Ésope (…, VIIe – …, VIe s. av. J.-C.) : écrivain grec d’origine phrygienne, à qui l’on a attribué la paternité de la fable. Il n’existe rien de certain sur la vie du poète. Ce vide a laissé place à la légende. Jean de La Fontaine a écrit une biographie d’Ésope, inspirée de celle de Maxime Planude [1]Maxime Planude : érudit byzantin du XIIIe siècle., qu’il a placée en tête de son premier recueil de fables, sous le titre La Vie d’Ésope le Phrygien. Il lui rend hommage dans À Monseigneur le Dauphin [2]« Je chante les héros dont Ésope est le père ;
Troupe de qui l’histoire, encor que mensongère,
Contient des vérités qui servent de leçons.
Tout parle en mon ouvrage, et même les poissons :
Ce qu’ils disent s’adresse à tous tant que nous sommes ;
Je me sers d’animaux pour instruire les hommes. » et le cite notamment dans Le Soleil et les Grenouilles. Nombre des fables de La Fontaine reprennent des thèmes traités par Ésope.
Dans le chant XXIII de l’Enfer, Esope est brièvement mentionné en tant que l’auteur de la fable Le Rat et la Grenouille [3]« Le Rat et la Grenouille. Un rat de terre, pour son malheur, se lia d’amitié avec une grenouille. Or la grenouille, qui avait de mauvais desseins, attacha la patte du rat à sa propre patte. Et tout d’abord ils allèrent sur la terre manger du blé ; ensuite ils s’approchèrent du bord de l’étang. Alors la grenouille entraîna le rat au fond, tandis qu’elle … Poursuivre. Virgile et Dante, qui ont fuit la quatrième bolge pour échapper aux diables se livrant à une rixe, parviennent dans le lieu livide où les hypocrites subissent leur peine. Le calme étrange qui y règne incite Dante à la réflexion : « ma pensée se tournait vers la fable d’Ésope, / là où il peint le rat et la grenouille [4]« Volt’era in su la favola d’Isopo lo mio pensier per la presente rissa, dov’el parlò de la rana e del topo ; ché più non si pareggia mo e issa che l’un con l’altro fa, se ben s’accoppia principio e fine con la mente fissa. » (« À cause de la rixe des diables ma pensée se tournait vers la fable d’Ésope, là où il … Poursuivre.
Notes
| 1↑ | Maxime Planude : érudit byzantin du XIIIe siècle. |
|---|---|
| 2↑ | « Je chante les héros dont Ésope est le père ; Troupe de qui l’histoire, encor que mensongère, Contient des vérités qui servent de leçons. Tout parle en mon ouvrage, et même les poissons : Ce qu’ils disent s’adresse à tous tant que nous sommes ; Je me sers d’animaux pour instruire les hommes. » |
| 3↑ | « Le Rat et la Grenouille.
Un rat de terre, pour son malheur, se lia d’amitié avec une grenouille. Or la grenouille, qui avait de mauvais desseins, attacha la patte du rat à sa propre patte. Et tout d’abord ils allèrent sur la terre manger du blé ; ensuite ils s’approchèrent du bord de l’étang. Alors la grenouille entraîna le rat au fond, tandis qu’elle s’ébattait dans l’eau en poussant ses brekekekex. Et le malheureux rat, gonflé d’eau, fut noyé ; mais il surnageait, attaché à la patte de la grenouille. Un milan, l’ayant aperçu, l’enleva dans ses serres, et la grenouille enchaînée suivit et servit, elle aussi, de dîner au milan. Même mort, on peut se venger ; car la justice divine à l’œil sur tout, et proportionne dans sa balance le châtiment à la faute. » Esope, Fables (traduction Émile Chambry), Paris, Société d’édition « Les Belles Lettres », 1927, p. 108. |
| 4↑ | « Volt’era in su la favola d’Isopo lo mio pensier per la presente rissa, dov’el parlò de la rana e del topo ; ché più non si pareggia mo e issa che l’un con l’altro fa, se ben s’accoppia principio e fine con la mente fissa. » (« À cause de la rixe des diables ma pensée se tournait vers la fable d’Ésope, là où il peint le rat et la grenouille ; car ores et sur-le-champ se ressemblent autant que l’une à l’autre histoire, si l’on compare, d’un esprit appliqué, le début et la fin »), Enf., XXIII, 4-9. |
