Enluminure

Le terme enluminure (lat. illuminare : illuminer, donner de la lumière), qui au XIIIe siècle, faisait surtout référence à l’usage de la dorure, regroupe l’ensemble des éléments décoratifs et des représentations imagées exécutés dans un manuscrit afin de l’embellir.

Si sa valeur ornementale est d’emblée évidente, cet ensemble remplit en réalité « trois fonctions essentielles : ornementation, illustration et information, selon ses rapports avec le texte. L’ornementation (initiales ornées, décoration dans les marges) n’a souvent rien à voir avec le contenu du texte : elle est là pour mettre en valeur le livre et servir de repères de lecture [et] reflète les tendances artistiques du moment. L’illustration met simplement le texte en images ; informative, elle va plus loin, complétant le texte ou montrant ce qu’il ne dit pas. » [1]Danièle Thibault et Cécile Cayol, « L’image dans les manuscrits », L’aventure des écritures, BNF, http://classes.bnf.fr/ecritures/arret/page/textes_images/01.htm, consulté le 12 avril 2022.

Les enluminures sont de plusieurs types, allant de la lettrine historiée [2]Une lettrine historiée est une lettre initiale illustrée (illustration figurative). Les lignes graphiques de la majuscule servent de cadre à l’illustration qui peut être composée de plantes, d’animaux (zoomorphe), de motifs géométriques, ou de personnages (anthropomorphe). Les éléments qui composent la lettrine historiée sont en lien avec le sujet développé dans le texte (ou … Poursuivre à l’initiale ornée [3]L’initiale ornée est une lettre qui a reçu un format, un chromatisme et un décor destinés à la distinguer des autres lettres ; elle possède une double fonction : ornementale et signalétique. « La lettre ornée est […] destinée à être un repère et un guide pour le lecteur ; elle signale les articulations du texte : le décor, le format et la couleur doivent la faire … Poursuivre, en passant par les motifs de toutes sortes qui emplissent l’espace des marges. Figures familières de l’art médiéval, les formes animalières ou végétales, les chimères (monstres composites) et les drôleries occupent régulièrement les marges, en-têtes et pieds de pages des manuscrits enluminés. Le plus souvent sans rapport direct avec le sujet du texte (parfois sans aucun rapport), ces créatures oniriques, animaux, monstres ou personnages loufoques, particulièrement présents dès la fin du XIIIème siècle, sont mis en scène dans des situations variées, symboliques mais également humoristiques, et parfois irrévérencieuses.

Figures familières de l’art médiéval, les chimères (monstres composites) et les grotesques (ou drôleries) occupent régulièrement les marges, en-têtes et pieds de pages des manuscrits enluminés. La plupart du temps sans aucun rapport avec le sujet du texte, ces créatures oniriques, monstres et personnages loufoques, particulièrement présents dès la fin du XIIIème siècle sont mis en scène dans des situations humoristiques et parfois irrévérencieuses.

Le travail se répartissait en trois temps entre le copiste et l’enlumineur. Dans un premier temps, celui-ci réalisait un premier dessin des parties ornementales à l’aide d’un stylet à mine de plomb ou d’une encre de couleur marron très clair appliquée au pinceau. Ces premiers dessin ayant également permis de délimiter l’espace réservé à l’écriture, le copiste rédigeait les textes à la plume, à l’intérieur des espaces rectilignes qu’il avait préalablement finement tracés à la mine de plomb. Une fois le travail du copiste achevé, le parchemin était une nouvelle fois confié à l’enlumineur qui parachevait les miniatures dans les parties en réserve qu’il avait préparées à cet effet.

Notes

Notes
1 Danièle Thibault et Cécile Cayol, « L’image dans les manuscrits », L’aventure des écritures, BNF, http://classes.bnf.fr/ecritures/arret/page/textes_images/01.htm, consulté le 12 avril 2022.
2 Une lettrine historiée est une lettre initiale illustrée (illustration figurative). Les lignes graphiques de la majuscule servent de cadre à l’illustration qui peut être composée de plantes, d’animaux (zoomorphe), de motifs géométriques, ou de personnages (anthropomorphe). Les éléments qui composent la lettrine historiée sont en lien avec le sujet développé dans le texte (ou l’histoire) qu’elle accompagne. « Plus tardive que la lettre ornée (voir note 2), la lettre historiée est l’aspect le plus original de la mise en page de l’illustration au Moyen Âge. Elle opère une association intime de l’écrit et de l’image en intégrant celle-ci dans l’écriture même du texte : mise en scène d’une histoire à l’intérieur d’une lettre, qui sert elle-même de décor à une autre mise en scène du texte qui est la page. La lettre sert de cadre de présentation à l’histoire, en écho au texte situé sur la même page, ou au texte qu’elle introduit et qui se déroulera dans les pages suivantes. 
Ainsi, l’initiale historiée n’est pas une redondance imagée des premières phrases mais un résumé illustré du début ou de l’ensemble de l’histoire. Elle peut aussi délivrer un message comme dans [tel] S de Sanctus où l’on voit apparaître des hommes au travail : c’est la sanctification par le travail ! » Danièle Thibault et Cécile Cayol, « L’image dans les manuscrits », L’aventure des écritures, BNF, http://classes.bnf.fr/ecritures/arret/page/textes_images/01.htm, consulté le 12 avril 2023.
3 L’initiale ornée est une lettre qui a reçu un format, un chromatisme et un décor destinés à la distinguer des autres lettres ; elle possède une double fonction : ornementale et signalétique. « La lettre ornée est […] destinée à être un repère et un guide pour le lecteur ; elle signale les articulations du texte : le décor, le format et la couleur doivent la faire ressortir afin qu’elle soit immédiatement perceptible à l’œil du lecteur. La taille et la richesse du décor varient en fonction de la place de la lettre dans le texte (tête de chapitre ou de paragraphe secondaire) et du contenu du texte même. En général, la lettre ornée coïncide avec l’initiale de chaque section significative. » Danièle Thibault et Cécile Cayol, « L’image dans les manuscrits », L’aventure des écritures, BNF, http://classes.bnf.fr/ecritures/arret/page/textes_images/01.htm, consulté le 12 avril 2022.
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