Pseudo-Apollodore

« L’auteur de la Bibliothèque est pour nous un inconnu. L’ouvrage est attribué par le patriarche Photios, au IXe siècle, à Apollodore le Grammairien et par les manuscrits à Apollodore d’Athènes, grammairien. Nous connaissons par diverses sources le grand érudit Apollodore d’Athènes, dit le Grammairien. Un lexique byzantin, la Souda, contient sur lui la brève notice suivante : “Apollodore : fils d’Asclépiadès, grammairien, l’un des élèves de Panaitios de Rhodes, le philosophe, et d’Aristarque, le grammairien. Athénien de naissance. Il est le premier à avoir écrit des Tragiambes.” F. Jacoby a rassemblé les témoignages sur l’homme, avec les débris subsistants de ses œuvres, dans ses Fragmente der Griechische Historiker (n° 244). Mais l’ensemble montre que le savant Apollodore d’Athènes, chronographe et « grammairien » du IIe siècle avant notre ère, n’a aucune chance d’être l’auteur de la Bibliothèque ! Il faut donc accepter l’idée que nous ne savons rien du mythographe et que même le nom d’Apollodore risque de ne pas être le sien. Aussi beaucoup de Modernes l’appellent-ils « le pseudo-Apollodore ».

Mais pourquoi la Bibliothèque a-t-elle été attribuée au grand érudit du IIe siècle av. J.-C. ? A cette question, on peut donner des réponses vraisemblables. Tout d’abord le Grammairien était très célèbre à l’époque romaine et il a été beaucoup cité et utilisé, par les curieux (comme Macrobe ou Athénée), les savants (comme Pline ou Strabon) et les apologistes chrétiens, avant de l’être par les érudits byzantins, de Stéphane de Byzance jusqu’à Tzetzès. Ensuite, le Grammairien avait réuni une somme considérable d’informations, sur les dieux et leurs cultes, dans son traité Sur les dieux en vingt-quatre livres, sur une foule de pays, dans son Commentaire du Catalogue des vaisseaux. Il avait, semble-t-il, le goût de l’anecdote « biographique », historique ou mythologique, et le goût des recherches étymologiques. Tout cela créait un tissu de ressemblances extérieures qui a pu faciliter la confusion du Mythographe avec le Grammairien. Enfin il est tout à fait possible (en dehors d’une homonymie accidentelle) que l’auteur de la Bibliothèque ait délibérément attribué son ouvrage, par une supercherie intéressée, au célèbre disciple de Panaitios, d’Aristarque et d’Eratosthène […] » [1]La Bibliothèque d’Apollodore, traduite, annotée et commentée par Jean-Claude Carrière et Bertrand Massonie, Collection de l’Institut des Sciences et Techniques de l’Antiquité, 443 (1991), pp. 7-8..

Notes

Notes
1 La Bibliothèque d’Apollodore, traduite, annotée et commentée par Jean-Claude Carrière et Bertrand Massonie, Collection de l’Institut des Sciences et Techniques de l’Antiquité, 443 (1991), pp. 7-8.

En savoir plus sur Guide artistique de la Province de Sienne

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture