Bartolo di Fredi, « Il demonio uccide le mandrie di Giobbe »

Bartolo di Fredi (Sienne, 1330 – 1410)

Il demonio uccide le mandrie di Giobbe (Le démon tue les troupeaux de Job), 1367.

Détail des Storie del Vecchio Testamento (Épisodes de l’Ancien Testament).

Fresque

Inscriptions :

  • (en bas, dans l’encadrement de la fresque) : « COME . EL . DEMONIO . FEUCCIDERE [?] ESERCITI / DI IOB . E . RUBARE . EL . BESTIAME » [1]

Provenance : In situ.

San Gimignano, Collegiata.

Job possède des troupeaux en nombre, qui constituent une partie de son immense richesse. « Il avait un troupeau de sept mille brebis, trois mille chameaux, cinq cents paires de bœufs, cinq cents ânesses, et il possédait un grand nombre de serviteurs » (Jb 1, 3). Tous vont périr par la volonté du démon qui, avec l’accord de Dieu (tous deux sont présents dans la scène), fait peser les plus grands maux sur la tête du patriarche, vole ou détruit tout ce qu’il possède, y compris ses propres fils, afin de l’éprouver, et dans le but de faire accroire à l’Éternel que la dévotion que lui voue Job est intéressée et ne résistera pas aux épreuves.

Les bœufs et les ânesses sont « enlevés » par des Bédouins qui « se sont jetés sur eux », ‘le feu du ciel est tombé », brûle tous les troupeaux. Enfin, « trois bandes de Chaldéens se sont emparées des chameaux ». Dans les trois cas, les serviteurs sont « passés au fil de l’épée ». Nous y sommes : c’est à peu près exactement ce que l’on voit.

Tandis que surgissent, on ne saurait trop dire de quel endroit, des cavaliers en arme (les Bédouins ?) fondant sur un troupeau de bœufs, d’autres soldats, au premier plan, achèvent la besogne qu’ils ont entreprise à la pointe de leurs épées.

Reste, à l’arrière plan, le beau paysage, naïf et irréel, d’une étendue maritime ponctuée d’îles. Construites de hautes forteresses, hérissées de tours où aucune vie n’est perceptible, on dirait autant de vaisseaux fantômes votant à la dérive.

[1] « Comment le démon fit tuer les armées de Job et voler le bétail ».

[2] Estompés par les restaurations successives, inattendus en pareil endroit, des graffitis laissés là demeurent visibles ; conservant la mémoire de dégradations anciennes, ils attestent aussi de la fragilité des œuvres.