Cottabe (kottabos)

Le cottabe [1]En gr. ancien : κότταϐος / kóttabos : étymologie obscure (Pierre Chantraine, Dictionnaire étymologique de la langue grecque, Paris, Klincksieck, 1999). Le terme désigne aussi bien le jeu lui-même que la cible à atteindre durant le jeu. ou kottabos était, en Grèce antique et en Étrurie, un jeu d’adresse, sans doute le plus célèbre des jeux de banquet, pratiqué lors des symposia ou encore dans les établissements de bains. Intervenant une fois le symposium entamé, le jeu du kottabe consistait à projeter d’un geste habile et maîtrisé les dernières gouttes de vin d’une coupe plate (kylix) sur une cible prédéfinie.

À l’origine, on versait le reste de sa coupe de vin en invoquant la personne aimée. Par la suite, la pratique se transforma en jeu : l’objectif devint alors de lancer le reste de vin dans un bassin posé par terre ou sur une table, toujours en prononçant le nom d’une personne aimée. Si les gouttes de liquide atteignaient effectivement la coupe, il s’agissait d’un heureux présage. En outre, le gagnant au cottabe remportait souvent un petit lot : œuf, pomme, gâteau, coupe [2]Anacréon (*) préservé par Athénée (**), Les Deipnosophistes (***), 666 a-f, 667 d et 668 c-d. En ligne : https://remacle.org/bloodwolf/erudits/athenee/intro.htm. (*) Anacréon (Téos [Ionie], v. -550 – v. -464) : l’un des plus grands poètes lyriques grecs avec Alcée de Mytilène, Archiloque de Paros et Sappho (Mytilène [Lesbos], … Poursuivre, voire un baiser [3]Athénée, 666 d.

Euphronios, Amphore. Musée du Louvre, Département des Antiquités grecques, étrusques et romaines. [4]Voir : Euphronios, Amphore. Musée du Louvre, Département des Antiquités grecques, étrusques et romaines.

Le jeu se pratiquait en tenant l’une des anses d’une kylix par un ou deux doigts, les autres doigts étant arrondis « à la manière des joueurs de flûte » [5]Athénée, Les Deipnosophistes, 667 a. Le poignet étant plié [6]Antiphane préservé par Athénée, 667 c., le lancer se faisait par rotation de ce dernier plutôt que par mouvement du bras entier, comme pour le lancer du javelot [7]« ὑγρῶς / hygrỗs » (Athénée, 479 e).. L’adresse ne suffisait pas : il était important de réussir un lancer souple [8]« ἀγκυλητός / ankulêtós » (Athénée, 667 c)., de bonne tenue [9]« εὐσχημόνως / euskêmónôs » (scholie de Lucien, Lexiphane [3])., pour tout dire beau. [10]« καλῶς / kalỗs » (Athénée, 782 c).

« Au cours de cette pratique, source d’émulations entre les buveurs, le vin, médiateur de sociabilité, est à la fois la modalité et l’instrument du jeu, tandis que la vaisselle de banquet est détournée de son usage premier. » [11]Alexandra ATTIA, « Jouer au banquet : le kottabe au féminin en Grande Grèce », Clio, 56, 2022, mis en ligne : https://journals.openedition.org/clio/22861 Très populaire aux Ve et VIe siècles av. J.-C., il passe ensuite de mode.

Notes

Notes
1 En gr. ancien : κότταϐος / kóttabos : étymologie obscure (Pierre Chantraine, Dictionnaire étymologique de la langue grecque, Paris, Klincksieck, 1999). Le terme désigne aussi bien le jeu lui-même que la cible à atteindre durant le jeu.
2 Anacréon (*) préservé par Athénée (**), Les Deipnosophistes (***), 666 a-f, 667 d et 668 c-d. En ligne : https://remacle.org/bloodwolf/erudits/athenee/intro.htm.

(*) Anacréon (Téos [Ionie], v. -550 – v. -464) : l’un des plus grands poètes lyriques grecs avec Alcée de Mytilène, Archiloque de Paros et Sappho (Mytilène [Lesbos], VIIe et VIe siècles av. J.-C.). Il fut surnommé « Le chantre de Téos » et « Le vieillard de Téos »
(**) Athénée de Naucratis (Naucratis [Égypte], v. 170) : grammairien grec, érudit, auteur des Deipnosophistes, compilation d’anecdotes et de citations d’auteurs antiques dont les œuvres souvent perdues, portent sur l’univers culinaire, matériel et social du symposium, ce qui en fait une source de premier plan (Pierre-Emmanuel Douzat, Marie-Laurence Desclos, Silvia Milanezi et Jean-Francois Pradeau, Guide de poche des auteurs grecs et latins, Clamecy, Les belles lettres, 2011, p. 56-57).
(***) Le Banquet des sophistesLe Banquet des sages ou Les Deipnosophistes (en gr. ancien Δειπνοσοφισταί, soit en forme latinisée Deipnosophistae). L’ouvrage, écrit à Rome au IIIe siècle (v. 228) par l’érudit et grammairien grec Athénée de Naucratis, comprend quinze livres au cours desquels le narrateur, Athénée, raconte à un interlocuteur nommé Timocrate les conversations échangées au cours d’un fameux banquet donné par le riche P. Livius Larensis, où les nombreux convives, fin lettrés, discutent de sujets variés. Ces convives sont aussi bien des auteurs contemporains que d’illustres disparus, parmi lesquels Platon, Plutarque, Galien,… Timocrate lui-même ne s’exprime qu’une seule fois, au début du livre I, mais Athénée s’adresse à lui au début et à la fin de la plupart des quinze livres.

3 Athénée, 666 d.
4 Voir : Euphronios, Amphore. Musée du Louvre, Département des Antiquités grecques, étrusques et romaines.
5 Athénée, Les Deipnosophistes, 667 a.
6 Antiphane préservé par Athénée, 667 c.
7 « ὑγρῶς / hygrỗs » (Athénée, 479 e).
8 « ἀγκυλητός / ankulêtós » (Athénée, 667 c).
9 « εὐσχημόνως / euskêmónôs » (scholie de Lucien, Lexiphane [3]).
10 « καλῶς / kalỗs » (Athénée, 782 c).
11 Alexandra ATTIA, « Jouer au banquet : le kottabe au féminin en Grande Grèce », Clio, 56, 2022, mis en ligne : https://journals.openedition.org/clio/22861

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