Cimabue, « Trois scènes provenant d’un diptyque de dévotion »

Cenni di Pepo dit Cimabue (Florence, 1240 – Pise, 1302)

Trois scènes d’un diptyque de dévotion, v. 1280-1285.

Tempéra et or sur panneau ; 25,6 x 20,8 cm ; 25,8 x 20,3 cm ; 24,7 x 20 cm.

Provenance : ?

Londres, National Gallery ; Paris, Musée du Louvre ; New York, Frick Collection.

Il existe à l’heure actuelle un faisceau de preuves tendant à affirmer avec certitude que trois petits panneaux peints par Cimabue, aujourd’hui répartis entre Londres, New York et Paris, proviennent d’un même ensemble, probablement un diptyque, composé de huit panneaux au total, figurant huit scènes (quatre dans chaque volet). Les trois panneaux survivants sont généralement considérés comme trois des quatre scènes qui appartenaient au volet gauche.

RECONSTRUCTION DU DIPTYQUE

Le diptyque d’origine, composé de huit panneaux, représentait une Vierge à l’Enfant et probablement sept Scènes de la Passion du Christ, dont trois, provenant du volet gauche, sont identifiés aujourd’hui :

  • Virgin and Child with Two Angels. Londres, National Gallery.
  • Le Baiser de Judas (perdu) [1]Voir Diane Zorzi, « Une œuvre perdue de Cimabue découverte près de Compiègne », Le Magazine des enchères,‎ 23 septembre 2019, Carole Blumenfeld, « Deux primitifs redécouverts : Cimabue et le maître de Vissy Brod », La Gazette Drouot,‎ 23 septembre 2019, Rafael Pic, « Découverte d’un rarissime Cimabue », Le … Poursuivre
  • La Dérision du Christ. Paris, Musée du Louvre.
  • The Flagellation of Christ. New York, The Frick Collection (Longhi 1951).

Sur chacun des deux volets du diptyque, qui comportait un cadre engagé, étaient figurées quatre scènes séparées par des bandes peintes avant d’être brutalement sciées à des fins spéculatives. Seule la scène de l’angle supérieur droit est manquante. L’historien de l’art britannique Dillian Gordon [2]Dillian Gordon, « The Virgin and Child by Cimabue at the National Gallery », Apollo, Juin 2003., développant une suggestion de Miklós Boskovits, a utilisé les traces de barbes et de bordures peintes sur les tableaux de la Frick Collection et de la National Gallery pour établir une comparaison avec une série de huit panneaux peints v. 1320, que Boskovits avait reconstitué sous la forme d’un diptyque dont chacun des volets comprenait quatre scènes.Seule manque la scène en haut à droite. Dillian Gordon, développant une suggestion de Miklós Boskovits, a déjà utilisé le témoignage des barbes et des bordures peintes sur le Frick et Images de la National Gallery pour établir une comparaison avec une série de huit panneaux de l’anonyme Maestro di San Martino alla Palma, peints vers 1320, que Boskovits avait reconstitué sous la forme d’un diptyque dont les volets auraient été articulés grâce à deux crochets, chacun des deux volets comprenant quatre scènes.

Reconstruction sous forme d’un diptyque de huit scènes peintes sur panneaux vers 1330 par le Maestro di San Martino alla Palma. Cette reconstitution, due à Miklós Boskovits, a été publiée dans Dillian Gordon, « The ‘Virgin and Child’ by Cimabue at the National Gallery », Apollo, Juin 2003.

Notes

Notes
1 Voir Diane Zorzi, « Une œuvre perdue de Cimabue découverte près de Compiègne », Le Magazine des enchères,‎ 23 septembre 2019, Carole Blumenfeld, « Deux primitifs redécouverts : Cimabue et le maître de Vissy Brod », La Gazette Drouot,‎ 23 septembre 2019, Rafael Pic, « Découverte d’un rarissime Cimabue », Le Quotidien de l’art,‎ 23 septembre 2019, Didier Rykner, « Le panneau du Maître de Vyšší Brod acquis par le Metropolitan Museum », La Tribune de l’art,‎ 30 novembre 2019.
2 Dillian Gordon, « The Virgin and Child by Cimabue at the National Gallery », Apollo, Juin 2003.

En savoir plus sur Guide artistique de la Province de Sienne

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture