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“George Whitefield”

William Hogarth (Londres, 1697 – Chiswick, 1764)
Enthusiasm delineated (L’enthousiasme délinéé), 1761.
Gravure sur cuivre, eau-forte et taille douce, 37,3 x 32,7 cm.
Londres, British Museum.

L’ensemble de la composition constitue à la fois une parodie explicite du Saint Ignace de Loyola de Rubens, v. 1617-1618 (fig. 1), et une critique acerbe de la théorie de l’art telle qu’elle a été promue par l’Académie Royale de peinture dès le début du règne de Louis XIV relayée par nombres d’auteurs de l’époque parmi lesquels, en particulier, Roger de Piles. Il s’agit du premier état d’une gravure de Hogarth intitulée Credulity, Superstition, and Fanaticism ((William Hogarth, Credulity, Superstition, and Fanaticism, 1762.)). Ce premier état, qui est demeuré non publié (()) est intitulé, littéralement, Enthousiasme délinéé (1761) ((Rappelons ici que l’action de délinéer consiste à « représenter un objet sous toutes ses formes et avec la précision qu’il requiert ». CNRTL (Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales), Notice « Délinéation », en ligne à l’adresse : https://www.cnrtl.fr/definition/délinéation)) et se révèle bien différent de la version définitive qui fut publiée, quant à elle, comme une satire du fanatisme méthodiste. Le premier état, qui est masqué par le second, se révèle également comme une satyre de la théorie académique française de l’art jugée éculée, et sur une forme d’enthousiasme déplacé, voire érotiquement passionné, à l’égard les maîtres anciens – Raphaël, Rubens,… – qui en sont les représentants. Rien moins. ((Voir : Bernd Krysmanski, « We see a ghost : Hogarth’s satire on Methodists and connoisseurs », dans The art bulletin, 80 (1998), Nr. 2. pp. 292-310, mis en ligne à l’adresse : https://archiv.ub.uni-heidelberg.de/artdok/8018/1/Krysmanski_We_See_a_Ghost_Hogarths_Satire_on_Methodists_and_Connoisseurs_2001.pdf ))
Le sujet de cette première version, sensiblement corrigé dans le second état devenu définitif ((Dans cette seconde planche (Credulity, Superstition, and Fanaticism, 1762), la critique principale portera, de manière plus générale, sur les excès d’un enthousiasme trop démonstratif à l’égard de la religion, ainsi que sur l’ineptie dangereuse de l’idolâtrie.)), révèle que l’anglican Hogarth ((Selon lui, le méthodisme n’était qu’une forme déguisée du catholicisme romain. )) devait veiller à ne pas offenser un trop grand nombre de gens s’il espérait que cette estampe puisse devenir un succès commercial. Vêtu d’un costume d’arlequin qui peine à demeurer dissimulé sous sa chasuble, la perruque évacuée par ses mouvements désordonnés découvre la tête tonsurée et vociférante, semblable à celle d’un moine jésuite, du prédicateur attisant à grands coups de manches la ferveur de son auditoire en proie au délire. À ses pieds, le collier d’un chien hurlant porte le nom de « Whitefield ». Le nom de George Whitefield ((George Whitefield ((Gloucester [Angleterre], 1714 – Newburyport [Massachusetts], 1770) : prêtre de l’Église d’Angleterre et l’un des leaders du méthodisme. Il part prêcher aux États Unis, y prononce de nombreuses prédications dans lesquelles il joue essentiellement sur l’émotion de son auditoire, insistant sur la nécessité d’une repentance sincère et terminant en rappelant les joies d’une new birth (nouvelle naissance) marquée par l’acceptation de Dieu. Lorsque, en 1749, apparaît dans l’Etat de Géorgie un mouvement pour introduire l’esclavage, Whitefield, en bon prêtre, le soutient (il possède d’ailleurs lui-même des esclaves ; ces derniers travaillent à l’orphelinat Bethesda, créé par lui et qui existe encore de nos jours…).)) apparaît également sur un bout de papier attaché au pupitre du clerc et figure sur « l’échelle de vocifération de Whitefield », un sonomètre visible près de la chaire, qui fait allusion à sa voix puissamment projetée. Enfin, le clerc au pupitre est une caricature émaciée et louche de Whitefield flanqué de chérubins, en référence à un faux rapport sur sa mort paru dans le Lloyd’s Evening Post en 1761. La congrégation, en extase religieuse, dévore des figurines du Christ dans une parodie de l’Eucharistie. Enfin, l’expérience de l’extase, à la fois spirituelle et sensuelle, au sein de la foule, est mesurée par un thermomètre proéminent, portant des gradations allant de la « folie » au « désespoir » et à la « révélation ». ((Voir : Terry Castle, The Female Thermometer: Eighteenth-Century Culture and the Invention of the Uncanny, New York, Oxford University Press, 1995, pp. 21-43)) Cette représentation de la foi aveugle frôlant l’hystérie, tournée en dérision par un artiste rationaliste, a été décrite comme « un royaume de raison tourmentée […] avec son air de messe noire fiévreuse ». ((Jenny Uglow, Hogarth: a Life and a World, Londres, Faber & Faber, 1997, p. 649.))

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