Lippo Vanni, « Angeli musicanti e cantanti »

Lippo Vanni (Sienne, actif entre 1340 et 1375)

Angeli musicanti e cantanti (Anges musiciens et chanteurs), v. 1460-1470.

Fresque.

Inscriptions : /

Provenance : In situ.

Santa Colomba (Monteriggioni), Eremo di San Leonardo al Lago.

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Le plus extraordinaire des figurations peintes dans ces quatre voûtains formés par la croisée d’ogive n’est pas, en dépit de son caractère ornemental indéniable, le motif des chérubins alignés dans un espace étroit qui semble avoir horreur du vide, mais bien davantage l’étonnante diversité ainsi que le naturel des attitudes des anges réunis dans cette assemblée. Chacun, à l’évidence, s’efforce de contribuer, soit avec l’instrument dont il joue, soit en chantant avec une conviction merveilleuse, à créer une musique harmonieuse, véritablement céleste, et à laquelle pas un individu doté d’oreilles ne pourrait vraisemblablement résister. Vu d’en bas, l’ensemble évoque l’effet visuel de l’écho des sons et des vibrations parcourant les voûtes. Chacune de ces dernières réunit, dans une sorte de tribune haute du type de celles que l’on voyait dans les palais princiers, un groupe compact de musiciens. On jurerait que, dans leur entrain, ceux-ci se penchent vers nous, comme pour mieux se faire entendre, au point que, parfois (fig. 1 et 3), l’extrémité de leurs longues trompettes dépassent le bord de l’image, créant ainsi l’illusion du parapet derrière lequel se tiendraient alignés les anges musiciens. [1]De la même manière, dans le chœur des anges tout de blanc vêtus (fig. 2), certains, qui ne chantent pas, portent des cierges, d’autres des encensoirs qu’ils agitent avec une belle énergie, par-dessus le « parapet ».

La tentation existe d’énumérer les éléments d’une panoplie d’instruments médiévaux dont une partie est aujourd’hui disparue. Le sens du détail comme celui de l’observation sont si poussés que l’on peut en identifier un grand nombre. E. Carli [2]CARLI 1969, p. 14. n’hésite pas à évoquer « l’immense intérêt [de ces anges musiciens] pour l’histoire de la musique en tant qu’il s’agirait de la plus fidèle et complète représentation des instruments de l’Ars Nova [3]Ars Nova (« art nouveau »), est le titre donné par l’évêque, compositeur et théoricien français Philippe de Vitry (Vitry, 1291- Meaux, 1361) à un traité qui nous renseigne sur l’enseignement de la théorie musicale au début du XIVe siècle. Le terme désigne également, d’une manière générale, l’ensemble de la musique polyphonique … Poursuivre ». Disons que dans cette diversité, on reconnaît sans trop de difficulté : orgue portatif, double hautbois, psaltérion, tambourins, clarine, …

Notes

Notes
1 De la même manière, dans le chœur des anges tout de blanc vêtus (fig. 2), certains, qui ne chantent pas, portent des cierges, d’autres des encensoirs qu’ils agitent avec une belle énergie, par-dessus le « parapet ».
2 CARLI 1969, p. 14.
3 Ars Nova (« art nouveau »), est le titre donné par l’évêque, compositeur et théoricien français Philippe de Vitry (Vitry, 1291- Meaux, 1361) à un traité qui nous renseigne sur l’enseignement de la théorie musicale au début du XIVe siècle. Le terme désigne également, d’une manière générale, l’ensemble de la musique polyphonique européenne du XIVe siècle.
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