Giovanni di Paolo, « Saint Augustin »

Giovanni di Paolo (Sienne, v. 1398 [?] – 1482)

Saint Augustin, v. 1470-1475.

Tempéra et or sur panneau, 233 x 95 cm. [1]La partie droite du panneau (fruit d’une intervention ancienne) a été conservée.

Inscriptions :

  • (sur les pages du livre de saint Augustin) : « ANTE OMNIA FR(ATRE)S CA(R)ISSIMI DILIGATU(R) DEUS DEINDE PROXIMU(S) QUIA ISTA P(RE)CEPTA PRINCIPALITER SUNT DATA IN MONASTE(R)IO CO(N)STITUTIS P(RO) UT DILIGAT(UR) » [2]« Ante omnia, fratres carissimi, diligatur Deus, deinde et proximus, quia ista sunt praecepta principaliter nobis data. Haec sunt quae ut observetis, praecipimus in monasterio constituti pro ut diligatur. » (« Tout d’abord, très chers frères, aimons Dieu, puis notre prochain, car tels sont les préceptes qui nous sont principalement donnés. Telles sont les choses que nous … Poursuivre
  • (dans le phylactère d’Averroès) : « DICIMUS MUNDU(M) CONTRA ETERNUM NON HABET P(RI)NCIPIU(M) NEQUE FINEM. ARISTOT(E)L(IUS). » [3]« Dicimus mundum contra eternum non habet principium neque finem. Aristotelius. » La formule, tirée d’Aristote, évoque une théorie développée dans le Traité du Ciel : « On peut donc […] voir clairement que l’ensemble du ciel (*) n’a pas été créé, qu’il ne peut pas davantage périr, comme le disent quelques philosophes, mais qu’il est un et éternel, et qu’il n’a … Poursuivre

    Provenance : Rome, collection Campana.

    Avignon, Musée du Petit-Palais (dépôt du musée du Louvre).

    Averroès

    Notes

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    1 La partie droite du panneau (fruit d’une intervention ancienne) a été conservée.
    2 « Ante omnia, fratres carissimi, diligatur Deus, deinde et proximus, quia ista sunt praecepta principaliter nobis data. Haec sunt quae ut observetis, praecipimus in monasterio constituti pro ut diligatur. » (« Tout d’abord, très chers frères, aimons Dieu, puis notre prochain, car tels sont les préceptes qui nous sont principalement donnés. Telles sont les choses que nous ordonnons d’observer au monastère pour qu’il soit aimé. »). Incipit de la Règle, connue sous le nom de Disciplina monasteris, envoyée par saint Augustin à ses frères du monastère qu’il avait établi à Tagaste après sa conversion et son retour d’Italie en 388 après J.-C. Quelques années plus tard, lorsque le monastère fut transféré à Hippone, saint Augustin écrivit un commentaire de la Règle.
    3 « Dicimus mundum contra eternum non habet principium neque finem. Aristotelius. » La formule, tirée d’Aristote, évoque une théorie développée dans le Traité du Ciel : « On peut donc […] voir clairement que l’ensemble du ciel (*) n’a pas été créé, qu’il ne peut pas davantage périr, comme le disent quelques philosophes, mais qu’il est un et éternel, et qu’il n’a ni commencement ni fin, durant toute l’éternité. » Aristote, Traité du Ciel, II, I, 1 (traduction par Jules Barthélemy-Saint-Hilaire), Paris, A. Durand, 1866 (tome cinquième), pp. 114-220. « Ces théories », note le traducteur, « sont assez d’accord avec celles du VIIIe livre de la Physique, bien que ces dernières s’appliquent surtout à l’éternité du mouvement ; mais l’éternité du mouvement suppose nécessairement l’éternité du monde » : « Le mouvement a-t-il commencé à un certain moment avant lequel il n’était pas ? Cessera-t-il un jour de même qu’il a commencé, de façon que rien ne doive plus se mouvoir ? Ou bien doit-on dire qu’il n’a point eu de commencement, et qu’il n’aura pas de fin ? Doit-on dire qu’il a toujours été et qu’il sera toujours immortel, indéfectible pour toutes choses, et comme une vie qui anime tous les êtres que la nature a formés ? » Aristote, Physique, VIII, 1, 1 (traduction par Jules Barthélemy-Saint-Hilaire), Paris, A. Durand, 1862 (tome II), pp. 

    (*) « L’ensemble du ciel n’a pas été créé, Alexandre d’Aphrodisée veut que par le Ciel on entende ici l’Univers. En effet, certaines parties du Ciel, en tant que le ciel renferme tous les êtres, sont créées, et elles sont périssables ; mais le tout n’est ni périssable ni créé. » (Note du traducteur).

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