
Giovanni Antonio Bazzi dit ‘Il Sodoma’ (Vercelli, 1477 – Sienne, 1549)
Allegoria dell’Amor Celeste (Allégorie de l’Amour céleste), v. 1503-1504.
Huile sur panneau, 96 x 49,4 cm.
Inscriptions :
- (sur un cartouche ansé accroché dans les branches d’un arbre se détachant sur le bleu céleste) : « CELESTES » [1]« Celestes » (« [Les choses] célestes »).
- (sur la face avant d’un lourd pilier carré de pierre) : « STIN/SI / TERE/NAS » [2]« Stinsi terrenas » (« J’ai éteint [les passions] terrestres »). Les deux inscriptions (« CELESTES » et « STINSI TERENAS ») explicitent le sens des gestes accomplis par la figure allégorique : le vase renferme les flammes de l’Amour céleste, qu’il faut nourrir malgré les passions terrestres, qu’il convient d’éteindre. Le … Poursuivre
Provenance inconnue.
Sienne, Palazzo Chigi Saracini, Collezione Chigi Saracini, Banca Monte dei Paschi di Siena, inv. 12.
La beauté parfaite de la jeune femme, sa grâce et sa délicate élégance se manifestent dans toute sa personne et, d’une certaine manière, se résume dans un très délicat pied gauche maintenu par les fins lacets rouges d’une sandale immatérielle, sans doute conçue par un cordonnier céleste. Dépassant à peine sous les voiles de la robe, ce pied, qui effleure le sol sans paraître peser d’aucun poids, occasione un hanchement qui parcoure toute la silhouette. Pourrait-il en être autrement s’agissant d’une figure allégorique ?
Dans un espace difficilement définissable, jouant sur l’ambiguïté intérieur/extérieur, et dont l’architecture d’un type gréco-romain sied à l’évocation du mythe, cette figure féminine vêtue à l’antique porte avec une négligence étudiée un long manteau vert qui laisse savamment apparaître sa poitrine nue, et ne dissimule pas davantage les différents éléments dont est constitué son costume, créant de fait une subtile harmonie chromatique un peu acidulée, faite de verts, de roses tendres et d’orangés, annonciatrice des jeux de couleurs maniéristes. Sa silhouette mêle des éléments empruntés aussi bien à Minerve, déesse de la guerre (son casque doté d’un cimier [3]Ornement surmontant le casque, lui-même élément de l’armure protectrice des guerriers, le cimier pouvait aussi servir de repère sur le champ de bataille.) qu’à Vénus, déesse de l’amour (sa pudique nudité). Entièrement absorbée dans une action presque immobile, dont la lenteur est perceptible, elle verse de la main droite le filet d’eau d’une cruche sur les flammes d’un brasero allumé sur un pilier, configuration qui paraîtrait étrange si cette figure n’était pas une allégorie, tandis que de sa main gauche, elle attise un feu brûlant dans un petit vase.
Notes
| 1↑ | « Celestes » (« [Les choses] célestes »). |
|---|---|
| 2↑ | « Stinsi terrenas » (« J’ai éteint [les passions] terrestres »). Les deux inscriptions (« CELESTES » et « STINSI TERENAS ») explicitent le sens des gestes accomplis par la figure allégorique : le vase renferme les flammes de l’Amour céleste, qu’il faut nourrir malgré les passions terrestres, qu’il convient d’éteindre. Le thème exprimé par l’œuvre, avec son invitation explicite à maîtriser ses instincts et ses passions, s’inscrit dans le débat sur l’amour cher aux cours italiennes des XVe et XVIe siècles, et révèle ainsi une clientèle cultivée et raffinée. |
| 3↑ | Ornement surmontant le casque, lui-même élément de l’armure protectrice des guerriers, le cimier pouvait aussi servir de repère sur le champ de bataille. |



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