Plémochoé


Plémochoé, -550 / -525 (3e quart VIe s. av. J.-C.). Paris, Musée du Louvre, Département des Antiquités grecques, étrusques et romaines.

La plémochoé [1]Du grec ancien πλημοχόη / plémochoé (pluriel : plémochoai). est récipient rond de forme lenticulaire monté sur un pied haut, et muni d’un couvercle. [2]Ce couvercle est manquant dans le cas de la plémochoé reproduite ci-dessus. Il s’agit d’un vase qu’Athénée décrit très exactement comme ayant la forme d’une toupie [3]« C’est le nom d’un vase de terre fait en toupie, et qui ne tient pas trop bien sur son pied. Quelques-uns le nomment cotylisque, selon Pamphile. On s’en sert à Éleusis le dernier jour de la célébration des mystères, jour qui en a pris le nom de plemochoés, selon Pamphile, parce qu’on emplit alors deux conges qu’on élève, l’un à l’orient, … Poursuivre, et qui, d’après lui, « donnait son nom au dernier jour des Éleusinies [4]Les Mystères d’Éleusis ou Grandes Euleusinies, étaient célébrés dans la ville attique du même nom au mois de Boédromion (*). À cette occasion, des rituels religieux et des prières étaient pratiqués principalement dans le but de restaurer la fertilité de la terre et pour la récolte. Ces rituels étaient basés sur le mythe de la déesse grecque de l’agriculture, de la … Poursuivre, parce que, dans ce jour, on remplissait d’eau deux de ces vases, et que, debout, on versait le contenu de l’un vers l’orient, celui de l’autre vers l’occident, en prononçant des paroles mystérieuses ». [5]Alexandre Rizos Rangabé, « Mémoire sur trois inscriptions grecques inédites », dans Mémoires présentés par divers savants à l’Académie des inscriptions et belles-lettres de l’Institut de France. Première série, Sujets divers d’érudition. Tome 6, 2e partie, 1864. pp. 261-294. Mise en ligne : www.persee.fr/doc/mesav_0398-3587_1864_num_6_2_1042. Au quotidien, la plémochoé servait à contenir des liquides (notamment parfumés) dans les chambres à coucher des femmes. [6]Sur la poterie grecque antique, ces récipients sont principalement représentés en lien direct avec des femmes, essentiellement dans des scènes de mariage et de funérailles. Cependant, la forme spécifique (le cas échéant) à laquelle le terme plémochoé fait référence n’est pas tout à fait claire, car dans la littérature moderne, d’autres noms grecs anciens peuvent également être utilisés pour ce type de récipient, comme exaleiptron ou kóthón (bien que le terme exaleiptron soit préféré par les spécialistes à plemochoé ou kóthón [7]Toby Schreiber, Athenian Vase Construction: A Potter’s Analysis. Santa Monica, Getty Publications, 1999, p. 107 ; Beth Cohen. The Colors of Clay, Los Angeles, Getty Publications, 2006, p. 92.  La plémochoé (exaleiptron) a été produite dans la Grèce antique (principalement en Attique) de la fin du VIIe au début du IVe siècle av. J.-C. [8]Alexandra Alexandridou, The Early Black-Figured Pottery of Attika in Context, Leyde, Brill, 2010, p. 29.

Notes

Notes
1↑ Du grec ancien πλημοχόη / plémochoé (pluriel : plémochoai).
2↑ Ce couvercle est manquant dans le cas de la plémochoé reproduite ci-dessus.
3↑ « C’est le nom d’un vase de terre fait en toupie, et qui ne tient pas trop bien sur son pied. Quelques-uns le nomment cotylisque, selon Pamphile. On s’en sert à Éleusis le dernier jour de la célébration des mystères, jour qui en a pris le nom de plemochoés, selon Pamphile, parce qu’on emplit alors deux conges qu’on élève, l’un à l’orient, l’autre à l’occident ; puis on les vide en les renversant avec quelques paroles mystiques qu’on y joint. L’auteur du Pirithoüs, soit Critias, l’un des trente tyrans d’Athènes, soit Euripide, en fait ainsi mention : 

« Afin que nous versions en avant avec des paroles de bonne augure ces plemochoees dans cette ouverture de la terre. » ATHÉNÉE DE NAUCRATIS, « Des vases », Deipnosophistes, XI, 93 (496).

4↑ Les Mystères d’Éleusis ou Grandes Euleusinies, étaient célébrés dans la ville attique du même nom au mois de Boédromion (*). À cette occasion, des rituels religieux et des prières étaient pratiqués principalement dans le but de restaurer la fertilité de la terre et pour la récolte. Ces rituels étaient basés sur le mythe de la déesse grecque de l’agriculture, de la fertilité et de la récolte, Déméter, qui vint à Éleusis à la recherche de sa fille perdue Perséphone. Le dernier jour des Mystères d’Éleusis, appelé Plemochoai, la fête culminait devant le Télestérion (devant la « salle d’initiation »), où le prêtre, entre autres, effectuait le rituel consistant à verser de l’eau (le vin était tabou pendant cette fête) à partir de deux grandes plemochoai (les initiés plaçaient une plémochoé à l’est et l’autre à l’ouest du Télestérion.

(*) Boédromion est le troisième mois de l’année athénienne, correspondant à une partie de la période août-septembre pour certains, septembre-octobre pour d’autres.

5↑ Alexandre Rizos Rangabé, « Mémoire sur trois inscriptions grecques inédites », dans Mémoires présentés par divers savants à l’Académie des inscriptions et belles-lettres de l’Institut de France. Première série, Sujets divers d’érudition. Tome 6, 2e partie, 1864. pp. 261-294. Mise en ligne : www.persee.fr/doc/mesav_0398-3587_1864_num_6_2_1042.
6↑ Sur la poterie grecque antique, ces récipients sont principalement représentés en lien direct avec des femmes, essentiellement dans des scènes de mariage et de funérailles.
7↑ Toby Schreiber, Athenian Vase Construction: A Potter’s Analysis. Santa Monica, Getty Publications, 1999, p. 107 ; Beth Cohen. The Colors of Clay, Los Angeles, Getty Publications, 2006, p. 92. 
8↑ Alexandra Alexandridou, The Early Black-Figured Pottery of Attika in Context, Leyde, Brill, 2010, p. 29.

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