Bible d’Alexandrie ou Septante

La Septante est la plus ancienne de toutes les versions des livres hébraïques : une version grecque, faite par des Juifs, à Alexandrie [1]La Bibliothèque d’Alexandrie a été le lieu privilégié où, probablement à la demande de Ptolémée II Philadelphe (309-248 av. J.-C.), la Bible hébraïque a été traduite en grec. Une autre tradition recherche l’origine de cette traduction dans les milieux juifs eux-mêmes résidant à Alexandrie, mais il semble que ces divers essais aient été regroupés et officiellement … Poursuivre, au cours des Ille et lle siècles avant notre ère. On l’appelle « Septante » parce qu’une légende l’a attribuée à 70 savants. Le fait que des Juifs aient traduit la Torah et les autres livres bibliques en grec implique que les Juifs eux-mêmes ne comprenaient plus aisément l’hébreu (à l’époque hellénistique, ils parlaient araméen et grec) et qu’une partie d’entre eux jugeaient opportun, et en même temps légitime, de rendre leurs textes sacrés dans la langue usuelle du monde au sein duquel ils vivaient. Cette version grecque de la Bible hébraïque, d’origine juive, revêt une autre importance, également considérable : au moment de la naissance du christianisme, elle constitua ce que les chrétiens appelèrent I’« Ancien Testament », alors qu’eux-mêmes rédigeaient ce qui devint le « Nouveau Testament » [2]Les Évangiles, comme on sait, ont été directement écrits en grec.. Au cours des quatre ou cinq premiers siècles, la version des Septante fut le texte biblique de référence pour les Eglises chrétiennes, sans recours à un original hébreu. La Septante était considérée en elle-même comme « divinement inspirée » [3]Clément d’Alexandrie avait la ferme conviction que ce texte, comme son original en hébreu, était d’inspiration divine (il constitue d’ailleurs la base de sa foi).. Lue et commentée dans sa littéralité grecque, elle a fourni aux chrétiens des citations, prises en association avec celles du Nouveau Testament, comme fondement de leurs doctrines, pour l’expression de leur piété, pour les formes de leur liturgie. Le christianisme ancien doit à la version juive de la Bible une bonne partie de son langage religieux.

Notes

Notes
1 La Bibliothèque d’Alexandrie a été le lieu privilégié où, probablement à la demande de Ptolémée II Philadelphe (309-248 av. J.-C.), la Bible hébraïque a été traduite en grec. Une autre tradition recherche l’origine de cette traduction dans les milieux juifs eux-mêmes résidant à Alexandrie, mais il semble que ces divers essais aient été regroupés et officiellement retraduits à la demande de Ptolémée II, dont on a pu dire : « sa curiosité pour la littérature des peuples étrangers convient bien au projet qui visait à réunir dans la Bibliothèque d’Alexandrie tous les chefs-d’œuvre de la littérature mondiale. » Joseph MÉLÈZE MODRZEJEWSKI, Les Juifs d’Égypte de Ramsès II à Hadrien (2º éd., revue et complétée), Paris, Presses Universitaires de France, 1997, p. 84.
2 Les Évangiles, comme on sait, ont été directement écrits en grec.
3 Clément d’Alexandrie avait la ferme conviction que ce texte, comme son original en hébreu, était d’inspiration divine (il constitue d’ailleurs la base de sa foi).

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