Résurrection du Christ

Il s’agit du dogme essentiel de la religion chrétienne, même si « la croyance en un Dieu qui meurt et qui ressuscite n’est point exclusivement ni spécifiquement chrétienne » [1]. Cette « croyance universelle » est probablement « inspirée par l’alternance des saisons, [et] la renaissance de la végétation après la mort apparente de l’hiver ».

Sources écrites de la résurrection

L’événement n’est décrit nulle part dans le Nouveau Testament. Si l’on y apprend qu’au troisième jour suivant sa mort sur la croix, Jésus est ressuscité et à quitté son tombeau, c’est parce qu’un ange en informe les saintes femmes venues « regarder le sépulcre », selon Matthieu [2], qui précise que c’est l’ange rencontré qui les avertit, ainsi que les gardes tremblant de crainte et « comme morts », en leur disant : « Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. Venez voir l’endroit où il reposait » [3].

Iconographie de la Résurrection

Aucun spectateur n’ayant assisté à l’événement, celui-ci ne peut qu’être rapporté indirectement. Fort heureusement, la peinture vient une fois encore compenser l’absence d’un texte narratif pour nous donner à voir le mystère.

La représentation de l’événement est sans doute inspirée de la Résurrection des morts sortant de la tombe à l’appel des trompettes du Jugement dernier, dont la Résurrection du Christ serait, en quelque sort, la préfiguration. Dès lors que, à partir du XIe siècle, la Résurrection n’est plus figurée « sous le voile du symbole ou de l’allusion mais comme un fait » [4], elle prend différentes formes. Le Christ est représenté en présence des gardes endormis, selon le cas et l’époque :

  • dressé dans son tombeau
  • un pied posé sur le rebord du sarcophage
  • en train d’enjamber le sarcophage
  • debout
    • devant le sarcophage
    • sur le sarcophage
  • planant au dessus de son tombeau

[1] Louis Réau, Iconographie de l’art chrétien, II/2. Paris, Presses Universitaires de France, 1957, p. 538.

[2] Évangile selon Matthieu (Mt 28, 1).

[3] Évangile selon Matthieu (Mt 28, 6).

[4] Louis Réau, op. cit., p. 544.