‘Il Marrina’ (?), « La Cacciata dal Paradiso Terrestre »

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‘Il Marrina’ (?)

La Cacciata dal Paradiso terrestre (Adam et Ève chassés du Paradis),

Stuc,

Inscriptions (sur le fronton de l’édicule) : « DEVM MAXIMVM ET POSTEROS OF / FE[N]DI VTRIUVQUE DEBEO NEVTER MIHI » [1]

Sienne, Duomo, Libreria Piccolomini.

Selon Roberto Guerrini, Francesco Todeschini Piccolomini, commanditaire de la Libreria, a voulu perpétuer le souvenir des dernières paroles de son oncle, témoins de son repentir (tardif), en les faisant inscrire au fronton d’un petit monument presque invisible – il quasiment caché au-dessus de la porte d’entrée. Cette inscription, placée en hauteur, dont les lettres sont d’une taille inférieure à celles des didascalies qui accompagnent chacune des fresques du Pintoricchio, revêt de ce fait un caractère intime, discret, et n’est lisible que par un un petit nombre de visiteurs particulièrement attentif. Pie II parlant ici à la première personne et non à la troisième comme on peut le lire dans les didascalies placées sous les fresques. l’aspect humain de cette confession s’en trouve souligné.

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1

Transposition d’un modèle sculpté par Jacopo della Quercia pour la Fonte Gaia, le bas-relief de la Chasse hors du Paradis des ancêtres de l’humanité, que l’on voit ici littéralement poussés au-dehors, accompagne en l’explicitant la mention écrite au fronton (fig.1), et non l’inverse, comme c’est habituellement le cas dans des contextes différents, lorsque c’est bien l’œuvre qui illustre l’inscription, et non l’inverse. Le monogramme bernardinien du Christ : IHS vient rappeler la possibilité du rachat des péchés, y compris les plus répréhensibles (!) et les plus offensants pour Dieu et pour l’humanité. [2]

[1] « J’ai offensé Dieu et la postérité. Je suis débiteur vis-à-vis de chacun d’eux, aucun d’eux [ne l’est] envers moi. » Telles auraient été les dernières paroles du pape Enea Silvio Piccolomini prononcées sur son lit de mort (Roberto Guerrini, « Libreria Piccolomini », in Le sculture del duomo di Siena, Milano, Silvana Editoriale, 2009, pp. 162–165).

[2] Roberto Guerrini, « Libreria Piccolomini », in Le sculture del duomo di Siena, Milano, Silvana Editoriale, 2009, pp. 162–165