Jean II dit Jean le Bon (Château de Gué-de-Mauny, Le Mans, 1319 – Londres, 1364) : roi de France (1350-1364) à la mort de son père Philippe VI de Valois (1328-1350). Son règne relativement bref et mouvementé est émaillé de nombreux épisodes malheureux et autres déboires politiques parmi lesquels la peste noire, la perte de la ville de Calais, la révolte d’Étienne Marcel, plusieurs jacqueries et défaites militaires. Capturé à la bataille de Poitiers le 19 septembre 1356 [1]L’héroïsme de Jean le Bon comme celui de son fils Philippe à Poitiers sont restés célèbres : ils valent au premier sa réputation de roi-chevalier et son surnom « le Bon » (Brave), et au second, celui de « Hardi »., et emmené à Londres comme prisonnier [2]La légende veut parfois qu’un célèbre portrait de lui (*), aujourd’hui au Louvre, ait été peint à Londres, alors qu’il s’y trouvait retenu.
(*) Anonyme (Girard d’Orléans ?), Portrait de Jean II le Bon., il est libéré par le traité de Brétigny le 8 mai 1360 [3]Le traité de Brétigny met un terme aux quatre années de captivité à Londres de Jean II le Bon, prisonnier des Anglais depuis la bataille de Poitiers. Le roi de France est libéré contre versement d’une rançon de 3 millions d’écus d’or qui, d’ailleurs, ne sera pas payée en totalité. Des otages sont livrés pour garantir le paiement, dont le … Poursuivre, et rentre à Paris le 13 décembre 1360, contre rançon et en échangeant sa prison à Londres avec celle de son fils Louis, duc d’Anjou. Remonté sur le trône de France, il hérite du duché de Bourgogne [4]Cet héritage lui échoit en tant qu’héritier mâle le plus proche, à la mort de Philippe Ier « de Rouvres », duc de Bourgogne. et le déclare réuni à la couronne par charte faite à Paris en novembre 1361.
Finalement, il repart pour Londres le 3 janvier 1364 afin de renégocier le traité de Brétigny, pour l’exécution duquel il a du mal à payer la rançon en vue de la libération des otages (son fils Louis d’Anjou, lassé d’attendre sa libération, s’est déjà enfui de Londres, avec Bonabes IV de Rougé et de Derval). Avant de partir, il a réuni les états généraux à Amiens (fin décembre 1363) pour leur faire part de sa décision. Il laisse une situation désastreuse, un pays ruiné et mis en coupe réglée par les compagnies, mais une bonne partie des décisions qui vont permettre à Charles V de relever le royaume sont déjà prises.
Il se trouve encore prisonnier au Savoy Hotel de Londres afin de renégocier le traité de Brétigny, ainsi que la libération des otages parmi lesquels l’un de ses fils, Jean, duc de Berry [5]Son fils aîné, Louis d’Anjou, lassé d’attendre sa libération, s’est déjà enfui d’Angleterre. lorsqu’il meurt en avril 1364.
Notes
| 1↑ | L’héroïsme de Jean le Bon comme celui de son fils Philippe à Poitiers sont restés célèbres : ils valent au premier sa réputation de roi-chevalier et son surnom « le Bon » (Brave), et au second, celui de « Hardi ». |
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| 2↑ | La légende veut parfois qu’un célèbre portrait de lui (*), aujourd’hui au Louvre, ait été peint à Londres, alors qu’il s’y trouvait retenu.
(*) Anonyme (Girard d’Orléans ?), Portrait de Jean II le Bon. |
| 3↑ | Le traité de Brétigny met un terme aux quatre années de captivité à Londres de Jean II le Bon, prisonnier des Anglais depuis la bataille de Poitiers. Le roi de France est libéré contre versement d’une rançon de 3 millions d’écus d’or qui, d’ailleurs, ne sera pas payée en totalité. Des otages sont livrés pour garantir le paiement, dont le plus important est sans doute son ambassadeur et conseiller : Bonabes IV de Rougé et de Derval.
L’Anglais obtient la Guyenne et la Gascogne en toute souveraineté ainsi que Calais, le Ponthieu et le comté de Guînes. Il obtient également le Poitou — dont l’un des fils de Jean II, Jean, est pourtant comte —, le Périgord, le Limousin, l’Angoumois et la Saintonge. Enfin, il devient souverain de toutes les terres du comté d’Armagnac en recevant l’Agenais, le Quercy, le Rouergue, la Bigorre et le comté de Gaure. Le royaume de France perd le quart de son territoire. L’humiliation est considérable et la noblesse française est en plein désarroi. Le dauphin est mécontent. Seul le roi prisonnier fête sa prochaine libération en donnant à Londres un grand banquet. En revanche, Édouard III renonce aux duchés de Normandie et de Touraine, aux comtés du Maine et d’Anjou et à la suzeraineté sur la Bretagne et les Flandres. Il renonce surtout à revendiquer la couronne de France. Ce traité vise à désamorcer tous les griefs qui ont conduit au déclenchement du conflit. |
| 4↑ | Cet héritage lui échoit en tant qu’héritier mâle le plus proche, à la mort de Philippe Ier « de Rouvres », duc de Bourgogne. |
| 5↑ | Son fils aîné, Louis d’Anjou, lassé d’attendre sa libération, s’est déjà enfui d’Angleterre. |
