Sconosciuto, « Ruota della Fortuna »

Roue de la fortune.png

Artiste inconnu

Ruota della Fortuna (Roue de la fortune), 1488.

Marqueterie de marbres.

Inscriptions :

  • (sur les phylactères qui accompagnent les figures masculines dans les quatre octogones) :
    • « NON FORTUNAE MVNERIBVS SED ANIMI BONIS GLORIANDVM. EPICT. ENCHYR. CAP. LXVI. » [1]Non fortunae muneribus, sed animi bonis gloriandum (« Nous devons glorifier non pas les dons de la fortune mais le bien de l’esprit ». Épictète, Enkheiridion (Manuel), Chap. VII). Contrairement aux ouvrages de philosophie habituels, le Manuel ne contient aucun approfondissement théorique, mais s’attache à définir des exemples pratiques tirés du quotidien, afin … Poursuivre
    • « FORTVNA PROSPERA PETVLANTES MAGIS / FACIT. ARIST. POLIT. LIB. VII. » [2]Fortuna prospera petulantes magis facit (« La bonne fortune rend les hommes plus pétulants ». Aristote, La Politique. Livre VII).
    • « MAGNA SERVITVS EST MAGNA FORTVNA. SENE. DE CONSOL. LIB. VN. » [3]Magna servitus est magna fortuna (« La grande fortune est un grand esclavage ». Sénèque, De Consolatione).
    • « TIBI DIXI O FILI VT FORTVNAM LABORIBVS / INDAGES. EVRIP. ELECT. » [4]Tibi dixi O Filii ut fortunam laboribus indages (« Je t’ai dit, mon fils, de rechercher la fortune dans les travaux ». Euripide, Electra).

Provenance : In situ.

Sienne, Duomo, pavement de marbres marquetés.

La Roue de la Fortune est la copie, réalisée au XIXe s., d’une marqueterie du XIVe s. Figure allégorique des hasards et de l’instabilité perpétuelle de la vie humaine, c’est l’un des symboles les plus diffusés dans le monde médiéval européen. On y distingue généralement quatre phases, situées aux quatre points cardinaux de la roue ; partant de la misère la plus grande, elles évoluent progressivement, avant de culminer avec la gloire d’un empereur que l’on voit assis sur son trône tenant à la main le globe et le sceptre, symboles de son pouvoir. Les trois autres personnages sont littéralement arrimés à la roue. L’air hagard, les cheveux et les vêtements balayés par des vents de tempête, ils tentent désespérément de s’y maintenir.

Quatre portraits masculins figurent dans les octogones situés aux quatre angles : les inscriptions lisibles sur les phylactères qui les accompagnent et semblent voler au vent révèlent qu’il s’agit de quatre philosophes de l’Antiquité : Épictète, Aristote, Euripide et Sénèque. Le nom de chacun des quatre philosophes figure dans l’inscription en même temps que le titre de l’ouvrage dont provient la citation. Cette dernière est liée de façon systématique au mépris et au détachement que doivent inspirer les biens terrestres. 

Le dicton : « REGNO, REGNABO, REGNAVI, SUM SINE REGNO » [5]« Je règne, je régnerai, j’ai régné, je suis sans royaume. » qui figure généralement sur ce type de représentation allégorique est ici absent.

Notes

Notes
1 Non fortunae muneribus, sed animi bonis gloriandum (« Nous devons glorifier non pas les dons de la fortune mais le bien de l’esprit ». Épictète, Enkheiridion (Manuel), Chap. VII). Contrairement aux ouvrages de philosophie habituels, le Manuel ne contient aucun approfondissement théorique, mais s’attache à définir des exemples pratiques tirés du quotidien, afin d’illustrer la mise en application des principes de la sagesse stoïcienne dans la vie de chacun.
2 Fortuna prospera petulantes magis facit (« La bonne fortune rend les hommes plus pétulants ». Aristote, La Politique. Livre VII).
3 Magna servitus est magna fortuna (« La grande fortune est un grand esclavage ». Sénèque, De Consolatione).
4 Tibi dixi O Filii ut fortunam laboribus indages (« Je t’ai dit, mon fils, de rechercher la fortune dans les travaux ». Euripide, Electra).
5 « Je règne, je régnerai, j’ai régné, je suis sans royaume. »