
Giovanni d’Agostino (Sienne, après 1310 – 1348)
Madonna col Bambino (Vierge à l’Enfant), v. 1330-1340.
Marbre.
Provenance : In situ.
Sienne, cathédrale de Santa Maria Assunta.

Dans les lunettes qui surplombent les deux étroites portes donnant accès à la galerie située dans la baie centrale de la façade se trouvent deux des reliefs les plus célèbres du Duomo Nuovo (la Nouvelle Cathédrale) : la Vierge à l’Enfant et le Christ Rédempteur bénissant, entourés de séraphins. Il s’agit très probablement de sculptures exécutés directement par le maître d’œuvre (ou résultant d’importantes interventions de sa main). Elles s’inscrivent en pleine continuité avec les œuvres réalisées à la fin des années 1330 par Giovanni d’Agostino, depuis le tabernacle de l’oratoire San Bernardino de Sienne [1]Giovanni d’Agostino, Madonna col Bambino e due angeli. Sienne, Museo Diocesano d’Arte Sacra., signé par l’artiste « IHOS MAGIST(R)I AGOSTINI DE SEN(N)IS ME FECIT » [2]Roberto BARTALINI, Scultura gotica senese, Turin, 2011, pp. 332, 348, n. 20. (fig.), jusqu’à celle représentant la Vierge à l’Enfant, saint Jean-Baptiste et sainte Catherine d’Alexandrie, aujourd’hui conservée à Cleveland, mais présente jusqu’à la fin du XVIIIe siècle dans l’église San Cristoforo de Sienne [3]Giovanni d’Agostino, Madonna and Child with Saints Catherine and John the Baptist, The Cleveland Museum of Art, inv. 1942.1162 ; voir Roberto BARTALINI, Scultura gotica senese, Turin, 2011, pp. 350-351, n. 33.. Les subtiles gradations des plans du relief, notamment dans la lunette du Rédempteur, constituent l’un des résultats les plus emblématiques de la conception « picturale » du bas-relief, caractéristique de Giovanni d’Agostino : « picturale » au sens des effets de variation du clair-obscur mobile, mais aussi parce qu’elle s’est développée à partir d’exemples de la peinture contemporaine (notamment les œuvres de Simone Martini et de son entourage). [4]Voir : Roberto BARTALINI, « I Tarlati, il ‘Maestro del Vescovado’ e la pittura aretina della prima metà del Trececento », dans Prospettiva, 83-84 (1986), pp. 19-34 ; BARTALINI, Scultura gotica senese (1260-1350), Turin, Fondazione Monte dei Paschi di Siena, 2011, pp. 329-333.. Dans le cas présent, le sculpteur a également utilisé, dans l’invention de l’Enfant qui touche le voile de la Mère et s’accroupit, pliant sa jambe gauche dans une douce courbe, un prototype développé par Tino di Camaino, qui est également la base de la belle Vierge à l’Enfant en bois de l’église Santa Maria del Principio à Ponteprimario, un hameau de Maiori (Salerne), récemment révélée par Francesco Aceto [5]Francesco ACETO, dans BARTALINI, Scultura gotica senese, Turin, 2011, p. 202, n. 20.. [6]Roberto BARTALINI, Il Duomo Nuovo di Siena. La fabbrica, le sculture, i maestri, le dinamiche di cantiere, (Milan), Silvana Editoriale, 2019, p. 56.
Notes
| 1↑ | Giovanni d’Agostino, Madonna col Bambino e due angeli. Sienne, Museo Diocesano d’Arte Sacra. |
|---|---|
| 2↑ | Roberto BARTALINI, Scultura gotica senese, Turin, 2011, pp. 332, 348, n. 20. |
| 3↑ | Giovanni d’Agostino, Madonna and Child with Saints Catherine and John the Baptist, The Cleveland Museum of Art, inv. 1942.1162 ; voir Roberto BARTALINI, Scultura gotica senese, Turin, 2011, pp. 350-351, n. 33. |
| 4↑ | Voir : Roberto BARTALINI, « I Tarlati, il ‘Maestro del Vescovado’ e la pittura aretina della prima metà del Trececento », dans Prospettiva, 83-84 (1986), pp. 19-34 ; BARTALINI, Scultura gotica senese (1260-1350), Turin, Fondazione Monte dei Paschi di Siena, 2011, pp. 329-333. |
| 5↑ | Francesco ACETO, dans BARTALINI, Scultura gotica senese, Turin, 2011, p. 202, n. 20. |
| 6↑ | Roberto BARTALINI, Il Duomo Nuovo di Siena. La fabbrica, le sculture, i maestri, le dinamiche di cantiere, (Milan), Silvana Editoriale, 2019, p. 56. |

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