Cenni di Francesco, « L’Inferno dantesco »

Cenni di Francesco (Florence, documenté à partir de 1369 – v. 1415)

L’Inferno dantesco (L’Enfer dantesque), v. 1413. 

Fresque

Inscription :

Provenance : In situ.

San Gimignano, église de San Lorenzo in Ponte.

Parcourant du regard la surface où ne subsistent que quelques lambeaux de l’immense image qui couvrait entièrement la paroi, image presque entièrement perdue aujourd’hui, observons tout d’abord à quel point la présence des frises à la mode du XIVe s., mais réalisées dans les années trente du XXe s., ont envahi un espace qu’elles n’ont jamais occupé à l’origine.

Ces quelques fragments de fresques suffisent pourtant à suggérer l’image de l’enfer tel qu’il est décrit par Dante, probablement en relation avec le tableau similaire qu’en dresse Nardo di Cione dans la chapelle Strozzi de Santa Maria Novella à Florence. Les détails encore visibles sur le plus important d’entre eux semblent issus du septième cercle de l’Enfer de Dante : Francesco di Ser Cenni représente les tyrans violents se noyant dans un lac de sang, surveillés par des centaures qui leur interdisent toute issue favorable (l’un d’eux, bien visible, lance des flèches à l’aide de son arc).
Un second fragment de la fresque évoque les hérésiarques (nom des personnes ayant théorisé une hérésie) appartenant au sixième cercle : il montre le vaste feu brûlant les tombes ouvertes d’où s’élèvent les hérétiques.
Un troisième fragment montre un cardinal et un religieux poussant des rochers. La scène, cette fois-ci, est tirée du quatrième cercle de Dante et décrit la punition du cupide et du prodigue : gardés par le démon Pluton, chacun d’eux roule d’énormes rochers, les poussant avec leur poitrine et se heurtant l’un à l’autre.
Les murs crénelés, enfin, que l’on aperçoit défendent la ville de Dis. Ils constituent une quatrième référence explicite à l’enfer de Dante.

Parvenus à ce stade, il faut résister à la tentation d’imaginer plus avant ce que nous ne pouvons plus voir. Mieux vaut laisser à l’immense fresque son mystère et reconnaître l’incapacité où nous nous trouvons à le percer totalement, tentative d’autant plus vaine que l’importance de la surface picturale perdue conduirait à vouloir restituer un puzzle nécessairement incomplet.