Ayon, aión ou aïon (translittération du grec Αἰών / ayon, aux acceptions multiples [1]Le terme aïon peut être traduit par siècle(s), monde, à jamais, destinée, âge, génération, ère, éternité, ou d’autres équivalents, selon le contexte.) est un terme qui figure 125 fois dans la Bible. Dans la philosophie antique, il s’agit de l’un des trois principaux concepts du temps, avec chronos, le temps linéaire ou continu, et kairos, le temps opportun [2]« La temporalité antique est complexe et met en jeu plusieurs notions : chronos, aiôn, aidion, kairos, horai… Il faut prendre Aristote comme référence, car il est le premier à avoir instauré une conception scientifique du temps (chronos). Il réduisit l’aiôn au temps du monde supralunaire, comme temps-de-vie qui ne cesse pas (préambule de la question de l’éternité), … Poursuivre [3]Le kairos, dans la Bible, est le moment choisi par Dieu pour l’accomplissement de son dessein, le moment particulier de l’action divine. Dans son éternité, Dieu ne connaît pas le chronos (c’est-à-dire le temps continu) mais bien le kairos, qui est le moment de son intervention dans le temps humain : la venue du Christ dans l’histoire humaine est le kairos par excellence.. Chez Gilles Deleuze, le concept d’aïon s’oppose à celui de chronos, qui est le temps de la succession matérielle et de l’action des corps, tandis que l’eôn est le temps de l’extra-temporalité non identifiable et non repérable. Cette extra-temporalité, n’est pas une éternité transcendentale. [4]Gilles Deleuze, Logique du sens, Paris, Les éditions de minuit, 1969, p. 76. Aïon est le temps de l’instant pur, de l’événement chez Deleuze, qui ne cesse de se diviser en passé et futur illimités. Il le compare aussi à l’éternel de Charles Péguy. Deleuze écrit que « toute la ligne de l’aïon est parcourue par l’instant, qui ne cesse de se déplacer sur elle et manque toujours à sa propre place. » [5]Gilles Deleuze, op. cit., p. 227.
Notes
| 1↑ | Le terme aïon peut être traduit par siècle(s), monde, à jamais, destinée, âge, génération, ère, éternité, ou d’autres équivalents, selon le contexte. |
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| 2↑ | « La temporalité antique est complexe et met en jeu plusieurs notions : chronos, aiôn, aidion, kairos, horai… Il faut prendre Aristote comme référence, car il est le premier à avoir instauré une conception scientifique du temps (chronos). Il réduisit l’aiôn au temps du monde supralunaire, comme temps-de-vie qui ne cesse pas (préambule de la question de l’éternité), à côté du mouvement continu et du temps perpétuel (aidion). En outre, il situa le kairos du côté de l’activité humaine et de l’action, au sens de « temps propice », alors qu’auparavant, cette notion concernait également le temps des événements, y compris l’engendrement dans la nature, à côté du temps propre aux saisons (horai). » Lambros COULOUBARITSIS, « Le statut philosophique du kairos », dans Diotime. Revue internationale sur les pratiques et la didactique de la philosophie, 67 (2016), p. 1. |
| 3↑ | Le kairos, dans la Bible, est le moment choisi par Dieu pour l’accomplissement de son dessein, le moment particulier de l’action divine. Dans son éternité, Dieu ne connaît pas le chronos (c’est-à-dire le temps continu) mais bien le kairos, qui est le moment de son intervention dans le temps humain : la venue du Christ dans l’histoire humaine est le kairos par excellence. |
| 4↑ | Gilles Deleuze, Logique du sens, Paris, Les éditions de minuit, 1969, p. 76. |
| 5↑ | Gilles Deleuze, op. cit., p. 227. |
