Tapisserie de haute lisse

1. Radel, dessinateur ; Bernard, graveur, Tapisserie de Haute Lisse des Gobelins. Attitude de l’Ouvrier pour commencer l’Ouvrage (vol. 8 des planches de l’Encyclopédie par Diderot et d’Alembert, Paris, 1771, planche IX). 
Légende de la gravure :
« Fig. 1. Vue du côté du métier où les ouvriers travaillent, avec l’attitude d’un ouvrier dans la disposition de travailler. a, manière de tenir la broche pour la passer dans les croisures. b, grande perche de lisse. ccc, petites perches de lisse suspendues au grand pas des écheveaux de laine pour baisser les lisses à la portée de l’ouvrier. dddd, cordage pour attacher au mur & aux petites perches de lisse pour les tenir. eee, lisses. f, bâton de croisure, g, ficelle de croisure. h, chaîne. i, ficelle croisée pour contenir les pienes.  l, planche inclinée pour parer le faux jour de la tête à la vue de l’ouvrier. m, tapisserie de haute lisse sur le métier. n, broche portant différentes couleurs de laine pour nuancer les figures. o, peigne.
« Fig. 2. a, Platine pour travailler à la chandelle. b, chandelle. c, couverture de fer-blanc pour empêcher la fumée d’incommoder l’ouvrier. d, crochet pour accrocher ladite platine à la boutonnière de l’habit des ouvriers.
« Fig. 3. a, Siège construit pour asseoir l’ouvrier à différentes hauteurs. b, rehausse.
« Fig. 4. a, arguillier, grand crochet de fer qui se met dans les trous des cotrets pour soutenir les perches de lisse. b, petit trou dans l’arguillier pour des chevilles de fer, pour contenir l’écartement de la perche de lisse. »
2. : Radel, dessinateur ; Bernard, graveur, Tapisserie de Haute Lisse des Gobelins. Disposition d’une partie de tapisserie faite à moitié et vue sur le métier par devant (vol. 8 des planches de l’Encyclopédie par Diderot et d’Alembert, Paris, 1771, planche XIII). 
Légende de la gravure :
« Fig. 1. Disposition d’une tapisserie à moitié faite sur son métier vue par-devant. a, pièce de serge pour couvrir les pienes sur le rouleau avec de la ficelle pour contenir également la piene. c, ficelle de croisure. ddd, bâton de croisure. eee, lisses. […] fff, broche. ggg, petit morceau de serge que l’on attache avec des épingles pour les empêcher d’être gâtées. I, planche pour garantir le faux jour. l, grande planche pour garantir l’ouvrage fait fait sur le rouleau. 
« Fig. 2. a, coupe du bâton de croisure & de de la croisure même. b, croisure. c, lisse. 
« Fig. 3. a, Chaine que forment les laines autour des pienes & des croisures pour faire la tapisserie. a, piene. b, laine. 
« Fig. 4. a, peigne d’ivoire pour serrer les laines & pour terminer entièrement la tapisserie. 
« Fig. 5. a, broche sur laquelle on met les laines de différentes couleurs pour passer dans la croisure, afin de former les chaînes de la tapisserie. b, pointe de la broche pour serrer les laines. c, partie de la broche où l’on met la laine. d, tête de la broche. »

Une tapisserie est avant tout un panneau de tissu dont le décor ornemental ou historié résulte du tissage de fils de trame colorés entrecroisés à angle droit avec des fils de chaîne de couleur neutre, ces derniers étant destinés à être entièrement recouverts par la trame une fois le travail achevé. L’image et le tissu prennent forme en même temps grâce au travail du lissier [1]Lissier ou licier, du nom de la lisse, cordelette fixée sur un fil de chaîne de manière à relier celui-ci à une « marche » (*) actionnée à la main pour écarter les fils pairs et impairs de la chaîne, ce qui permet de passer les fils de trame (une tapisserie étant réalisée par le recouvrement total d’une chaîne par une trame) à l’aide d’une broche (repère 5a … Poursuivre. Cette technique manuelle s’exécute sur un métier composé d’un châssis vertical supportant des ensouples [2]Grosse bobine du métier à tisser, souvent dotée de rebords à ses extrémités, servant à enrouler le fil de chaîne (repère p dans la reproduction no 1 ci-dessus). sur lesquelles s’enroule la chaîne (n). Si la chaîne est tendue horizontalement sur le métier, on parle de basse lisse ; si au contraire, elle est tendue verticalement, on parle de haute lisse [3]Illustrations : 1. : Radel, dessinateur ; Bernard, graveur, Tapisserie de Haute Lisse des Gobelins. Attitude de l’Ouvrier pour commencer l’Ouvrage (vol. 8 des planches de l’Encyclopédie par Diderot et d’Alembert, Paris, 1771, planche IX). Légende de la gravure :« Fig. 1. Vue du côté du métier où les ouvriers travaillent, avec l’attitude d’un ouvrier dans la disposition … Poursuivre. Ces deux techniques sont autant employées l’une que l’autre et rien ne permet de définir le métier employé une fois le tissu obtenu. En haute lisse, le carton se trouve derrière le lissier qui travaille sur l’envers de la tapisserie, un miroir placé de l’autre côté de la chaîne lui permet de contrôler son travail. En basse lisse, le carton placé sous le métier est reproduit dans l’autre sens. »

La tâche des lissiers est de « mettre en laine » l’œuvre de l’artiste auteur du carton. La chaîne est divisée en fils pairs et impairs qui sont séparés au moyen des lisses manipulées par le lissier afin de permettre le passage du fil de trame coloré enroulé autour d’une broche. Une broche se distingue des autres broches en fonction de la couleur du fil qui s’y trouve enroulé. Un peigne (fig. 4 a dans la reproduction no 2.) permet de tasser les fils de trame [4]Le lissier utilise un grattoir dans la tapisserie de basse lisse. après chaque passée. Deux passées, de sens contrarié, forment une duite.

