Niccolò di Buonaccorso (Sienne [?], documenté de 1355 à 1388 [1]« Le nom de Niccolò se trouve dans la première liste de l’annexe aux statuts des peintres de Sienne (Milan, 1854), datée de 1356 (style moderne), mais en fait une version révisée de statuts plus anciens, avec de nouveaux ajouts des années suivantes. La liste des peintres peut être datée entre 1378 et 1386, puisque Bartolomeo Bulgarini, décédé en 1378, n’y figure pas, … Poursuivre) : peintre, fils de Buonaccorso di Pace [2]Buonaccorso di Pace (documenté à partir de 1347 – 1363), est « rappelé dans les sources comme peintre (mais sans œuvres documentées ou attribuables) et architecte. » Victor M. Schmitt, « Niccolò di Buonaccorso », op. cit., pp. 379-382., sans doute lui-même peintre et architecte. « La première mention de Niccolò figure dans un document de 1372 qui le cite parmi les prieurs (priori) du Terzo di Camollia, le quartier de Sienne où il habite et travaille [3]Pia Palladino, Art and Devotion in Siena after 1350 : Luca di Tommè and Niccolò di Buonaccorso, San Diego, Timken Museum of Art, 1997, pp. 46-51.. Par la suite, son nom revient à plusieurs reprises, lorsqu’il prend de nouvelles fonctions officielles ou qu’il reçoit des commandes de tableaux disparus depuis. Le 17 mai 1388, il est enterré, comme son père, au couvent San Domenico. » [4]Victor M. SCHMIDT, « La Vierge d’humilité de Niccolò di Buonaccorso », Revue des musées de France. Revue du Louvre, 4 (2014), pp. 46-57.
« La seule œuvre datée de Niccolò di Buonaccorso est une peinture exécutée à la fin de sa vie [5]Seules deux œuvres signées subsistent de Niccolò di Buonaccorso qui, bien que méconnu aujourd’hui, fut l’un des peintres siennois les plus accomplis de la seconde moitié du XIVe siècle : Le Mariage de la Vierge (Londres, élément du Triptyque de Santa Maria Nuova (« BONACHURSI: DE SENIS: ME PINXIT »), et une Vierge à l’Enfant ((The Madonna of Humility with St. … Poursuivre (« NICHOLAUS BONACHURSI ME PINXIT A. DNI 1387 »).)) : un retable avec la Vierge à l’Enfant entourée de saints, dont deux éléments sont attestés au XIXe siècle dans l’église Santa Margherita de Costalpino, près de Sienne. Le panneau central figurant la Vierge à l’Enfant était signé et daté de 1387 [6]Voir : Niccolò di Buonaccorso, La Vierge à l’Enfant en majesté. San Diego., Timken Museum of Art, Putnam Foundation. tandis qu’un compartiment latéral représentait Saint Laurent. La Vierge à l’Enfant, privée de son inscription, est réapparue dans la collection de Heinz Kisters, à Kreuzlingen, et la Fondation Putnam l’a acquise en 1998 pour sa collection abritée par le Timken Museum of Art de San Diego. Le Saint Laurent, transféré entre-temps à l’église Sant Andrea de Montecchio, est maintenant exposé au Museo diocesano de Sienne. Une tête de Vierge, conservée au Städel Museum de Francfort, figure parmi les quelques autres tableaux de grand format de Niccolò di Buonaccorso parvenus jusqu’à nous. C’est manifestement un fragment de retable, qui se rapproche, par sa facture, du Saint Laurent conservé à Sienne et de la Vierge à l’Enfant aujourd’hui à San Diego [7]Voir note 6.. Un autre Saint Laurent, actuellement à la Kellingrove Art Gallery and Museum de Glasgow, pourrait provenir du même retable. Il présente des similitudes avec les saints figurés de part et d’autre d’une Nativité de la Vierge peinte par Paolo di Giovanni Fei (connu en 1369 – 1411), depuis le modelé du visage souligné de rehauts linéaires, jusqu’aux plis des vêtements et à la forme singulière des phalanges. Le retable de Fei est généralement daté du milieu des années 1380, ce qui incite à situer le Saint Laurent de Glasgow dans cette même période [8]Sur le retable de Paolo di Giovanni Fei, voir Alessandro Bagnoli, Silvia Colucci et Veronica Randon (dir.), Il Crocifisso con i Dolenti in umiltà di Paolo di Giovanni Fei. Un capolavoro riscoperto » (cat. exp.), Sienne, Pinacoteca Nazionale, 2005, p. 55-57, n° 1.
