Peter Leopold von Habsburg-Lothringen ou Pietro Leopoldo I di Toscana ou Pierre-Léopold de Habsbourg-Lorraine (Schönbrunn [près de Vienne], 1747 – Vienne, 1792) : archiduc d’Autriche, troisième fils de Marie-Thérèse d’Autriche, impératrice, reine de Hongrie et de Bohême, et de François-Étienne de Lorraine, grand-duc François III de Toscane et empereur des Romains sous le nom de François 1er. [1]Pierre-Léopold est aussi le frère de Marie-Antoinette, reine de France. Il est grand-duc de Toscane (1765-1790) sous le nom de Leopoldo I [2]À la mort de son frère aîné, Charles, en 1761, il fut déclaré héritier du Grand-Duché de Toscane, lequel, selon les accords signés avec la Maison de Médicis, était destiné à un fils cadet, c’est-à-dire en apanage du fils aîné du Grand-Duc régnant (François Ier). Ce changement de conditions imposa le mariage, le 5 août 1765, avec l’infante Marie-Louise de … Poursuivre, puis empereur des Romains, roi apostolique de Hongrie, roi de Bohême (1790–1792) sous celui de Léopold II.
Contrairement à François-Étienne, premier grand-duc de Toscane issu de la famille de Habsbourg-Lorraine, son prédécesseur et père, il s’installa à Florence et lança avec zèle un vaste programme de réformes, transformant un État marginal parmi les puissances européennes en un pays moderne et avant-gardiste à bien des égards. Il fut un exemple de « dirigeant éclairé » et ses réformes demeurent caractérisées par une propension à des fins pratiques. C’est lui qui, en 1766, il déclara éteintes les anciennes divisions d’origine féodale, telles le Nuovo Stato (Nouvel État de Sienne), et les remplaça par quatre nouvelles entités administratives appelées provinces (de Florence, de Pise, de la Haute-Sienne et de la Basse-Sienne).
La transformation du système fiscal fut entreprise dès les premières années de son règne et en 1769 le contrat général fut aboli et la collecte directe des impôts commença. Le souverain se montra cependant hésitant entre la politique de Tavanti, qui jusqu’en 1781, à travers le cadastre, entendait saisir la propriété foncière comme mesure d’imposition et, après la mort de Tavanti en 1781, celle de Francesco Maria Gianni, son principal collaborateur à partir de ce moment, qui conçut un plan pour éliminer la dette publique à travers la vente des droits fiscaux que l’État avait sur les terres de ses sujets. Nous serions alors passés à un système fondé exclusivement sur la fiscalité indirecte ; cette opération, commencée en 1788, ne fut pas achevée en 1790 lorsque Léopold devint empereur.
Il réforma certains aspects de la législation toscane mais son projet majeur, la rédaction d’un nouveau code, que Pompeo Neri était censé réaliser, ne fut pas achevé en raison de la mort de Neri, tandis que les projets constitutionnels ne furent pas suivis en raison de son départ pour Vienne.
Dans le domaine ecclésiastique, Pierre Léopold s’inspire des principes du giurisdizionalismo, politique de l’État visant à étendre la juridiction et le contrôle sur la vie et l’organisation des Églises, c’est-à-dire de cette structure juridique parallèle représentée par les droits et privilèges ecclésiastiques, supprimant les couvents et abolissant les liens de mainmorte. De plus, sur le plan religieux, la Toscane se tourna vers le jansénisme, représenté par l’évêque de Pistoia Scipione de’ Ricci, à qui le Grand-Duc lui fit organiser un synode à Pistoia en 1786 afin de réformer l’organisation ecclésiastique toscane selon les principes jansénistes.
La réforme la plus importante introduite par Pietro Leopoldo fut l’abolition des derniers vestiges juridiques médiévaux : d’un seul coup, il abolit le crime de haute trahison, la confiscation des biens, la torture et, surtout, la peine de mort grâce au lancement du nouveau code pénal de 1786 (qui prendra le nom de Réforme pénale toscane ou léopoldine). La Toscane sera ainsi le premier État au monde à abolir la peine de mort, en adoptant les principes des Lumières, dont Cesare Beccaria fut le héraut par le biais de son traité intitulé Dei delitti e delle pene (Des crimes et des peines), texte dans lequel il mène une analyse politique et juridique contre la peine de mort et la torture sur la base de la raison et du pragmatisme utilitariste.
Notes
| 1↑ | Pierre-Léopold est aussi le frère de Marie-Antoinette, reine de France. |
|---|---|
| 2↑ | À la mort de son frère aîné, Charles, en 1761, il fut déclaré héritier du Grand-Duché de Toscane, lequel, selon les accords signés avec la Maison de Médicis, était destiné à un fils cadet, c’est-à-dire en apanage du fils aîné du Grand-Duc régnant (François Ier). Ce changement de conditions imposa le mariage, le 5 août 1765, avec l’infante Marie-Louise de Bourbon-Espagne (1745-1792), fille de Charles III d’Espagne et de Marie-Amélie de Saxe. À la mort de son père François Ier (18 août 1765), il lui succède comme régent du Grand-Duché sous le nom de Pietro Leopoldo. |