Notes

Notes
1 Lissier ou licier, du nom de la lisse, cordelette fixée sur un fil de chaîne de manière à relier celui-ci à une « marche » (*) actionnée à la main pour écarter les fils pairs et impairs de la chaîne, ce qui permet de passer les fils de trame (une tapisserie étant réalisée par le recouvrement total d’une chaîne par une trame) à l’aide d’une broche (repère 5a dans la fig. 2 ci-dessus), généralement en bois.

(*) Tandis que la différence la plus flagrante entre haute-lisse et basse-lisse dépend de la position verticale de la chaîne en haute lisse comparée à la position horizontale de la chaîne en basse lisse, la différence fondamentale dépend du fait que la basse lisse possède des marches (pédales) alors que la haute lisse n’en a pas, et, également, que la bobine de la haute lisse (qui s’appelle broche aux Gobelins) est de forme aiguë, pointue, alors que la bobine, (ou flûte comme on l’appelle à Beauvais), de basse lisse est émoussée et n’est pas employée comme outil.
2 Grosse bobine du métier à tisser, souvent dotée de rebords à ses extrémités, servant à enrouler le fil de chaîne (repère p dans la reproduction no 1 ci-dessus).
3 Illustrations :

1. : Radel, dessinateur ; Bernard, graveur, Tapisserie de Haute Lisse des Gobelins. Attitude de l’Ouvrier pour commencer l’Ouvrage (vol. 8 des planches de l’Encyclopédie par Diderot et d’Alembert, Paris, 1771, planche IX).
Légende de la gravure :
« Fig. 1. Vue du côté du métier où les ouvriers travaillent, avec l’attitude d’un ouvrier dans la disposition de travailler. a, manière de tenir la broche pour la passer dans les croisures. b, grande perche de lisse. ccc, petites perches de lisse suspendues au grand pas des écheveaux de laine pour baisser les lisses à la portée de l’ouvrier. dddd, cordage pour attacher au mur & aux petites perches de lisse pour les tenir. eee, lisses. f, bâton de croisure, g, ficelle de croisure. h, chaîne. i, ficelle croisée pour contenir les pienes.  l, planche inclinée pour parer le faux jour de la tête à la vue de l’ouvrier. m, tapisserie de haute lisse sur le métier. n, broche portant différentes couleurs de laine pour nuancer les figures. o, peigne. [Le repère p de la planche, qui n’est pas mentionné dans la légende, correspond à l’ensouple].
« Fig. 2. a, Platine pour travailler à la chandelle. b, chandelle. c, couverture de fer-blanc pour empêcher la fumée d’incommoder l’ouvrier. d, crochet pour accrocher ladite platine à la boutonnière de l’habit des ouvriers.
« Fig. 3. a, Siège construit pour asseoir l’ouvrier à différentes hauteurs. b, rehausse.
« Fig. 4. a, arguillier, grand crochet de fer qui se met dans les trous des cotrets pour soutenir les perches de lisse. b, petit trou dans l’arguillier pour des chevilles de fer, pour contenir l’écartement de la perche de lisse. »

2. : Radel, dessinateur ; Bernard, graveur, Tapisserie de Haute Lisse des Gobelins. Disposition d’une partie de tapisserie faite à moitié et vue sur le métier par devant (vol. 8 des planches de l’Encyclopédie par Diderot et d’Alembert, Paris, 1771, planche XIII).
Légende de la gravure :
« Fig. 1. Disposition d’une tapisserie à moitié faite sur son métier vue par-devant. a, pièce de serge pour couvrir les pienes sur le rouleau avec de la ficelle pour contenir également la piene. c, ficelle de croisure. ddd, bâton de croisure. eee, lisses. […] fff, broche. ggg, petit morceau de serge que l’on attache avec des épingles pour les empêcher d’être gâtées. I, planche pour garantir le faux jour. l, grande planche pour garantir l’ouvrage fait fait sur le rouleau.
« Fig. 2. a, coupe du bâton de croisure & de de la croisure même. b, croisure. c, lisse.
« Fig. 3. a, Chaine que forment les laines autour des pienes & des croisures pour faire la tapisserie. a, piene. b, laine.
« Fig. 4. a, peigne d’ivoire pour serrer les laines & pour terminer entièrement la tapisserie.
« Fig. 5. a, broche sur laquelle on met les laines de différentes couleurs pour passer dans la croisure, afin de former les chaînes de la tapisserie. b, pointe de la broche pour serrer les laines. c, partie de la broche où l’on met la laine. d, tête de la broche. »

4 Le lissier utilise un grattoir dans la tapisserie de basse lisse.

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