Marcion

Marcion dit du Pont [1]Le Pont-Euxin, région historique de la Turquie. ou de Sinope (Sinope, v. 85 – v. 160) : personnalité du christianisme de la fin du Ier et de la première moitié du IIe siècle. Se fondant uniquement sur l’Écriture, il développe sa doctrine qui rompt avec la tradition juive : du contraste absolu qu’il décèle entre la Loi juive et l’Évangile [2]Marcion est vraisemblablement le premier à donner au mot εὐαγγέλιον (euangélion, « bonne nouvelle ») un sens littéraire et à élaborer un « canon » de l’Écriture dont il écarte la Torah et tout ce qui, dans la littérature néotestamentaire, porte la marque du judaïsme, proposant un texte résumé à l’Évangile selon Luc et dix des treize épîtres … Poursuivre, il conclut à l’existence de deux principes divins — Dieu de colère de la Bible hébraïque et Dieu d’amour de l’Évangile — dont celui des textes chrétiens est le Dieu suprême [3]Celui-ci est le père de Jésus-Christ qui est venu pour abroger la Bible hébraïque et le culte de son Démiurge ((Déité responsable de la création de l’univers physique dans diverses mythologies.. Pour Marcion, Jésus n’est pas le messie attendu par les juifs, ni né de la Vierge Marie : il est apparu à la quinzième année du règne de Tibère sans avoir connu ni naissance ni croissance et sauve l’homme en le rachetant par sa mort.)). En rupture avec la communauté chrétienne de Rome, il fonde sa propre Église à l’organisation solide et concurrente, ce qui lui vaut d’être considéré par la suite comme l’un des premiers hérésiarques par les auteurs de la « Grande Église ». Le marcionisme se développe essentiellement en Orient, en Mésopotamie et en Perse mais aussi en Occident et non sans connaître des dissidences. Persécutées au cours du IVe siècle, les communautés marcionites disparaissent définitivement au cours du Ve siècle. Par dégoût de la tiédeur de certains fidèles et entraîné par la violence héroïque de son tempérament, il rejoint à la fin de sa vie un mouvement très rigoriste, le montanisme. 

Notes

Notes
1 Le Pont-Euxin, région historique de la Turquie.
2 Marcion est vraisemblablement le premier à donner au mot εὐαγγέλιον (euangélion, « bonne nouvelle ») un sens littéraire et à élaborer un « canon » de l’Écriture dont il écarte la Torah et tout ce qui, dans la littérature néotestamentaire, porte la marque du judaïsme, proposant un texte résumé à l’Évangile selon Luc et dix des treize épîtres attribuées à Paul.
3 Celui-ci est le père de Jésus-Christ qui est venu pour abroger la Bible hébraïque et le culte de son Démiurge ((Déité responsable de la création de l’univers physique dans diverses mythologies.

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