Denys l’Aréopagite : Athénien dont le nom est mentionné au chapitre 17 des Actes des Apôtres [1]« À ces mots de résurrection des morts, les uns se moquaient, les autres disaient : « Nous t’entendrons là-dessus une autre fois. » C’est ainsi que Paul se retira du milieu d’eux. Quelques hommes cependant s’attachèrent à lui et embrassèrent la foi. Denys l’Aréopagite fut du nombre. Il y eut aussi une femme nommée Damaris, et d’autres avec … Poursuivre. Il a été confondu avec le Pseudo-Denys l’Aréopagite, un auteur du VIe siècle. [2]Au Moyen Âge, les vies de trois Denis ont été entremêlées. Ainsi, saint Denis, évêque de Paris (IIIe siècle), a été identifié à Denys l’Aréopagite, converti par saint Paul, devenu évêque d’Athènes, puis martyrisé vers l’an 95. C’est à lui que l’on a attribué des traités de théologie mystique, tels que le traité des Noms divins, celui de la Hiérarchie … Poursuivre Si l’on en croit l’auteur des Épîtres, Denys est un disciple de Paul et un ami de Jean qui fut présent aux funérailles de la Vierge Marie. D’après une tradition tardive, Denys l’Athénien et le premier évêque de Paris ne sont qu’un seul et même homme : « Paul étant venu à Athènes, Denys se convertit. Paul le baptisa et l’institua évêque d’Athènes. Plus tard, Denys reçut du pape Clément la mission d’aller prêcher l’Évangile en Gaule et pénétra jusqu’à Lutèce, ville des Parisii. » Dans son exposé sur la « première succession des apôtres », Eusèbe de Césarée rapporte lui aussi que ce même Denys fut le premier évêque de la cité d’Athènes. [3]« En outre, l’Aréopagite, qui s’appelle Denys […], un ancien, qui fut le pasteur de l’Eglise de Corinthe, rapporte qu’il fut le premier évêque de l’Eglise d’Athènes. »
EUSÈBE DE CÉSARÉE, Histoire ecclésiastique, III, 4.
« C’est dans le traité de la Hiérarchie céleste [4]DENYS L’ARÉOPAGITE, La Hiérarchie céleste, éd. et trad. René ROQUES, Gunther HEIL, Maurice de GANDILLAC, Paris, Cerf (Sources chrétiennes, 58), 1970. que se trouve énoncée la théorie des figures qui sont au-delà de toute figure sensible [5]La même théorie est développée pour les noms donnés à Dieu dans Les noms divins (Œuvres complètes, trad. Maurice de Gandillac, Paris, Aubier-Montaigne, 1980. 12. Il y a deux sortes d’images, écrit Denys l’Aréopagite : les images qui ressemblent à leur modèle, et les images qui dissemblent. Les premières sont « façonnées à la ressemblance de leur objet ». Dans les autres, « la fiction [est poussée] jusqu’au comble de l’invraisemblable et de l’absurde »13. Pour signifier les réalités transcendantes, les « similitudes dissemblantes » (l’expression revient à plusieurs reprises) sont donc préférables aux images qui semblent convenir à l’original. Ainsi, explique Denys, pour figurer la divinité dans ce qu’elle a de suressentiel, un ver de terre conviendra mieux qu’une figure d’or ou qu’un homme luminescent, magnifiquement drapé [6]DENYS L’ARÉOPAGITE, La Hiérarchie céleste, op. cit. II, 3, p. 77. 14. Et ceci pour deux raisons. En empruntant aux parties les plus viles ou vulgaires du monde sensible, choquant l’idée qu’on se fait des êtres supérieurs, les figures spirituelles ne risquent pas d’être prises pour des représentations véridiques. Ensuite, « les images empreintes d’altérité » incitent à s’élever « vers les archétypes immatériels », « à travers les apparences [7]Ibid., II, 3, p. 79 ; PG vol. 3, col. 141 A. « Les images déraisonnables élèvent mieux notre esprit que celles que l’on forge à la ressemblance de leur objet ». Gil BARTOLEYNS, « Si l’on a raison de figurer l’infigurable », Degrés (Revue de synthèse à orientation sémiologique), numéro double 145-146 (printemps-été 2011), pp. j1-j24). En ligne … Poursuivre. »
