François Antoine Étienne de Lorraine (Lunéville [duché de Lorraine], 1708 – Innsbruck [Saint-Empire romain germanique], 1765) : fils et successeur de Léopold de Lorraine (1679 – 1729) et d’Élisabeth Charlotte d’Orléans (1676 – 1744) [1]Élisabeth Charlotte d’Orléans (Saint-Cloud, 1676 – Commercy, 1744) : fille de Philippe, duc d’Orléans, dit Monsieur (frère du roi Louis XIV), et d’Élisabeth Charlotte de Bavière (Heidelberg, 1652 – Saint-Cloud, 1722), princesse Palatine, son épouse, dite Madame., grand-duc de Toscane (de 1737 jusqu’à sa mort) sous le nom de Francesco III [2]Avec le mariage de Marie-Thérèse et de François-Étienne naît la dynastie impériale des Habsbourg-Lorraine, dont la branche cadette gouverne le Grand-Duché de Toscane jusqu’à sa disparition en 1860. et empereur des Romains (de son élection en 1745 jusqu’à sa mort) sous le nom de François Ier [3]Bien qu’il soit empereur en titre depuis son élection en 1745, c’est son épouse Marie-Thérèse qui dirige les États du Saint-Empire ; à sa demande, François-Étienne s’implique surtout à consolider les finances de la famille. Le couple impérial aura seize enfants, dont les plus connus sont la reine de France Marie-Antoinette, épouse … Poursuivre.
Troisième dans l’ordre de succession au duché de Lorraine, ce petit-neveu maternel de Louis XIV par sa grand-mère, voit son destin changer au décès de ses frères aînés. En 1729, François-Étienne devient duc de Lorraine et de Bar, sous le nom de François III, et également duc de Teschen. En 1732, il est nommé vice-roi de Hongrie par l’empereur Charles VI [4]Charles de Habsbourg, dit Charles VI (Vienne (Autriche), 1685 – 1740) : roi de Bohême (1711), roi de Hongrie (1711), archiduc d’Autriche (1711) puis empereur élu du Saint-Empire romain germanique (1711)., de la maison d’Autriche, qui l’a élevé comme son fils à la cour de Vienne. Enfin, en 1736, François-Étienne épouse la fille et héritière de Charles VI au trône impérial, l’archiduchesse Marie-Thérèse, fondant la maison de Habsbourg-Lorraine.
En 1737, il abandonne à contre-cœur les États lorrains à la demande de Charles VI, qui envisage de les donner au roi de Pologne déchu, Stanislas Leczinski. En compensation, François-Étienne reçoit le titre de grand-duc de Toscane et règne sous le nom de Francesco (François) III [5]Le premier grand-duc de la dynastie lorraine reçoit l’investiture de Toscane par diplôme impérial le 24 janvier 1737.. Destiné à seconder son épouse à la tête de la monarchie des Habsbourg (d’abord corégent, puis élu empereur du Saint-Empire romain germanique en 1745), il confie le gouvernement de la Toscane à une régence présidée par Marc de Beauvau, prince de Craon [6]Marc de Beauvau (Nancy, 1676 – Haroué, 1754) : marquis de Beauvau, prince de Craon et du Saint-Empire, marquis d’Haroué et de Craon, grand connétable de Lorraine, grand d’Espagne, et vice-roi de Toscane. Il est chargé de négocier et d’organiser le mariage du duc François, devenu grand-duc de Toscane, avec l’archiduchesse Marie-Thérèse d’Autriche, … Poursuivre, et n’y effectue qu’une seule visite (1739). La Toscane, devenue fief de droit et de fait de l’empire, est dès ses débuts l’objet d’une préoccupation politique et économique de la cour de Vienne. Le mécénat renommé des Médicis cesse brusquement : le nouveau grand-duc, héritant des vastes propriétés des Médicis, prend possession des collections accumulées au fil des siècles. À l’occasion de l’unique visite de François-Étienne à Florence, de nombreuses œuvres d’art des palais des Médicis sont transférées à Vienne. Cela suscite l’indignation des Florentins qui se considèrent eux-mêmes comme des héritiers légitimes, et de l’électrice princesse palatine Anna Maria [7]Anne-Marie-Louise de Médicis (Florence, 1667 – 1743) : fille de Cosme III de Médicis et de Marguerite-Louise d’Orléans, et femme de Johann Wilhelm von Pfalz-Neuburg, prince-électeur du Palatinat. Elle est la dernière des Médicis. qui, à sa mort, laisse ses biens et ses collections à la ville de Florence, formant ainsi le premier noyau de la Galerie Palatine [8]La Galerie Palatine, située dans les salons du palais Pitti, à Florence, conserve une partie des œuvres de l’immense patrimoine médicéen qui ne pouvait être exposée aux Offices pour des raisons d’espace, à l’exception des œuvres du début de la première période de la Renaissance jusqu’aux premières années du XVIe siècle..
