Bartolomeo di Tommè ou Bartolomeo di Tommè di ser Giannino, dit Pizzino [1]Vittorio Lusini (*) a noté que ce surnom (Pizzino), probable déformation de piccino (tout petit), était sans doute dû à la petite taille du personnage.
(*) Vittorio LUSINI, La cronisca di Bindino da Travale, 1315-1416, Sienne, Seeber, 1900, p. 176 n. 3). (Sienne, documenté de 1367 à 1404) : orfèvre [2]Un calice conservé au Musée des Beaux-Arts de Lyon est l’unique témoignage connu de cette activité artistique. Voir Bartolomeo di Tommè, Calice. Lyon, Musée des Beaux-Arts. et sculpteur (peut-être collaborateur d’Ugolino di Vieri) auquel furent confiées des commissions de grand prestige [3]« Pizzino semble avoir été l’un des orfèvres les plus célèbres de son temps. Le chroniqueur Bindino da Travale en fait une sorte de parangon, dont le nom apparait à plusieurs reprises lorsqu’il s’agit de louer la qualité de telle ou telle pièce d’orfèvrerie. (*) Il fut d’ailleurs appelé plusieurs fois en expertise : à Sienne même, pour les travaux du chœur … Poursuivre telle que celle, reçue entre 1376 et 1378, pour l’exécution, avec Mariano d’Agnolo Romanelli, de neuf statues d’apôtres destinées à la Cappella di Piazza, sur la place siennoise du Campo. [4]Elisabetta CIONI, « Bartolomeo di Tommè o di Tommaso di ser Giannino, detto ‘Pizzino’ (documentato dal 1367 al 1404) ». dans Da Jacopo della Quercia a Donatello. Le arti a Siena nel primo Rinascimento (cat. d’exp. Sienne), Milan, Federico Motta, 2010, pp. 621-622. En 1381, il réalisa quatre statues d’argent (aujourd’hui perdues) destinées à la Cathédrale et plus tard, en 1404, l’auréole de la statue de saint Pierre dont il était l’auteur, toujours pour l’Opera del Duomo.
Pizino apparait par ailleurs dans les documents d’archives siennois à propos de deux importantes commandes « officielles » : les statues de la Capella di Piazza et les figures d’argent destinées à orner le chœur de la Cathédrale. Dans les deux cas, il est associé à un autre orfèvre. La commande des statues de marbre représentant les douze apôtres devant prendre place dans les niches de la Capella di Piazza — chapelle édifiée contre le mur du Palais public à partir de 1352 pour accomplir un vœu fait pendant la Peste Noire – est assez bien connue ; un premier paiement fut versé en 1375-76 aux orfèvres Mariano d’Agnolo Romanelli et Bartolommeo di Tommé pour une statue de saint Pierre dont la commande est renouvelée le 31 juillet 1377 ; le 12 mars 1377 (1378 n.s.), huit autres figures furent demandées aux deux orfèvres. Quatre Apôtres furent encore commandés dans les années suivantes à d’autres artistes. [5]Le saint Matthieu fut commandé à Giovanni de la Pietra (1380), le saint Barthélémy encore en place à Lando di Stefano (1382), le saint André à Matteo d’Ambrogio (1384), et une figure non précisée à Giovanni di Turino (1426-1427).
Gaetano MILANESI, Documenti per la storia dell’arte senese, Sienne, O. Porri, 1854, n. 7, p. 81.
Parmi les six statues encore en place, cinq appartiennent à l’ensemble livré par Mariano d’Agnolo Romanelli et Pizino : les saints Pierre, Jacques le Majeur, Jacques le Mineur, Jean et Thomas ; la part de chacun dans l’exécution de ces œuvres est difficile à préciser ; les études récentes ont cependant tendance à donner à Mariano d’Agnolo Romanelli la place prépondérante : Enzo Carli et Alessandro Bagnoli ont en effet noté que ce dernier est toujours cité en premier dans les textes de commande, et que deux documents postérieurs à ceux qui viennent d’être mentionnés ne comportent que son nom : en 1379, il reçoit la livraison de deux blocs de marbre pour la réalisation « de deux figures », et en 1380 le paiement du saint Jean ». [6]Enzo CARLI, « Le sculture del coro del Duomo di Siena », Antichità Viva, XVIII (1978), n. 1, pp. 25-39 et n. 51, pp 38-39 ; Alessandro BAGNOLI, L’Art gothique siennois : enluminure, peinture, orfèvrerie, sculpture (cat. d’exp. Avignon, Musée du Petit Palais, 26 juin-2 octobre 1983), Florence, Centro Di, 1983, pp. 294-295.
Notes
| 1↑ | Vittorio Lusini (*) a noté que ce surnom (Pizzino), probable déformation de piccino (tout petit), était sans doute dû à la petite taille du personnage.
(*) Vittorio LUSINI, La cronisca di Bindino da Travale, 1315-1416, Sienne, Seeber, 1900, p. 176 n. 3). |
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| 2↑ | Un calice conservé au Musée des Beaux-Arts de Lyon est l’unique témoignage connu de cette activité artistique. Voir Bartolomeo di Tommè, Calice. Lyon, Musée des Beaux-Arts. |
| 3↑ | « Pizzino semble avoir été l’un des orfèvres les plus célèbres de son temps. Le chroniqueur Bindino da Travale en fait une sorte de parangon, dont le nom apparait à plusieurs reprises lorsqu’il s’agit de louer la qualité de telle ou telle pièce d’orfèvrerie. (*) Il fut d’ailleurs appelé plusieurs fois en expertise : à Sienne même, pour les travaux du chœur de la cathédrale, avant le 23 septembre 1378, puis à Pistoia, en 1379. » (***)
(*) Décrivant l’arche de Noé ou le trône du roi Ladislas de Naples, le chroniqueur indique que l’œuvre est supérieure « à celles que fit jamais Pizino de Sienne, qui travaillait d’or et d’argent ». Vittorio LUSINI, op. cit., pp. 176 et 186. |
| 4↑ | Elisabetta CIONI, « Bartolomeo di Tommè o di Tommaso di ser Giannino, detto ‘Pizzino’ (documentato dal 1367 al 1404) ». dans Da Jacopo della Quercia a Donatello. Le arti a Siena nel primo Rinascimento (cat. d’exp. Sienne), Milan, Federico Motta, 2010, pp. 621-622. |
| 5↑ | Le saint Matthieu fut commandé à Giovanni de la Pietra (1380), le saint Barthélémy encore en place à Lando di Stefano (1382), le saint André à Matteo d’Ambrogio (1384), et une figure non précisée à Giovanni di Turino (1426-1427). Gaetano MILANESI, Documenti per la storia dell’arte senese, Sienne, O. Porri, 1854, n. 7, p. 81. |
| 6↑ | Enzo CARLI, « Le sculture del coro del Duomo di Siena », Antichità Viva, XVIII (1978), n. 1, pp. 25-39 et n. 51, pp 38-39 ; Alessandro BAGNOLI, L’Art gothique siennois : enluminure, peinture, orfèvrerie, sculpture (cat. d’exp. Avignon, Musée du Petit Palais, 26 juin-2 octobre 1983), Florence, Centro Di, 1983, pp. 294-295. |
