Niccolò di Buonaccorso (Sienne, connu à partir de 1356 – Sienne, 1388)
La Vierge Marie d’humilité, v. 1370.
Tempéra et or sur panneau, 54 x 30 cm.
Provenance : œuvre acquise sous réserve d’usufruit [1]Berlin, commerce d’art ; A. Strölin (1912-1974), marchand d’art, Neuilly-sur-Seine ; Mme Lanini-Strölin, Lausanne ; don de cette dernière sous réserve d’usufruit, 1976. Fin de l’usufruit en 2011..
Paris, Musée du Louvre.
[2]Victor M. Schmidt, « La Vierge d’humilité de Niccolò di Buonaccorso », Revue des musées de France. Revue du Louvre, 4 (2014), pp. 46-57.
Le petit panneau, définitivement entré au Louvre en 2011, « se prête à une comparaison éclairante avec une autre œuvre de Niccolò di Buonaccorso sur le même thème […] : le triptyque actuellement conservé au Timken Museum of Art de San Diego. Sur le tabernacle américain, les visages sont plus allongés et moins fortement soulignés de rehauts linéaires. Du point de vue plastique, le personnage de saint Christophe y semble moins maîtrisé que son homologue peint sur le volet droit du triptyque de Prague. Le triptyque de San Diego date apparemment d’une période antérieure, et Laurence Kanter le situe d’ailleurs « vers 1370-1375 ». C’est à cette même période, dans la première moitié des années 1370, qu’il convient de rattacher les grisailles conservées à l’Alte Pinakothek de Munich, deux petites Maestà, à la Pinacoteca Nazionale de Sienne, et le triptyque de Bloomington, peut-être même antérieur au triptyque de San Diego, pour ne citer que les œuvres les plus raffinées. Suivant une suggestion de Luciano Bellosi dans son étude fondamentale sur Jacopo di Mino del Pellicciaio (connu en 1342-1389), une idée répandue voudrait que Niccolò se soit formé auprès de ce maître. De fait, quand on regarde le chef-d’œuvre de Jacopo, le Couronnement de la Vierge au Museo civico de Montepulciano, on remarque les visages délicats et légèrement allongés, l’organisation limpide de l’espace héritée des frères Lorenzetti, Pietro (connu entre 1306 et 1345) et Ambrogio (connu entre 1319 et 1348), et la prédilection pour les effets de matière somptueux, si caractéristiques de la peinture siennoise dans la lignée de Simone Martini (connu en 1315 – 1344) : autant de composantes que l’on retrouve chez Niccolò. Cependant, un contemporain de Jacopo lui aussi, Bartolommeo Bulgarini (connu en 1338 – 1378), a dû inspirer Niccolò et présente d’ailleurs des parentés de style avec Le Couronnement de la Vierge de Jacopo. De plus, certains motifs de Bulgarini reviennent dans l’œuvre de Niccolò. La pose frontale saisissante de la Vierge en majesté dans le triptyque de Prague et le panneau de Berlin, tous deux de petit format, a son équivalent dans plusieurs Vierges de grandes dimensions peintes par Bulgarini. [3]Victor M. SCHMIDT, « La Vierge d’humilité de Niccolò di Buonaccorso », Revue des musées de France. Revue du Louvre, 4 (2014), p. 51. »
Notes
| 1↑ | Berlin, commerce d’art ; A. Strölin (1912-1974), marchand d’art, Neuilly-sur-Seine ; Mme Lanini-Strölin, Lausanne ; don de cette dernière sous réserve d’usufruit, 1976. Fin de l’usufruit en 2011. |
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| 2↑ | Victor M. Schmidt, « La Vierge d’humilité de Niccolò di Buonaccorso », Revue des musées de France. Revue du Louvre, 4 (2014), pp. 46-57. |
| 3↑ | Victor M. SCHMIDT, « La Vierge d’humilité de Niccolò di Buonaccorso », Revue des musées de France. Revue du Louvre, 4 (2014), p. 51. |




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