Notes
| 1↑ | Élisabeth Charlotte d’Orléans (Saint-Cloud, 1676 – Commercy, 1744) : fille de Philippe, duc d’Orléans, dit Monsieur (frère du roi Louis XIV), et d’Élisabeth Charlotte de Bavière (Heidelberg, 1652 – Saint-Cloud, 1722), princesse Palatine, son épouse, dite Madame. |
|---|---|
| 2↑ | Avec le mariage de Marie-Thérèse et de François-Étienne naît la dynastie impériale des Habsbourg-Lorraine, dont la branche cadette gouverne le Grand-Duché de Toscane jusqu’à sa disparition en 1860. |
| 3↑ | Bien qu’il soit empereur en titre depuis son élection en 1745, c’est son épouse Marie-Thérèse qui dirige les États du Saint-Empire ; à sa demande, François-Étienne s’implique surtout à consolider les finances de la famille. Le couple impérial aura seize enfants, dont les plus connus sont la reine de France Marie-Antoinette, épouse de Louis XVI, et les empereurs Joseph II (*) et Léopold II du Saint-Empire. (**)
(*) Joseph de Habsbourg-Lorraine (Vienne, 1741 – 1790) : fils aîné de François de Lorraine et de Marie-Thérèse d’Autriche, empereur du Saint-Empire romain germanique sous le nom de Joseph II, de 1765 à 1790, année de sa mort. Il est élu empereur des Romains à la mort de son père en 1765 et devient, avec sa mère, corégent des possessions héréditaires des Habsbourg d’Autriche, dont il hérite à la mort de cette dernière en 1780. |
| 4↑ | Charles de Habsbourg, dit Charles VI (Vienne (Autriche), 1685 – 1740) : roi de Bohême (1711), roi de Hongrie (1711), archiduc d’Autriche (1711) puis empereur élu du Saint-Empire romain germanique (1711). |
| 5↑ | Le premier grand-duc de la dynastie lorraine reçoit l’investiture de Toscane par diplôme impérial le 24 janvier 1737. |
| 6↑ | Marc de Beauvau (Nancy, 1676 – Haroué, 1754) : marquis de Beauvau, prince de Craon et du Saint-Empire, marquis d’Haroué et de Craon, grand connétable de Lorraine, grand d’Espagne, et vice-roi de Toscane. Il est chargé de négocier et d’organiser le mariage du duc François, devenu grand-duc de Toscane, avec l’archiduchesse Marie-Thérèse d’Autriche, conclu le 12 février 1736 au terme d’arrangements dynastiques qui amenèrent le rattachement de la Lorraine à la France. Le grand-duc François (II), désormais gendre de Charles VI et bientôt empereur lui-même, laisse l’administration de son nouvel État à Marc de Beauvau, avec le titre de vice-roi. |
| 7↑ | Anne-Marie-Louise de Médicis (Florence, 1667 – 1743) : fille de Cosme III de Médicis et de Marguerite-Louise d’Orléans, et femme de Johann Wilhelm von Pfalz-Neuburg, prince-électeur du Palatinat. Elle est la dernière des Médicis. |
| 8↑ | La Galerie Palatine, située dans les salons du palais Pitti, à Florence, conserve une partie des œuvres de l’immense patrimoine médicéen qui ne pouvait être exposée aux Offices pour des raisons d’espace, à l’exception des œuvres du début de la première période de la Renaissance jusqu’aux premières années du XVIe siècle. |
