Taddeo di Bartolo (Sienne, 1362 ou 1363 – 1422)
- Giuglio Cesare (Jules César)
- Pompeo (Pompée)
Inscriptions :
- (sous le portrait en pied de Jules César) :
- « C. IULIUS CESAR »
- (sous le portrait en pied de Pompée) :
- « GN. POMPEIUS MAGNVS «
- (sur le cadre, en bas) :
- « Hos spectate viros, animisque infigite cives / Publica concordi nam dum bona mente secuti / Maiestas romana duces tremefecit et orbem. / Ambitio sed c[a]eca duos ubi traxit ad arma / Libertas romana perit scissoque senatu / Heu licet et puero caput alt[a]e ascindere rom[a]e. » [1]
Fresques
Provenance : In situ
Sienne, Palazzo Pubblico, Ante Capella.
À la série des citoyens héroïques que l’on rencontre à l’intérieur de l’anticapella sont opposés, dès l’entrée, face à la figure d’Aristote, deux contre-exemples, en les personnes de Pompée et César, figurés à distance et séparés des héros antiques illustrant les vertus civiques et militaires figurées sur la même paroi.
« Les deux hommes d’État sont présentés comme les antithèses absolues de la Res publica car, comme le titulus qui les accompagne ne manque pas de le rappeler, leur ambition dévorante a conduit Rome à la guerre civile et, donc, à la fin du règne des vertus. Ainsi, alors que Jules César est habituellement considéré comme un personnage digne de louanges, il devient, dans le contexte spécifique toscan, une figure exemplifiant le vice. Au contraire, son assassin Marcus Junius Brutus, figuré sous la Force, se transforme en un personnage vertueux car il a su défendre la République au péril de sa vie. Cette interprétation n’est pas sans évoquer le Dialogi ad Petrum Paulum Histrum de Leonardo Bruni (vers 1370-1444) qui s’interroge sur les raisons qui conduisirent Dante à jeter Brutus dans les enfers. Leonardo y dénonce l’orgueil insatiable de Jules César qui a provoqué l’instauration de l’Empire, autrement dit l’anéantissement de la République et de ses vertus. Aux yeux de l’humaniste, plutôt que de louer César, il faut admirer Brutus qui tua courageusement le tyran pour défendre sa patrie [2]. »
[1]
[2] Voir Bertrand Cosnet, Sous le regard des Vertus : Italie, XIVe siècle (Renaissance). Tours, Presses universitaires François-Rabelais, 2015, p. 203-210.

