Sordello [1]En occitan : Sordèl. da Goito (Goito, première décennie du XIIIe siècle – Abruzzes, avant le 30 août 1269 [1]) : poète, troubadour et bouffon originaire de Goito, proche de Mantoue, d’où son surnom Mantovano (le Mantouan). Il vécut dans les cours de Ferrare, Vérone et Trévise, se réfugia ensuite en Provence auprès de Raimond-Bérenger V [2]Raimond-Bérenger V de Provence (en provençal : Ramon Berenguier), parfois désigné comme Raimond-Béranger IV (Aix-en-Provence, 1198 – 1245) : comte de Provence et de Forcalquier de 1209 à sa mort. Il est le père de Marguerite de Provence, épouse du roi de France Louis IX à partir de 1234., puis de Charles d’Anjou, avec qui il vint en Italie en 1265, demeurant à la cour de Naples jusqu’à sa mort.
Quarante-deux de ses poèmes nous sont parvenus, abordant des sujets variés tels que l’amour et la politique, ainsi qu’un poème didactique, les Ensenhamen d’onor (« Préceptes d’honneur »). Son texte le plus célèbre de son œuvre en provençal est le planh [3]Le planh est une forme propre aux troubadours qui possédant ordinairement une structure thématique constante et consiste en une lamentation funèbre qui pleure la mort d’un ami, d’un personnage fameux, etc. écrit pour la mort de Ser Blacatz [4]Blacas de Blacas (Nice [?], v. 1180 – …, v. 1235, dit le Grand guerrier et connu aussi sous le nom de Blacatz, fut seigneur d’Aups, de Vérignon, de Baudinard, de Carros, de Châteauneuf, de Thorenc, de Tourtour, et autres villages. Il était aussi remarquable guerrier que bon troubadour [1] et se distingua parmi les plus vaillants chevaliers de la cour du comte Raimond … Poursuivre où il tance la bassesse des seigneurs d’Europe. La renommée de Sordello da Goito tient principalement au portrait que Dante en fait, sous une forme poétique, dans les chants VI, VII et VIII du Purgatoire [5]« Voici comment [Dante] en parle dans son Traité de l’éloquence vulgaire : « Sordel de Mantoue, cet homme d’une si haute éloquence, non-seulement en poésie, mais dans tous ses discours, fut aussi l’un de ceux qui abandonnèrent l’idiome de leur lieu natal », pour écrire dans l’italien illustre, faut-il ajouter, si l’on veut, dans ce passage, … Poursuivre. C’est d’ailleurs Sordello lui-même qui, par son échange d’étreintes spontané avec son concitoyen Virgile (« Io son Sordello della tua terra » [6]« Je suis Sordello de ton pays », , inspire au poète la célèbre invective « Ahi, serva Italia » [7]« Ah, serve Italie ! », que l’on trouve au chant VI du Purgatoire.
Notes
| 1↑ | En occitan : Sordèl. |
|---|---|
| 2↑ | Raimond-Bérenger V de Provence (en provençal : Ramon Berenguier), parfois désigné comme Raimond-Béranger IV (Aix-en-Provence, 1198 – 1245) : comte de Provence et de Forcalquier de 1209 à sa mort. Il est le père de Marguerite de Provence, épouse du roi de France Louis IX à partir de 1234. |
| 3↑ | Le planh est une forme propre aux troubadours qui possédant ordinairement une structure thématique constante et consiste en une lamentation funèbre qui pleure la mort d’un ami, d’un personnage fameux, etc. |
| 4↑ | Blacas de Blacas (Nice [?], v. 1180 – …, v. 1235, dit le Grand guerrier et connu aussi sous le nom de Blacatz, fut seigneur d’Aups, de Vérignon, de Baudinard, de Carros, de Châteauneuf, de Thorenc, de Tourtour, et autres villages. Il était aussi remarquable guerrier que bon troubadour [1] et se distingua parmi les plus vaillants chevaliers de la cour du comte Raimond Bérenger IV de Provence. Son fils Boniface de Blacas lui succéda comme seigneur et épousa Ayceline de Moustiers ; il fut aussi troubadour, sous le nom de Blacassetzn[2]. Le Planher vol En Blacatz en aquest leugier so ou Lamentation sur la mort de Ser Blacatz est l’éloge satirique d’un seigneur provençal et mécène des troubadours, écrite vers 1237. |
| 5↑ | « Voici comment [Dante] en parle dans son Traité de l’éloquence vulgaire : « Sordel de Mantoue, cet homme d’une si haute éloquence, non-seulement en poésie, mais dans tous ses discours, fut aussi l’un de ceux qui abandonnèrent l’idiome de leur lieu natal », pour écrire dans l’italien illustre, faut-il ajouter, si l’on veut, dans ce passage, compléter la pensée de Dante. Cet éloge […] n’est plus aujourd’hui, pour nous, qu’un sujet de regrets ; il n’est pas resté de Sordello un seul vers italien. C’est […] en provençal que sont ses titres à la renommée poétique ; et tout autorise à croire que la littérature provençale fut le principal objet de ses études, étant encore alors, des littératures en idiome vulgaire, celle qui avait le plus de vogue en Italie, et qui y donnait le ton à toutes les autres. » Claude FAURIEL, « Sordello », dans Bibliothèque de l’école des chartes (1843), tome 4, pp. 95-96. www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_1843_num_4_1_451704 |
| 6↑ | « Je suis Sordello de ton pays », |
| 7↑ | « Ah, serve Italie ! » |
