Taddeo di Bartolo, « Forza »

Taddeo di Bartolo, “Forza.” A l’arrière plan, lunettes de la chapelle (“Apôtres et Docteurs de l’Eglise”)

Taddeo di Bartolo (Sienne, 1362 ou 1363 – 1422)

  • Forza (La Force), 1413-1414.
    • Autour de l’allégorie, dans les médaillons de la frise :
      • Publius Decius Mus
      • Titus Manlius Torquatus
      • Marcus Porcius Cato Maior
    • Médaillon dans l’écoinçon, sous l’allégorie de la Force d’âme :
      • Marcus Junius Brutus

Inscriptions :

  • (sous la Force) :
    • “FORTITUDO”
  • (dans le cadre, au-dessous) :
    • « FORTITUDINI NULLVM TERRIBILE INVIVM / NEC EAM METVS QVIUS MAXIMVS COMMOVET » [1]
  • (sous la figure de Decius [2]) :
    • « DECIVS »
  • (sous la figure de Torquatus [3] :
    • « TORQVATUVS »
  • (sous la figure de Caton l’Ancien [4]) :
    • « CATO STORVS »
  • (sous la figure de Brutus [5]) :
    • « BRVTVS JUNIOR »

Fresque

Provenance : In situ

Sienne, Palazzo Pubblico, Ante Capella.

L’allégorie de la Force d’âme est accompagnée de son attribut traditionnel, une tour fortifiée qu’elle tient ici serrée contre elle. On retrouvera dans toutes les autres allégories peintes ici la même composition : une imposante figure féminine, assise sur un coffre lui-même monumental, les yeux rivés dans ceux du spectateur, exprime la puissance de l’idée qu’elle personnifie. Autour d’elle, au sein de médaillons peints dans la frise qui encadre cette figure, sont représentés trois portraits de personnages historiques de la Rome républicaine qui, par rapprochement, illustrent la mise en œuvre de la vertu incarnée par l’allégorie visible an centre de la lunette.

[1] Cette phrase est inspirée de l’Éthique à Nicomaque (Nicom, 3, 1-2) : « Rien de terrible ne s’oppose à la force, ni aucune peur quelconque ne la trouble ».

[2] Publius Decius Mus, compagnon d’arme de Titus Manlius Imperiosus Torquatus, Romain célèbre par son dévouement, qui alla jusqu’au sacrifice de sa vie.

[3] Titus Manlius Imperiosus Torquatus, homme politique romain qui assuma trois consulats en 347, 344 et 340 av. J.-C. et deux charges de dictateur en 353 et 349 av. J.-C..

[4] Marcus Porcius Cato Maior (Tusculum, 234 av. J.-C.  – Rome, 149 av. J.-C.), dit Caton l’Ancien (Cato Maior) ou Caton le Censeur (Cato Censorius) par opposition à son arrière-petit-fils, Marcus Porcius Cato Uticensis dit « Caton le Jeune » (ou d’Utique) : homme politique et écrivain romain ; premier prosateur latin d’importance, il est aussi le premier auteur d’une histoire complète de l’Italie en latin. Sa dernière activité publique consiste à souligner à ses compatriotes la nécessité d’entamer la Troisième guerre punique et la destruction de Carthage pour préserver la sécurité de Rome. À cette époque, il termine chacun de ses discours au Sénat, quel qu’en soit le sujet, par ces mots : Ceterum censeo Carthaginem esse delendam (“En outre, je suis d’avis qu’il faut détruire Carthage”) ou plus simplement : Delenda est Carthago (“Carthage est à détruire”).

[5] Marcus Junius Brutus (85 av. J.-C – 42 av. J.-C ), la plupart du temps dénommé simplement Brutus, sénateur romain et le plus illustre des assassins de Jules César. Brutus possède à la fois l’image (contestable) du traître par excellence, pour sa participation à la mort de César, qui lui avait pardonné son adhésion au parti de Pompée, et celle d’un homme vertueux, qui préféra toujours le salut de la République au sien.