Art

« Il n’est pas besoin de rappeler la traditionnelle méfiance des philosophes envers l’art et les artistes. Naguère encore, Sartre a écrit de belles pages rageuses sur l’ “ arrivisme ” du Tintoret et de Titien. D’un autre côté, l’intensité des expériences esthétiques singulières et la simplicité de l’acte créateur réclament, dit-on, le silence et le secret : faiblesse ou privilège, l’art est irréductible au langage et aux concepts. Mais la philosophie de l’art peut naître parce que l’expérience esthétique devient d’elle-même relative et problématique. Primitif, exotique, populaire, “ gothique ”, “ brut ”, naïf, l’art se charge lui-même de faire éclater, dans le temps et l’espace, toute définition canonique du beau, que chaque élargissement du “ musée imaginaire ” fait apparaître comme un préjugé, et il ne cesse de contester les évidences esthétiques d’hier. La philosophie de l’art n’est donc pas dans la tête du philosophe. Elle est appelée par l’histoire, somme toute récente, de la définition des “ beaux-arts ” et les variations du plaisir “ esthétique ” que peut procurer une œuvre d’art. » [1]Jean Lacoste, La philosophie de l’art, Paris, Presses Universitaires de France (coll. Que sais-je ?), 2008, p. 3.

Notes

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1 Jean Lacoste, La philosophie de l’art, Paris, Presses Universitaires de France (coll. Que sais-je ?), 2008, p. 3.
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