Luca Giordano

Luca Giordano (Naples, 1634 – 1705) : peintre, il eut très tôt la réputation d’être l’un des artistes les plus virtuoses du XVIIe siècle européen. Fils d’un peintre modeste qui lui apprend les rudiments de l’art pictural en l’obligeant à dessiner des œuvres dans les églises et les galeries napolitaines, il se forme dès son plus jeune âge dans la tradition du naturalisme de Ribera dont il ne sort que très lentement, selon les termes d’Oreste Ferrari et de Giuseppe Scavizzi. [1]Oreste FERRARI, Giuseppe SCAVIZZI, Luca Giordano, Naples, Electa, 1966 (rééd. 1992). L’étude des grands maîtres, les voyages successifs dans d’autres régions d’Italie, en particulier à Rome et à Venise, lui permettent d’acquérir un style où fusionnent de multiples influences : Ribera, l’école vénitienne, Mattia Pretti et Rubens. Sa rapidité d’exécution ne tarde pas à lui valoir le surnom de « Luca fa presto » [2]« Luca qui va vite. ». Lorsqu’en 1692, il arrive en Espagne – il y restera dix ans – à l’invitation du roi Charles II [3]Carlos II von Habsburg (Madrid, 1661 – 1700) : fils de Philippe IV d’Espagne et de Marie-Anne d’Autriche, il devient, sous le nom de Carlos II, roi d’Espagne, des Indes, de Naples, de Sardaigne et de Sicile, duc de Bourgogne (*) et de Milan et souverain des Pays-Bas, de 1665 à 1700. (*) Après la mort de Charles … Poursuivre, qui a déjà acquis près de cent-cinquante œuvres de l’artiste, et lui a demandé de venir peindre les fresques du monastère de l’Escurial. Il y est précédé d’une immense réputation, fondée sur une admiration mêlée de curiosité. Cette admiration de la cour d’Espagne contraste avec l’évaluation de son œuvre par l’académisme néoclassique comme point de départ de la « corruption du goût » et du « déclin de la peinture espagnole », une évaluation héritera le XIXe siècle, comme le montre le fait qu’en 1877, dans l’inventaire post-mortem d’une importante collection particulière espagnole, Giordano est mentionné comme « décadent napolitain ». Il faudra attendre le début du XXe siècle pour que la technique et la valeur du peintre soient réévaluées.

œuvres visibles à Sienne et dans le pays siennois

Notes

Notes
1 Oreste FERRARI, Giuseppe SCAVIZZI, Luca Giordano, Naples, Electa, 1966 (rééd. 1992).
2 « Luca qui va vite. »
3 Carlos II von Habsburg (Madrid, 1661 – 1700) : fils de Philippe IV d’Espagne et de Marie-Anne d’Autriche, il devient, sous le nom de Carlos II, roi d’Espagne, des Indes, de Naples, de Sardaigne et de Sicile, duc de Bourgogne (*) et de Milan et souverain des Pays-Bas, de 1665 à 1700.

(*) Après la mort de Charles le Téméraire à Nancy en 1477, le duché de Bourgogne est annexé comme généralité du royaume de France ; la Franche-Comté devient quant à elle territoire des Habsbourg, et partie du Saint-Empire. La nature de l’inféodation de 1364 devient sujette à débat : le roi de France et les Habsbourg se disputent le titre et ce dernier n’est plus utilisé par la monarchie française jusqu’à ce qu’une transaction préliminaire au traité de Nimègue (1679) oblige le roi d’Espagne à renoncer au titre. Deux ans plus tard, Louis XIV donne celui-ci à son petit-fils Louis de France, futur Dauphin, qui vient de naître.

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