Domenico Beccafumi, « Damone »

Domenico Beccafumi (Valdibiena [Montaperti], entre 1484 et 1486 – Sienne, 1551)

Damone (Damon d’Athènes), entre 1529 et 1535.

Fresque de la voûte de la salle du Consistoire.

Inscriptions :

  • (dans le cartouche sous la fresque) : « DAMON PITHAGORICVS » [1]

Provenance : In situ

Sienne, Palazzo Pubblico, Sala del Concistoro.

« Mon esprit ne peut se détacher des exemples de notre histoire nationale ; mais la bonne foi romaine m’invite à raconter aussi les belles actions des étrangers. Damon et Phintias, initiés aux mystères de la philosophie pythagoricienne, étaient unis d’une amitié fidèle. L’un d’eux [Phintias], ayant été condamné à mort par Denys de Syracuse, avait obtenu de lui un délai pour aller dans sa famille mettre ordre à ses affaires avant de mourir. L’autre [Damon] n’hésita pas à se livrer au tyran comme caution de son retour. Ainsi échappait au danger de mort celui qui tout à l’heure avait le glaive suspendu sur sa tête et le même coup menaçait celui qui aurait pu vivre en pleine sécurité. Tout le monde et principalement Denys attendaient avec curiosité l’issue de cette aventure étrange et pleine de risques. Le jour fixé approchait et le condamné ne revenait pas. Alors chacun taxait de folie celui qui s’était porté garant de sa promesse avec tant d’imprudence ; mais lui, affirmait hautement qu’il était sans inquiétude sur la fidélité de son ami. Or à l’instant même où arrivait l’heure marquée par Denys, arriva aussi celui qui avait accepté la convention. Plein d’admiration pour le caractère des deux amis, le tyran fit grâce en considération d’une telle fidélité ; il leur demanda même de vouloir bien l’admettre en tiers dans leur amitié, en leur promettant une affection égale à la leur. L’amitié a-t-elle tant de force ? Oui, inspirer le mépris de la mort, faire oublier le charme de la vie, désarmer la cruauté, changer la haine en amour, substituer les bienfaits aux supplices, voilà bien ce que sont ses effets. Tous ces miracles méritent presque autant de respect que le culte des dieux immortels : car la religion assure le salut des Etats et l’amitié, celui des particuliers ; et comme la première a pour demeure les temples augustes, celle-ci a dans les coeurs fidèles pour ainsi dire autant de sanctuaires tout remplis d’une âme divine ». Valère Maxime, op. cit., IV, 7, 1.

La figure visible dans l’écoinçon du bas est celle de l‘Espérance.

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