
Jacques de Baerze (actif à Gand av. 1384 – mort ap. 1399)
Corpus of Christ (Corps du Christ crucifié), 1390-1399.
Élément provenant de la Crucifixion du Retable de la Crucifixion, bois sculpté, doré et peint, 27,7 x 18,3 x 5,2 cm.
Provenance : Chartreuse de Champmol, Dijon.
Chicago, Institute of Arts.
Même séparé de son contexte au sein du Retable de la Crucifixion, ce Christ crucifié d’à peine trente centimètres de hauteur demeure une œuvre puissamment expressive. Le contour incurvé de sa silhouette comme les plis de son pagne reflètent l’idéal courtois du contexte aristocratique pour lequel il a été conçu. Cependant, les extrémités, mains et pieds tendus, ainsi que les traits terreux du Christ sont observés de manière réaliste, de même que son abdomen ramolli par la station douloureuse et projeté vers l’avant tandis que ses flancs se déforment et se creusent sous l’effet du poids. Aucune blessure, cependant n’apparaît sur le torse du supplicié [1]« Des images plus anciennes montrent une blessure peinte, retirée depuis à l’occasion d’une restauration moderne », précise Susie Nash (Susie NASH, « Création et signification. Les retables de Jacques de Baerze et Melchior Broederlam. Un nouvel examen des sources », Les retables de la Chartreuse de Champmol, eds. S. JUGIE et C. TRAN-BOURDONNEAU, Musée des Beaux-arts de … Poursuivre. Or, dans la Mise au tombeau, représentée à droite de la Crucifixion, « cette blessure est à la fois sculptée et peinte ; elle n’aurait pas été laissée inachevée sur la Crucifixion sans une bonne raison. La scène semble centrée sur le moment même de la mort du Christ, qui prend place juste après l’offrande de l’éponge […] [2]Susie NASH, op. cit., p. 37. Partant du constat de l’absence de toute blessure sur le flanc du Christ, l’historienne de l’art développe l’hypothèse selon laquelle « la scène semble centrée sur le moment même de la mort du Christ, qui prend place juste après l’offrande de l’éponge, avec les mots « Il en est ainsi » et « rendit l’âme ». C’est aussi à … Poursuivre. »

Notes
| 1↑ | « Des images plus anciennes montrent une blessure peinte, retirée depuis à l’occasion d’une restauration moderne », précise Susie Nash (Susie NASH, « Création et signification. Les retables de Jacques de Baerze et Melchior Broederlam. Un nouvel examen des sources », Les retables de la Chartreuse de Champmol, eds. S. JUGIE et C. TRAN-BOURDONNEAU, Musée des Beaux-arts de Dijon, Dijon – Snoeck Publishers, Gand, 2014, p. 39, note 78.). |
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| 2↑ | Susie NASH, op. cit., p. 37. Partant du constat de l’absence de toute blessure sur le flanc du Christ, l’historienne de l’art développe l’hypothèse selon laquelle « la scène semble centrée sur le moment même de la mort du Christ, qui prend place juste après l’offrande de l’éponge, avec les mots « Il en est ainsi » et « rendit l’âme ». C’est aussi à ce moment que se produit la Révélation de la divinité du Christ aux Gentils, représentée ici par le centurion, monté sur le cheval brun, et désignant le Christ. L’événement suivant, à savoir le percement du flanc du Christ, était probablement évoqué à travers le personnage bien visible juste en dessous de la croix, qui porte aujourd’hui une échelle, un détail qui paraît étrangement déplacé à ce moment du récit. L’échelle, toutefois, n’est pas d’origine et, au vu de la position des mains du personnage, il semble évident qu’il tenait initialement un objet fin et allongé – sans doute la lance, qui venait alors compléter la scène. Une Crucifixion centrée sur l’instant de la mort du Christ, encadrée par des scènes qui en retracent la prédiction et les suites, crée un ensemble parfaitement adapté à l’emplacement du retable – un autel dédié à la mémoire perpétuelle de Jean de Berry dans une église qui est aussi un mausolée. |

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