Roue de Fortune

Maître de Coëtivy (actif entre 1450 – 1485), « Fortune tournant la roue », vers 1460 – 1470. Miniature sur parchemin.

La Rota Fortunae (roue de Fortune) est un motif issu de la mythologie antique, qui a connu au Moyen âge un regain d’intérêt exceptionnel. Cette roue appartient à Fortune (fille de Zeus), divinité qui dispense le bien et le mal selon ses caprices. Faisant tourner sa roue [1]Le rond, le cercle, et donc la roue ont une valeur sacrée très particulière, symbole d’unité et de plénitude mais aussi symbole d’un monde instable, en état de rotation, symbole, enfin, d’incertitude et de hasard du fait même que la forme circulaire invite au mouvement. de manière aléatoire, Fortune déstabilise la position des humains qui s’y trouvent, tantôt en équilibre, tantôt désespérément agrippés, tantôt contraints à la chute. Autant dire : chanceux ou malchanceux au gré des hasards, comme on peut le voir dans la reproduction d’un détail d’une enluminure du ‘Maître de Coëtivy[2]Figure ci-dessus. prélevée dans un manuscrit du De consolatione philosophiæ [3]Le De consolatione philosophiae (La consolation philosophique) est une œuvre composée vers 524, alors que l’auteur était emprisonné dans une prison de Pavie où il attendait son exécution capitale (celle-ci eut lieu en 525). Il s’agit de l’une des premières grandes œuvres du Moyen Âge. Appartenant au genre littéraire de la consolation (*), composée … Poursuivre de Boèce aujourd’hui disparu. [4]Maître de Coëtivy, Philosophy Consoling Boethius and Fortune Turning the Wheel. Los Angeles, Getty Museum. La roue permet de représenter non seulement la destinée individuelle mais encore la fragilité du pouvoir temporel. Elle devient dès lors une image de l’histoire, de la causalité historique et des changements politiques.

Une roue de Fortune (sans la présence de Fortune) est visible sur le pavement de la cathédrale de Sienne. [5]Artista sconosciuto, Ruota della Fortuna.

Notes

Notes
1 Le rond, le cercle, et donc la roue ont une valeur sacrée très particulière, symbole d’unité et de plénitude mais aussi symbole d’un monde instable, en état de rotation, symbole, enfin, d’incertitude et de hasard du fait même que la forme circulaire invite au mouvement.
2 Figure ci-dessus.
3 Le De consolatione philosophiae (La consolation philosophique) est une œuvre composée vers 524, alors que l’auteur était emprisonné dans une prison de Pavie où il attendait son exécution capitale (celle-ci eut lieu en 525). Il s’agit de l’une des premières grandes œuvres du Moyen Âge. Appartenant au genre littéraire de la consolation (*), composée formellement d’une alternance de vers et de prose appelée prosimètre. (**)

(*) Le titre Consolation est hérité de la tradition stoïcienne (Sénèque a écrit trois consolations adressées à Marcia, Helvia et Polybius).
(**) Prosimetrum ou prosimètre : type de texte mélangeant les rythmes en latin, puis alternant les passages en prose et en vers. Il est considéré comme un « objet hybride », une « forme mixte ». Frank LestringantLe Prosimètre à la Renaissance, Paris, Éditions Rue d’Ulm/Presses de l’École normale supérieure, 2005, p. 7. Mise en ligne :

4 Maître de Coëtivy, Philosophy Consoling Boethius and Fortune Turning the Wheel. Los Angeles, Getty Museum.
5 Artista sconosciuto, Ruota della Fortuna.

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