Daniele da Volterra

Daniele Ricciarelli (Volterra, 1509 – Rome, 1566), plus connu sous le nom de Daniele da Volterra : peintre et sculpteur florentin de la Renaissance tardive, connu notamment pour sa participation à l’œuvre de Michel-Ange, dont il fut l’élève et l’ami. Plusieurs des œuvres importantes de lui se basent sur des dessins de Michel-Ange.

Après la mort de celui-ci, et à l’issue du concile de Trente, c’est Daniele qui, à la demande de Charles Borromée, fut chargé de dissimuler sous des repeints la nudité, dorénavant jugée obscène, des personnages du Jugement dernier [1]Cette tâche lui valu le surnom comique dont il fut affublé : Il Braghettone (littéralement : le « faiseur de culottes ».. L’intervention de l’artiste fut néanmoins relativement discrète. Daniele se limita à l’ajout de pans de tissus fluides sur certaines figures, en utilisant la technique de la tempéra à sec afin de ne pas affecter l’œuvre de manière irréparable [2]L’intervention de Daniele da Volterra sauva le Jugement dernier de la fureur destructrice du clergé post-tridentin car beaucoup auraient voulu détruire complètement l’un des héritages les plus significatifs de l’art universel. Le travail pudibond de Daniele fut interrompu à la mort de Pie IV, l’échafaudage utilisé pour effectuer cette tâche ayant été retiré à … Poursuivre. Cependant, les deux figures de saint Blaise et sainte Catherine d’Alexandrie étaient au centre des critiques les plus scandalisées de l’époque en raison de leur attitude relative [3]Représentée au jour du Jugement dernier, sainte Catherine était peinte par Michel-Ange dans sa nudité biblique, tout comme saint Blaise, que l’on pouvait voir accroupi derrière elle, dans une situation à travers laquelle certains voulurent voir une relation obscène., laquelle, pour la tartuferie ambiante, pouvait évoquer un acte de copulation. Une lettre adressée au Pape permet de comprendre le ton des commentaires les concernant : « Per meglio fare le persone ridere, l’ha fatta chinare [santa Caterina] dinanzi a san Biagio con atto poco onesto, il quale, standole sopra coi pettini, par che gli minacci che stia fissa, et ella si rivolta a lui in guisa che dice \”che farai?\” o simil cosa. » [4]« Pour mieux faire rire les gens, il [Michel-Ange] la fit [sainte Catherine] se pencher devant saint Blaise dans une attitude peu honnête, lequel Blaise, se tenant au-dessus d’elle avec ses peignes, semble la menacer en la regardant fixement, et elle se tourne vers lui de manière à dire ‘que vas-tu faire ?’ ou quelque chose de semblable. » Le couple de figures fut traité différemment lors de cette intervention par ailleurs relativement respectueuse de l’œuvre de Michel-Ange. Pour couper court aux interprétations sulfureuses, il ne suffit pourtant pas de recouvrir ces deux nus de vêtements, il fallait encore modifier la position des personnages. Aussi, l’intonaco fut refait en différents endroits pour permettre de repeindre à fresque la sainte vêtue d’une robe (sa tête, ses bras ainsi que l’énorme roue de son martyre furent épargnés), et de rhabiller saint Blaise, que l’on ne voit dorénavant plus penché vers Catherine, comme on peut le voir dans la copie du Jugement dernier peinte par Marcello Venusti [5]Marcello Venusti, Copia del Giudizio universale di Michelangelo, 1549. Naples, Museo nazionale di Capodimonte., mais tournant très dévotement son regard vers le Christ Juge.

Notes

Notes
1 Cette tâche lui valu le surnom comique dont il fut affublé : Il Braghettone (littéralement : le « faiseur de culottes ».
2 L’intervention de Daniele da Volterra sauva le Jugement dernier de la fureur destructrice du clergé post-tridentin car beaucoup auraient voulu détruire complètement l’un des héritages les plus significatifs de l’art universel. Le travail pudibond de Daniele fut interrompu à la mort de Pie IV, l’échafaudage utilisé pour effectuer cette tâche ayant été retiré à la hâte en vue de préparer l’élection du nouveau pape.
3 Représentée au jour du Jugement dernier, sainte Catherine était peinte par Michel-Ange dans sa nudité biblique, tout comme saint Blaise, que l’on pouvait voir accroupi derrière elle, dans une situation à travers laquelle certains voulurent voir une relation obscène.
4 « Pour mieux faire rire les gens, il [Michel-Ange] la fit [sainte Catherine] se pencher devant saint Blaise dans une attitude peu honnête, lequel Blaise, se tenant au-dessus d’elle avec ses peignes, semble la menacer en la regardant fixement, et elle se tourne vers lui de manière à dire ‘que vas-tu faire ?’ ou quelque chose de semblable. »
5 Marcello Venusti, Copia del Giudizio universale di Michelangelo, 1549. Naples, Museo nazionale di Capodimonte.

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