Priore (Prieur)

Si le Priore est bien le supérieur d’un monastère ou d’un couvent, le titre de prieur fut parfois également donné au début de la période communale à l’un des consuls qui apparaissait comme chef du consulat (prior consulum). Dans ce cas, il s’agissait toutefois d’une désignation temporaire [1]A Sienne, un Governo dei Priori (Gouvernement des prieurs) a dirigé les affaires de l’Etat à quatre reprises (1385 – 1399, 1404 – 1480, 1482 – 1487 et 1525 – 1548). ; le titre fut en revanche donné de façon permanente aux dirigeants de certaines municipalités comme Florence à la suite des réformes apportées à la constitution municipale dans les années 1282-1283. Ces prieurs étaient à l’origine les représentants des plus importantes corporations commerciales et industrielles, les Arti (arts ou guildes). Les chefs des Arti exerçaient déjà depuis longtemps une influence notable sur les délibérations de la municipalité : en 1250, après la victoire des Gibelins, se forma le « peuple », qui virent les marchands et les artisans réunis en un corps politique avec leurs propres chefs, les anciens, et un capitaine qui était à la tête de la partie militaire, à qui on donna le nom de « défenseur des arts et du peuple » ; mais en juin 1282, les trois prieurs des arts furent effectivement placés à la tête de la municipalité. Ils ont été choisis, l’un dans l’art de Calimala, l’un parmi les changeurs d’argent ou les banquiers, l’un dans l’art de la laine. Quelques mois plus tard, le nombre de prieurs fut doublé, les faisant correspondre aux sestieri (quartiers) de la ville, et les arts qui participèrent à la nomination devinrent sept, puis quatorze et enfin vingt et un. Le nombre de six prieurs resta inchangé à Florence jusqu’en 1432, date à laquelle il fut porté à huit, correspondant aux quatre quartiers dans lesquels la ville était divisée. Les prieurs recevaient le nom de seigneurs et ils constituaient, avec le gonfalonier de justice, la seigneurie. La nomination des prieurs était confiée à une commission composée des prieurs sortants, des chefs ou capitudini des arts et de quelques citoyens supplémentaires, appelés arroti. Avec les ordonnances de justice de 1293, l’interdiction de choisir les prieurs parmi les grands fut confirmée ; ils devaient être inscrits dans un art et le pratiquer. Comme on le sait, Dante Alighieri, qui était prieur, était inscrit à l’art des médecins et des apothicaires. De même, il était interdit qu’il y ait plus d’un prieur du même sestiere de la ville, ou du même art, ou de la même famille. Les prieurs, appelés seigneurs, constituaient le gouvernement de la commune qui pour cette raison était définie comme seigneurie (d’où le nom de Palazzo della Signoria).

Le terme Priore est encore utilisé aujourd’hui pour désigner la personne responsable d’une confrérie, association de croyants qui poursuivent habituellement des buts charitables ou religieux. Dans ce cas, le Prieur est un laïc ; il a pour tâche de surveiller le travail effectué par l’administration, d’assister et vérifier que tout se passe bien lors des exhumations dans les chapelles des cimetières de la confrérie, de prendre des décisions importantes et décisives dans des situations de désaccord, de participer aux réunions de la curie pour les décisions diocésaines.

Enfin, le nom de priore est également donné à la personne qui gouverne la contrada tout au long de l’année, supervisant ses activités et ses événements. 

Notes

Notes
1 A Sienne, un Governo dei Priori (Gouvernement des prieurs) a dirigé les affaires de l’Etat à quatre reprises (1385 – 1399, 1404 – 1480, 1482 – 1487 et 1525 – 1548).

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