Notes
| 1↑ | « À ces mots de résurrection des morts, les uns se moquaient, les autres disaient : « Nous t’entendrons là-dessus une autre fois. » C’est ainsi que Paul se retira du milieu d’eux. Quelques hommes cependant s’attachèrent à lui et embrassèrent la foi. Denys l’Aréopagite fut du nombre. Il y eut aussi une femme nommée Damaris, et d’autres avec eux. » Ac 17, 32-34. |
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| 2↑ | Au Moyen Âge, les vies de trois Denis ont été entremêlées. Ainsi, saint Denis, évêque de Paris (IIIe siècle), a été identifié à Denys l’Aréopagite, converti par saint Paul, devenu évêque d’Athènes, puis martyrisé vers l’an 95. C’est à lui que l’on a attribué des traités de théologie mystique, tels que le traité des Noms divins, celui de la Hiérarchie céleste (*) ou encore la Théologie mystique, qui sont en réalité les œuvres d’un troisième Denis, un moine syrien du Ve siècle qualifié de Pseudo-Denys l’Aréopagite. Si aujourd’hui la distinction de ces trois hommes est entendue, leur histoire respective n’en forme plus qu’une dans la légende de saint Denis. La confusion en un seul et même saint de ces trois Denis perdura jusqu’au milieu du XXe siècle.
(*) La Hiérarchie céleste se donne pour objet de réfléchir sur les esprits célestes, considérés dans un ordre descendant, depuis les Séraphins jusqu’aux simples anges. Le résultat est un exemple accompli d’intégration audacieuse du néoplatonisme dans la théologie et la mystique chrétiennes. Le recours au symbolisme, qui accompagne la relecture de nombreux textes scripturaires, permet d’expliquer les différents niveaux de la hiérarchie angélique comme une échelle initiatrice qui donne à l’intelligence humaine, dans la contemplation, de s’assimiler à Dieu source de tout, et de goûter avec les anges une joie pure de toute passion. |
| 3↑ | « En outre, l’Aréopagite, qui s’appelle Denys […], un ancien, qui fut le pasteur de l’Eglise de Corinthe, rapporte qu’il fut le premier évêque de l’Eglise d’Athènes. »
EUSÈBE DE CÉSARÉE, Histoire ecclésiastique, III, 4. |
| 4↑ | DENYS L’ARÉOPAGITE, La Hiérarchie céleste, éd. et trad. René ROQUES, Gunther HEIL, Maurice de GANDILLAC, Paris, Cerf (Sources chrétiennes, 58), 1970. |
| 5↑ | La même théorie est développée pour les noms donnés à Dieu dans Les noms divins (Œuvres complètes, trad. Maurice de Gandillac, Paris, Aubier-Montaigne, 1980. |
| 6↑ | DENYS L’ARÉOPAGITE, La Hiérarchie céleste, op. cit. II, 3, p. 77. |
| 7↑ | Ibid., II, 3, p. 79 ; PG vol. 3, col. 141 A. « Les images déraisonnables élèvent mieux notre esprit que celles que l’on forge à la ressemblance de leur objet ».
Gil BARTOLEYNS, « Si l’on a raison de figurer l’infigurable », Degrés (Revue de synthèse à orientation sémiologique), numéro double 145-146 (printemps-été 2011), pp. j1-j24). En ligne sur la plateforme académique du Groupe Image (Hypothèses / Écoles des Hautes Études en Sciences Sociales) : https://imagemed.hypotheses.org/338 |
