
Cenni di Pepo dit Cimabue (Florence, 1240 – Pise, 1302)
La Dérision du Christ ou Le Christ moqué, v. 1280-1285.
Compartiment du Diptyque de dévotion démembré, tempéra et or sur panneau, 25,8 x 20,3 cm.
Paris, Musée du Louvre, Département des peintures italiennes.
Provenance : Acquis en vente publique pour la collection Alana, Newark (Delaware), le 27 octobre 2019, classé trésor national le 20 décembre 2019, interdit de sortie du territoire français durant trente mois. Acquis en 2023 par l’État pour le musée du Musée du Louvre (Paris).
Paris, Musée du Louvre, Département des peintures.
La découverte de La Dérision du Christ revêt une importance majeure pour l’histoire de l’art. Cimabue y déploie pour la première fois une peinture pleine de vie, figurant des personnages aux visages tous différents, aux muscles en tension, aux costumes raffinés et colorés, comme saisis sur le vif, rompant avec la stylisation des formes promue par ses prédécesseurs. Ces modes de représentation font écho aux changements que l’on observe dans les pratiques dévotionnelles de l’époque et à l’essor d’une spiritualité plus intériorisée, favorisant la visualisation intérieure, l’imagination et l’implication émotionnelle des fidèles. A la suite de Cimabue, Giotto et Duccio approfondissent la leçon du maître, accentuant davantage encore la mise en scène de l’histoire sainte dans des environnements de plus en plus ancrés dans le monde quotidien, en figurant de manière virtuose architectures, textiles et éléments de mobilier de leur époque, comme si la scène se déroulait devant les yeux des spectateurs.
Reconstruction du diptyque


Il existe à l’heure actuelle un faisceau de preuves tendant à indiquer avec quelque certitude que les trois panneaux survivants proviennent d’un même ensemble, un diptyque, composé de huit panneaux figurant huit scènes de la Passion du Christ, comptait en son volet gauche quatre scènes : La Vierge à l’enfant (National Gallery), Le baiser de Judas (perdu), Le Christ moqué (Paris, Musée du Louvre) et La Flagellation (New York, Frick Collection).
Sur chacun des deux volets du diptyque, qui comportait un cadre engagé, étaient figurées quatre scènes séparées par des bandes peintes avant d’être brutalement sciées à des fins spéculatives. Seule la scène de l’angle supérieur droit est manquante. Dillian Gordon [1], développant une suggestion de Miklós Boskovits, a utilisé les traces de barbes et de bordures peintes sur les tableaux de la Frick Collection et de la National Gallery pour établir une comparaison avec une série de huit panneaux peints vers 1320, que Boskovits avait reconstitué sous la forme d’un diptyque dont chacun des volets comprenait quatre scènes. Seule manque la scène en haut à droite. Dillian Gordon [1]Dillian Gordon, « The Virgin and Child by Cimabue at the National Gallery », Apollo, Juin 2003., développant une suggestion de Miklós Boskovits, a déjà utilisé le témoignage des barbes et des bordures peintes sur le Frick et Images de la National Gallery pour établir une comparaison avec une série de huit panneaux de l’anonyme Maestro di San Martino alla Palma, peints vers 1320, que Boskovits avait reconstitué sous la forme d’un diptyque dont les volets auraient été articulés grâce à deux crochets, chacun des deux volets comprenant quatre scènes.

Notes
| 1↑ | Dillian Gordon, « The Virgin and Child by Cimabue at the National Gallery », Apollo, Juin 2003. |
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