Cristoforo di Bindoccio et Meo di Pero, «Aristotele »

Cristoforo di Bindoccio (Sienne, documenté de 1361 à 1407) e Meo di Pero (Sienne, documenté de 1370 à 1407), attr.

Aristotele (Aristote), vers 1350-1375.

Fresque

Inscriptions :

  • (au-dessus de la figure d’Aristote) : « ARIS … TELES »
  • (sur le phylactère déployé devant Aristote) : « IO ARISTOTILE CHE LE VIRTÙ MORALI COMPOSI TUTTE / [C]ON MODO ORDINATO AMO CHE NIUN VIVA DISFRENATO NE … / …MA A LE VERTÙ SPANDA L ALI PRE[N]DENDO ASEMPRO A QUELLI CHE … » [1]

Provenance : In situ.

Asciano, Museo Civico Archeologico e d’Arte Sacra, Palazzo Corboli, Sala di Aristotele.

L’index droit pointé vers l’inscription lisible sur le phylactère, à la manière des prophètes de l’Ancien Testament que l’on voit dans les peintures, Aristote invite explicitement le spectateur à prendre connaissance de la parole qu’il délivre visuellement. Si la fin de l’inscription manque aujourd’hui, la clarté de l’ensemble est lumineuse, « et l’accord avec les peintures, parfait (au point que l’on pourrait dire que [les] vers semblent nés de l’image : Aristote invite à suivre les vertus qui sont tout autour en suivant les exemples de ceux qui (quelli che …) ; et l’on se demande de qui il pourrait s’agir, sinon des personnages [peints] dans les quadrilobes ? [2] »

L’iconographie du personnage est très simplifiée : la chevelure blanche et l’assez grande longueur des cheveux malgré leur rareté le caractérisent depuis ses premières apparitions dans la peinture toscane du XIVe s., dans l’Apothéose de la Chapelle des Espagnols, à Florence, ou encore comme inspirateur de l’Aquinate, avec Platon, dans le Triomphe de saint Thomas de l’église de sainte Catherine, à Pise. Dans les deux cas, le philosophe apparaît couvert d’un couvre-chef exotique dont il n’a plus besoin ici pour être reconnu. Bien que totalement différent dans son iconographie, il invite à la comparaison avec celui peint par Taddeo di Bartolo dans l’anté-chapelle du Palazzo Pubblico (Sienne). Si, à Sienne, le philosophe est caractérisé par une tenue vestimentaire professorale et par son visage inhabituellement glabre, le fonctionnement des deux figures, celle de Sienne et celle d’Asciano, est identique, et tous les deux, par ailleurs, s’expriment à la première personne. A Asciano, la forme est plus contractée et plus essentielle, mais les composantes sont les mêmes que dans la docte salle du Palazzo Pubblico.

[1] « Moi, Aristote, qui ai composé toutes les vertus de manière ordonnée, j’aime qu’aucun ne vive sans retenue ni … mais que les vertus déploient leurs ailes en prenant exemple sur ceux qui … »

[2] Maria Monica Donato (DONATO 1998, p. 1153).