Denis de Paris

Denis, légendaire premier évêque de Paris (Lutèce) dont il est devenu le saint Patron, aurait converti les habitants de la ville au christianisme, ce qui lui valut d’être persécuté par les Romains, avant de subir le martyre par décapitation entre 250 et 272. [1]Il existe deux sources d’information concernant saint Denis. La première, situe le personnage au Ier siècle de notre ère et localise sa tombe à Catulliacus, actuelle ville de Saint-Denis. Cette source précise que, vers 475, Geneviève, elle aussi Patronne de Paris, fit construire sur sa tombe l’actuelle basilique de Saint-Denis. La deuxième source, due à Grégoire de Tours, … Poursuivre Vers 600, un martyrologe cite pour la première fois ses deux compagnons : le prêtre Eleuthère et le diacre Rustique. [2]Parallèlement, les premières Vies du saint identifient Denis, premier évêque de Paris, à Denys d’Athènes, converti par l’apôtre Paul sur la colline de l’Aréopage d’Athènes. Envoyé à Paris par le pape Clément Ier, Denis y aurait construit la première église. L’empereur Dèce, inquiet des nombreuses conversions, aurait ordonné une persécution au cours de laquelle Denis, Rustique et Eleuthère auraient subi de nombreux supplices avant d’être décapités au Mons Martyrum (« Mont des Martyrs »), l’actuel Montmartre selon l’une des origines de ce nom. [3]Une autre étymologie fait de Montmartre l’héritier du Mons Martis (« Mont de Mars », un temple dédié au dieu romain de la guerre y ayant été érigé. Denis aurait alors ramassé sa tête et, guidé par deux anges, serait parvenu jusqu’à Catulliacus, lieu situé à 6 km de là, où Catulla, une femme pieuse, l’aurait alors fait ensevelir dans un champ avec ses deux compagnons. L’hagiographie le fait mourir en martyr, sur le lieu même où s’élève aujourd’hui la basilique Saint-Denis. [4]Dès la mort du roi Dagobert, en 639, et jusqu’au XIXe siècle, l’abbatiale de Saint-Denis accueillit la sépulture des rois et reines de France.

Hilduin, abbé de Saint-Denis de 814 à 841 [5]Hilduin (…, entre 775 et 785 – Prüm, 840 ou entre 855 et 858) : chroniqueur et dignitaire ecclésiastique de la cour impériale carolingienne. Peut-être neveu d’Hildegarde (seconde épouse de Charlemagne et mère de Louis le Pieux [Cassinogilum, 778 – Ingelheim, 840]), il devient abbé de Saint-Denis, archichapelain impérial. Écrivain d’une certaine valeur, … Poursuivre, a puissamment transformé la figure de son saint Patron à travers la Passio sancti Dionysii qu’il rédigea entre 835 et 840. Non content de l’assimiler à Denys l’Aréopagite, moine promoteur intellectuel du mysticisme chrétien, il y accroît encore son prestige miraculeux en admettant les légendes du céphalophore.

Iconographie

Saint Denis est généralement représenté portant sa propre tête [6]C’est cela même qui fait de lui un saint céphalophore., le plus souvent coiffée de la mitre épiscopale. Au Portail de la Vierge de la Cathédrale Notre-Dame de Paris, il est entouré des deux anges qui l’auraient accompagné ainsi jusqu’au lieu de sa sépulture.

Notes

Notes
1 Il existe deux sources d’information concernant saint Denis. La première, situe le personnage au Ier siècle de notre ère et localise sa tombe à Catulliacus, actuelle ville de Saint-Denis. Cette source précise que, vers 475, Geneviève, elle aussi Patronne de Paris, fit construire sur sa tombe l’actuelle basilique de Saint-Denis. La deuxième source, due à Grégoire de Tours, donne Denis comme l’un des sept évêques missionnaires chargés de convertir la Gaule, et situe le martyr au temps de l’empereur Dèce (249-251). Ces informations, succinctes et contradictoires, ont favorisé le développement d’une légende visant à renforcer le prestige du saint en rapprochant celui-ci des premiers temps du christianisme.
2 Parallèlement, les premières Vies du saint identifient Denis, premier évêque de Paris, à Denys d’Athènes, converti par l’apôtre Paul sur la colline de l’Aréopage d’Athènes.
3 Une autre étymologie fait de Montmartre l’héritier du Mons Martis (« Mont de Mars », un temple dédié au dieu romain de la guerre y ayant été érigé.
4 Dès la mort du roi Dagobert, en 639, et jusqu’au XIXe siècle, l’abbatiale de Saint-Denis accueillit la sépulture des rois et reines de France.
5 Hilduin (…, entre 775 et 785 – Prüm, 840 ou entre 855 et 858) : chroniqueur et dignitaire ecclésiastique de la cour impériale carolingienne. Peut-être neveu d’Hildegarde (seconde épouse de Charlemagne et mère de Louis le Pieux [Cassinogilum, 778 – Ingelheim, 840]), il devient abbé de Saint-Denis, archichapelain impérial. Écrivain d’une certaine valeur, il fut chargé de traduire en latin les œuvres de Denys l’Aréopagite par son souverain qui, en 827, en avait reçu, une copie grecque de l’empereur Michel le Bègue (*). Hilduin écrivit aussi une Passio sancti Dionysii, où il s’abandonne aux légendes qui confondent l’Aréopagite avec le fondateur de son abbaye.

(*) Michel II l’Amorien (770 – 829), dit également Psellos (« le Bègue »), empereur byzantin de 820 à 829.

6 C’est cela même qui fait de lui un saint céphalophore.

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