désigner l’enfant agenouillé – Jean, le futur Baptiste -, est Uriel.
Uriel est l’un des quatre anges mentionnés dans le Livre d’Énoch, où il apparaît à plusieurs endroits [2]Uriel fut envoyé pour dire à Noé que la terre serait détruite par un déluge (Énoch 10, 1). Il décrivit les anges qui avaient conduit les hommes vers un faux culte (19, 1) et fut chargé de surveiller le monde et le Tartare (20, 2). Il prophétisa à Énoch que les anges déchus (les étoiles) seraient liés et punis pendant 10 000 ans (21, 5 et suivants), et que ceux qui diraient des … Poursuivre. Les autres sont Michel, Gabriel et Raphaël. Dans la littérature ultérieure, Uriel apparaît comme l’ange qui a aidé Adam et Abel à entrer au Paradis, et comme l’ange qui a lutté avec Jacob.

Iconographie
L’Archange Uriel est représenté
- une flamme dans la paume de la main (elle symbolise le pouvoir de la connaissance)
- tenant un livre (symbole usuel de la connaissance dans la représentation des saints)
- avec une épée à la main ; celle-ci peut être enflammée
Notes
| 1↑ | « […] le concile romain, tenu en 745, art. 3, condamne une prière dont se servait un certain Adalbert, où il invoquait les saints anges Uriel, Raguel, Tubuel, Michel, Inias.
Les Pères de ce concile soutiennent que tous les noms dont on vient de parler, excepté celui de saint Michel, sont, non pas des noms d’anges, mais des noms de démons ; et que l’Église ne reconnaît que les noms de trois anges, savoir, Michel, Gabriel et Raphaël. C’est ce qu’on lit dans les actes de cette assemblée. Il est toutefois bon de remarquer que l’objet de ce concile était de rejeter les noms nouveaux et inusités des anges, que cet homme voulait introduire dans l’Église. Mais celui d’Uriel n’y était pas nouveau, et on l’y a reconnu longtemps depuis, même chez les Latins, comme on le voit dans le quatrième livre, chapitre 33.20, de Guillaume Durand, évêque de Mende, qui vivait au treizième siècle, mort en 1296. Quelques livres apocryphes assurent que, depuis le commencement du monde jusqu’à la cent soixantième année d’Hénoch, on ne comptait pas par années, mais par semaines, et que ce fut l’archange Uriel qui révéla à Hénoch ce que c’était que le mois, l’année et les révolutions des saisons ou des astres. » Augustin Calmet, « Uriel », Dictionnaire encyclopédique de la Bible, Brepols, Iris Diffusion, 2002. |
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| 2↑ | Uriel fut envoyé pour dire à Noé que la terre serait détruite par un déluge (Énoch 10, 1). Il décrivit les anges qui avaient conduit les hommes vers un faux culte (19, 1) et fut chargé de surveiller le monde et le Tartare (20, 2). Il prophétisa à Énoch que les anges déchus (les étoiles) seraient liés et punis pendant 10 000 ans (21, 5 et suivants), et que ceux qui diraient des choses inconvenantes au sujet du Seigneur seraient punis dans « la vallée maudite » (27, 2). Il enseigna à Énoch les noms des étoiles, leurs positions et leurs mouvements selon leurs mois (33, 4), et lui parla du parcours des luminaires célestes, de leurs relations les uns avec les autres et de la façon dont ils régulent le temps et l’état du monde (72, 1) ; il a discuté de l’année lunaire (74, 2) et des mouvements de la lune (75, 3, 4 ; 78, 10 ; 79, 6 ; 80, 1). Uriel est également mentionné dans 2 Esdras 4, 1, 5, 20 et suivants, 10, 28. Il a réprimandé Esdras pour avoir remis en question les voies de Dieu en posant des questions qui n’ont pas de réponse. |