La Vierge à l’Enfant en majesté entourée de saints conservée à la Gemäldegalerie de Berlin (fig. ) est l’un des tableaux de petit format que l’on s’accorde à attribuer à Niccolò di Buonaccorso, et que l’on peut approximativement dater, en raison de ses similitudes avec une œuvre du peintre lucquois Angelo Puccinelli (connu de 1380-1407) actuellement au Lindenau-Museum d’Altenburg. Or, cette œuvre de Puccinelli fait partie d’un petit groupe de peintures exécutées à Sienne, où l’artiste est attesté en 1380 avant son retour à Lucques en 1383 au plus tard. Cela permet de situer la petite Vierge à l’Enfant en majesté de Berlin dans cette même période, entre la fin des années 1370 et le début des années 1380.
Œuvres visibles à Sienne et dans le pays siennois.
- Maestà, Sienne, Pinacoteca Nazionale (inv. n. 121)
- Maestà, Sienne, Pinacoteca Nazionale (inv. n. 222)
- San Lorenzo. Sienne, Museo Diocesano d’Arte Sacra.
Dans d’autres lieux
- Marriage of the Virgin. Londres, National Gallery.
- La Vierge d’humilité. Paris, Musée du Louvre.
Notes
| 1↑ | « Le nom de Niccolò se trouve dans la première liste de l’annexe aux statuts des peintres de Sienne (Milan, 1854), datée de 1356 (style moderne), mais en fait une version révisée de statuts plus anciens, avec de nouveaux ajouts des années suivantes. La liste des peintres peut être datée entre 1378 et 1386, puisque Bartolomeo Bulgarini, décédé en 1378, n’y figure pas, tandis qu’elle inclut Biagio di Goro Ghezzi, décédé en 1386. Il n’est cependant pas dit que Niccolò se soit inscrit pour la première fois entre les deux années mentionnées, il est en effet très probable que des listes plus anciennes aient été perdues. En fait, on se souvient de Niccolò comme peintre dès le début de la huitième décennie. » Victor M. Schmitt, « Niccolò di Buonaccorso », Dizionario biografico degli italiani, vol. 78, pp. 379-382. |
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| 2↑ | Buonaccorso di Pace (documenté à partir de 1347 – 1363), est « rappelé dans les sources comme peintre (mais sans œuvres documentées ou attribuables) et architecte. » Victor M. Schmitt, « Niccolò di Buonaccorso », op. cit., pp. 379-382. |
| 3↑ | Pia Palladino, Art and Devotion in Siena after 1350 : Luca di Tommè and Niccolò di Buonaccorso, San Diego, Timken Museum of Art, 1997, pp. 46-51. |
| 4↑ | Victor M. SCHMIDT, « La Vierge d’humilité de Niccolò di Buonaccorso », Revue des musées de France. Revue du Louvre, 4 (2014), pp. 46-57. |
| 5↑ | Seules deux œuvres signées subsistent de Niccolò di Buonaccorso qui, bien que méconnu aujourd’hui, fut l’un des peintres siennois les plus accomplis de la seconde moitié du XIVe siècle : Le Mariage de la Vierge (Londres, élément du Triptyque de Santa Maria Nuova (« BONACHURSI: DE SENIS: ME PINXIT »), et une Vierge à l’Enfant ((The Madonna of Humility with St. Catherine of Alexandria and St. Christopher, The Annunciation, and the Crucifixion. Musée d’Art de San Diego. |
| 6↑ | Voir : Niccolò di Buonaccorso, La Vierge à l’Enfant en majesté. San Diego., Timken Museum of Art, Putnam Foundation. |
| 7↑ | Voir note 6. |
| 8↑ | Sur le retable de Paolo di Giovanni Fei, voir Alessandro Bagnoli, Silvia Colucci et Veronica Randon (dir.), Il Crocifisso con i Dolenti in umiltà di Paolo di Giovanni Fei. Un capolavoro riscoperto » (cat. exp.), Sienne, Pinacoteca Nazionale, 2005, p. 55-57, n° 1 |
