Dans l’Italie médiévale, on appelle condotta (it. condotta : « conduite ») un « groupe de soldats mercenaires réunis autour d’un chef, le condottiere, en compagnie d’aventure, qui cherchent par contrat à faire fructifier leur excellente pratique des armes ». [1]Sophie CASSAGNES-BROUQUET et Bernard DOUMERC, Les Condottières, Capitaines, princes et mécènes en Italie (XIIIe-XVIe siècle), Paris, Ellipses, 2011. Les bandes armées qui se multiplient durant la première moitié du XIVe siècle en Italie prennent différentes formes : une condotta représente dans un premier temps une association temporaire d’aventuriers. Elle représente également des contingents de soldats engagés par une commune ou un seigneur à travers des contrats de longue durée (quatre ans ou sept ans renouvelables). Enfin, une condotta représente également une compagnie fondée sur un dispositif juridique et des institutions propres.
Dans la plupart des cas, une compagnie se forme en agglomérant différentes unités plus petites, parfois composées d’une dizaine de combattants seulement. Ces groupes de mercenaires trop peu nombreux pour avoir une importance militaire, se mettent au service d’un condottière en intégrant ses troupes. [2]Lorenzo TANZINI, Il Sangue e la Fortuna, Storie di condottieri nell’Italia del Rinascimento, Florence, Olimpia, 2011, p. On retrouve alors parfois des condottières, à la tête de leur compagnie, au service d’autres condottières. Ainsi, Galeazzo Boschetti [3]Galeazzo Boschetti (San Cesario sul Panaro [?], … – …, …) : mercenaire, « né à une date indéterminée, probablement à San Cesario sul Panaro, fief familial, fils du comte Albertino et de Diamante Castaldi. La première mention de lui remonte à 1502, lorsqu’il reçut en donation, avec ses frères, tous les biens de leur père, lequel, toutefois, en conserva … Poursuivre est présenté comme un condottière au service de Niccolò Fortebraccio [4]Niccolò Fortebraccio (Sant’Angelo in Vado, 1389 – Fiordimonte [Macerata], 1435) : membre le plus connu d’une famille de condottières italiens, fils de Jacopo, speziale (apothicaire) de Sant’Angelo in Vado, et de Stella, sœur de Braccio da Montone (*), duquel il a pris le nom de « Fortebraccio ». (*) Andrea Fortebracci, comte de Montone, dit Braccio … Poursuivre : « Entre-temps, il se trouva que Galeazzo Boschetti, chef de Niccolò Fortebraccio, vint comme son commissaire à Montefiascone et à toutes les terres que Nicolò détenait dans le Patrimoine [de Saint Pierre]. » [5]« Fra tanto avvenne che Galeazzo Boschetti, condottiero di Nicolò Fortebraccio, venne por commissario suo a Montefiascone e tutte le terre, che Nicolò teneva nel Patrimonio. » Niccola della TUCCIA, Cronache e statuti della città di Viterbo (Ignazio CIAMPI éd.), Florence, Coi tipi di M. Cellini E.C. (Documenti di storia italiana, vol. 5), 1872, p. 132.
Notes
| 1↑ | Sophie CASSAGNES-BROUQUET et Bernard DOUMERC, Les Condottières, Capitaines, princes et mécènes en Italie (XIIIe-XVIe siècle), Paris, Ellipses, 2011. |
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| 2↑ | Lorenzo TANZINI, Il Sangue e la Fortuna, Storie di condottieri nell’Italia del Rinascimento, Florence, Olimpia, 2011, p. |
| 3↑ | Galeazzo Boschetti (San Cesario sul Panaro [?], … – …, …) : mercenaire, « né à une date indéterminée, probablement à San Cesario sul Panaro, fief familial, fils du comte Albertino et de Diamante Castaldi. La première mention de lui remonte à 1502, lorsqu’il reçut en donation, avec ses frères, tous les biens de leur père, lequel, toutefois, en conserva l’usufruit. » Gaspare DE CARO, « Boschetti, Gian Galeazzo », dans Dizionario Biografico degli Italiani, 13 (1971). |
| 4↑ | Niccolò Fortebraccio (Sant’Angelo in Vado, 1389 – Fiordimonte [Macerata], 1435) : membre le plus connu d’une famille de condottières italiens, fils de Jacopo, speziale (apothicaire) de Sant’Angelo in Vado, et de Stella, sœur de Braccio da Montone (*), duquel il a pris le nom de « Fortebraccio ».
(*) Andrea Fortebracci, comte de Montone, dit Braccio da Montone (Pérouse, 1368 – L’Aquila, 1424) : chevalier et condottière, il sert successivement différents princes, et a pour rivaux Carlo I Malatesta (*) et Muzio Attendolo (fondateur de la famille Sforza), qu’il bat en plusieurs occasions. (*) Carlo I Malatesta (…, 1368 – Longiano, 1429) : seigneur de Rimini, Pesaro, Fano et Cesena. Condottière, il était le frère de Pandolfo III et Andrea Malatesta, avec lesquels il combattit en de nombreuses occasions. En 1385, il fut nommé Vicaire de la Romagne par le pape Urbain VI et, deux ans plus tard, Gonfalonier. |
| 5↑ | « Fra tanto avvenne che Galeazzo Boschetti, condottiero di Nicolò Fortebraccio, venne por commissario suo a Montefiascone e tutte le terre, che Nicolò teneva nel Patrimonio. » Niccola della TUCCIA, Cronache e statuti della città di Viterbo (Ignazio CIAMPI éd.), Florence, Coi tipi di M. Cellini E.C. (Documenti di storia italiana, vol. 5), 1872, p. 132. |
