Anonyme, « Portrait de Jean II le Bon (1319-1364) »

Anonyme du XIVe s. (Girard d’Orléans ? [1]Girard d’Orléans (…, … – Paris, 1361) : valet de chambre et peintre officiel du modèle, le futur roi de France Jean le Bon ; il conservera cette place auprès du successeur de celui-ci, Charles V.

Portrait de Jean II le Bon (1319-1364), avant 1350 (?).

Détrempe sur fond d’or sur toile collée sur bois (chêne), 60 x 44cm.

Inscriptions :

  • « JEHAN ROY DE F[R]ANCE » [2]L’inscription « Jehan roi de France » est sans doute postérieure au tableau, qui représente le modèle sans couronne, apparemment avant son accession au trône : est-il encore duc de Normandie et Dauphin de France ? Son âge apparent, une trentaine d’années, semble conforter une datation antérieure à 1350, année de son accession au trône.

Provenance : « Trouvé au château d’Oiron en Poitou, ancienne propriété des Gouffier (donné par Henri II à Claude Gouffier ?) ; collection Gaignières (n. 46) ; retiré de la vente de la collection Gaignières (juillet 1717) sur ordre du régent pour la Bibliothèque royale ; exposé de 1852 à 1872 au Louvre, au musée des Souverains, puis à la suppression de ce musée, de retour à la Bibliothèque nationale ; remis par le Cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale au Louvre dans le cadre d’un échange en 1925 et inscrit sur l’inventaire R.F. du département des Peintures, en application de l’arrêté du 14 mars 1925. » [3]https://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010061370

Paris, Musée du Louvre, département des Peintures.

Le tableau est réputé être le plus ancien portrait autonome peint en France. Son auteur reprenant une formule élaborée sous l’Antiquité classique, particulièrement dans la numismatique, campe le modèle en profil absolu, comme s’il s’agissait d’une médaille impériale. Bien qu’il n’existe aucune certitude sur son identité réelle, le personnage a été identifié comme le roi Jean II le Bon (1319-1364). Le futur roi [4]Voir note 2. est représenté avec une barbe courte, la chevelure en désordre, le sourcil broussailleux, pourvu d’un grand nez, d’une lourde paupière, d’un œil globuleux et d’une mâchoire pesante, le souverain est drapé dans une robe bleu-noir bordée de fourrure blanche. Même si l’on tient compte de l’état précaire du panneau et de la présence de repeints, cette effigie reflète un souci de caractérisation physique et un désir d’expressivité. Le fond d’or travaillé au poinçon, le revers décoré de faux marbre, l’autorité monumentale du profil sont manifestement d’ascendance italienne. En effet, dès les premières décennies du XIVe siècle, les peintres transalpins s’intéressent au rendu fidèle de la figure humaine. Le rôle d’Avignon, devenue au début du siècle le siège de la papauté, est déterminant : le naturalisme des fresques et des tableaux exécutés à partir de 1340 par Simone Martini et Matteo Giovannetti n’a pas manqué d’impressionner les artistes attirés de l’Europe entière par l’éclat du foyer pontifical. L’auteur de ce portrait faisait peut-être partie de la suite de Jean le Bon, venu en 1349, juste avant son accession au trône de France, rendre visite au pape.

Notes

Notes
1 Girard d’Orléans (…, … – Paris, 1361) : valet de chambre et peintre officiel du modèle, le futur roi de France Jean le Bon ; il conservera cette place auprès du successeur de celui-ci, Charles V.
2 L’inscription « Jehan roi de France » est sans doute postérieure au tableau, qui représente le modèle sans couronne, apparemment avant son accession au trône : est-il encore duc de Normandie et Dauphin de France ? Son âge apparent, une trentaine d’années, semble conforter une datation antérieure à 1350, année de son accession au trône.
3 https://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010061370
4 Voir note 2.

En savoir plus sur Guide artistique de la Province de Sienne

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture