Flavius Josèphe [1]Ancien esclave affranchi devenu citoyen romain sous le nom de Titus Flavius Josephus grâce à l’empereur Vespasien. Son nom conventionnel actuel, « Flavius Josèphe », a été proposé en 1728 par Jean Hardouin (*) pour le distinguer de saint Joseph, mais ce n’est qu’au XIXe siècle qu’il a remplacé le précédent, … Poursuivre, né Yossef ben Matityahu HaCohen (Jérusalem, v. 37 – Rome, v. 100 ap. J.-C .) : considéré comme le plus grand historiographe judéen et l’un des plus grands historiographes de l’Antiquité gréco-romaine, il est aussi l’un des rares auteurs antiques dont la plupart des œuvres ait été conservées [2]La conservation et la transmission de toute l’œuvre de Flavius Josèphe est redevable à la tradition chrétienne « qui y a vu le complément indispensable de ses Écritures saintes, et plus particulièrement du Nouveau Testament (*) ». « S’il n’avait tenu qu’à la tradition juive, il est probable que son œuvre ne serait jamais … Poursuivre. C’est à Rome, alors qu’il fait partie de la « famille » des Flaviens, que Flavius Josèphe écrit son œuvre littéraire. Il demeure dans cette ville jusqu’à sa mort, sous la protection de la famille impériale dont il est pensionné permanent, installé dans une maison appartenant aux empereurs [3]Marcel SIMON, « Qui était Flavius Josèphe ? », dans Aux origines du Christianisme, Paris, Gallimard/Le Monde de la Bible, 2000, p. 31., et y menant une existence de courtisan lettré tout en écrivant des livres [4]Ibid., parmi lesquels :
La Guerre des Juifs contre les Romains.
La Guerre des Juifs contre les Romains est édité en grande partie entre 75 et 79 [5]Flavius JOSÈPHE, La Guerre des Juifs contre les Romains (traduction d’André Pelletier, ), Paris, Les Belles Lettres, 1975, 3 t. (rééd. 2003) ; traduction Pierre Savinel, Paris, Éditions de Minuit, 1977, en un volume. (le livre VII pourrait dater d’entre 81 et 96 [6]Simon Claude MIMOUNI, op. cit., p. 135.). Il s’agit d’un récit en sept livres du dernier soulèvement de la Judée (66) et de la prise de Jérusalem par Titus (en 70). Œuvre probablement écrite avec l’aide d’assistants pour la rédaction grecque, à partir d’une version araméenne, qui a été reprise et élargie [7]Ibid., p. 136..
Antiquités judaïques.
Les Antiquités judaïques (93 ap. J.-C.) est un récit en vingt livres, inspiré par les Antiquités romaines de Denys d’Halicarnasse, adaptant l’histoire du peuple juif à la mentalité romaine. Il est édité aux alentours de 93/94, sous le règne de Domitien [8]Ibid., p. 137.. De fait, les livres I à IX ne sont qu’un « des ouvrages bibliques jusqu’à Esdras–Néhémie » [9]Ibid., p. 137. [41]. Les dix derniers livres constituent un document historique de tout premier ordre. « Les Antiquités judaïques sont particulièrement importantes pour la connaissance des périodes grecque et romaine en Palestine, de même que pour la connaissance des dynasties hasmonéenne et hérodienne [10]Ibid., p. 137.. » Il y contredit ses affirmations faites dans la Guerre des Juifs sur plusieurs points, par exemple sur l’avènement au trône d’Agrippa Ier ou son rôle dans l’avènement de Claude à l’Empire ou son appréciation sur le procurateur Lucceius Albinus.
Notes
| 1↑ | Ancien esclave affranchi devenu citoyen romain sous le nom de Titus Flavius Josephus grâce à l’empereur Vespasien. Son nom conventionnel actuel, « Flavius Josèphe », a été proposé en 1728 par Jean Hardouin (*) pour le distinguer de saint Joseph, mais ce n’est qu’au XIXe siècle qu’il a remplacé le précédent, « Flavius Joseph ».
(*) Jean Hardouin (Quimper, 1646 – Paris, 1727) : jésuite et érudit français. Poussé par Jean Garnier (Paris, 1612 – Bologne, 1681), autre membre érudit de la Compagnie de Jésus, il prit en charge l’édition de l’Histoire naturelle de Pline pour la collection Ad usum Delphini du duc de Montausier (1610 – 1690), gouverneur du Grand Dauphin, fils de Louis XIV, à partir de 1668, et acheva cette tâche en cinq ans (Paris, 1685, puis 1723). |
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| 2↑ | La conservation et la transmission de toute l’œuvre de Flavius Josèphe est redevable à la tradition chrétienne « qui y a vu le complément indispensable de ses Écritures saintes, et plus particulièrement du Nouveau Testament (*) ». « S’il n’avait tenu qu’à la tradition juive, il est probable que son œuvre ne serait jamais parvenue à la postérité (**) ». Jérôme de Stridon le surnomme le « Tite-Live grec (***) ».
(*) Simon Claude MIMOUNI, Le Judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère : des prêtres aux rabbins, Paris, PUF, coll. « Nouvelle Clio », 2012, p. 131. |
| 3↑ | Marcel SIMON, « Qui était Flavius Josèphe ? », dans Aux origines du Christianisme, Paris, Gallimard/Le Monde de la Bible, 2000, p. 31. |
| 4↑ | Ibid. |
| 5↑ | Flavius JOSÈPHE, La Guerre des Juifs contre les Romains (traduction d’André Pelletier, ), Paris, Les Belles Lettres, 1975, 3 t. (rééd. 2003) ; traduction Pierre Savinel, Paris, Éditions de Minuit, 1977, en un volume. |
| 6↑ | Simon Claude MIMOUNI, op. cit., p. 135. |
| 7↑ | Ibid., p. 136. |
| 8↑ | Ibid., p. 137. |
| 9↑ | Ibid., p. 137. |
| 10↑ | Ibid., p. 137. |
