Bartolo di Fredi, « I figli di Giobbe sepolti sotto le case »

Bartolo di Fredi (Sienne, 1330 – 1410)

I figli di Giobbe sepolti sotto le case (Les fils de Job sont ensevelis sous les décombres de la maison), 1367.

Détail des Storie del Vecchio Testamento (Épisodes de l’Ancien Testament).

Fresque.

Inscriptions :

  • (en bas, dans l’encadrement de la fresque) : « COME . EL . DEMONIO . NABISSÒ . I . CASAMENTI . NE . QUALI / ERANO . I . FIGLIUOLI . ET . FIGLIUOLE ET . GIEBERI . DI . IOB […] / […] [1]

Provenance : In situ.

San Gimignano, Collegiata.

Nous voici donc face au spectacle cruel de la mort des fils de Job, ensevelis sous les décombres de la maison où, selon leur habitude, ils partageaient sans doute les délices d’un festin. Tous ont été saisis par la mort, sauf l’un d’eux sur lequel nous reviendrons. Du sommet de la maison éventrée pleuvent encore de gros fragments de pierre et ce qui reste des solives de la toiture anéantie. Il fallait que ce spectacle soit hideux. On ne peut se dire déçu tant l’amoncèlement des corps révèle les souffrances qui ont précédé la mort. Seule la silhouette aérienne d’un jeune homme – l’un des frères ? – qui, gracieux comme l’est un danseur, s’enfuit en courant, révèle que l’un des convives échappe ainsi à un sort dicté par le diable. Le jeune homme fuit, non sans se retourner pour apercevoir avec effroi ce qu’il laisse derrière lui.

Tandis que la maison n’en finit pas de s’écrouler, à l’arrière plan, une colonne d’hommes en armes accompagnés de chameaux montent le long de la pente vers le sommet d’une colline au sommet laquelle on distingue une cité fortifiée, possible allusion à une autre scène provenant du Livre de Job.

Le coupable, la cause de tout cela, nous a échappé jusqu’ici. Pourtant, une silhouette affreuse, et que nous avons déjà rencontrée, apparaît dans le ciel rougeoyant. Satan, l’image du Mal, a embouché une trompette : au son qu’il émet, l’édifice s’effondre comme un château de carte. « Ébranlée aux quatre coins, elle s’est écroulée sur les jeunes gens, et ils sont morts. Moi seul, j’ai pu m’échapper pour te l’annoncer’ » dira à Job le jeune messager venu lui apporter la sinistre nouvelle, et que nous venons à peine de voir fuir sous nos yeux.

[1] « Comment le démon provoqua l’écroulement des constructions dans lesquelles se trouvaient les fils et les filles et […] de Job […] ».