Michelangelo Buonarotti, dit Michel-Ange
Il Sacrifizio di Aman (Le sacrifice d’Haman), v. 1511-1512.
Fresque
Provenance : In situ.
Rome, Cité du Vatican, Chapelle Sixtine.
« Le roi Assuérus prit la parole et dit à la reine Esther : Qui est-il et où est-il celui qui se propose d’agir ainsi ? Esther répondit : L’oppresseur, l’ennemi, c’est Haman, ce méchant-là ! Haman fut saisi de terreur en présence du roi et de la reine. Et le roi, dans sa colère, se leva et quitta le festin, pour aller dans le jardin du palais. Haman resta pour demander grâce de la vie à la reine Esther, car il voyait bien que sa perte était arrêtée dans l’esprit du roi. Lorsque le roi revint du jardin du palais dans la salle du festin, il vit Haman qui s’était précipité vers le lit sur lequel était Esther, et il dit : Serait-ce encore pour faire violence à la reine, chez moi, dans le palais ? Dès que cette parole fut sortie de la bouche du roi, on voila le visage d’Haman. Et Harbona, l’un des eunuques, dit en présence du roi : Voici, le bois préparé par Haman pour Mardochée, qui a parlé pour le bien du roi, est dressé dans la maison d’Haman, à une hauteur de cinquante coudées. Le roi dit : Qu’on y pende Haman ! Et l’on pendit Haman au bois qu’il avait préparé pour Mardochée. Et la colère du roi s’apaisa. [1]5-9.
Le Châtiment d’Haman fait partie des quatre pendentifs avec des histoires de l’Ancien Testament, liées à la protection par Dieu du peuple d’Israël.
L’exécution est représentée telle qu’elle est décrite dans la Divine comédie de Dante (Dupa, 1806)[1]. Michel-Ange, choisissant le supplice du crucifiement au lieu de la pendaison rapportée dans le texte biblique, souligne le parallélisme du thème avec la Rédemption réalisée à travers l’incarnation et le sacrifice du Christ. Haman est représenté trois fois : à droite, le souverain Assuérus l’envoie prendre les vêtements royaux de Mardochée, qui est assis sur le seuil ; à gauche, Esther révèle la conspiration d’Haman à Assuérus et au centre, Haman, dont le corps corps torturé traverse la représentation en diagonale et domine de façon dramatique toute la scène, est hissé sur une sorte de croix dans un raccourci vertigineux qui le projette hors de la représentation. Cette impression est renforcée par le mur blanc, vu de biais, de la chambre d’Assuérus.
Michel-Ange a mis vingt et un « jours » à peindre la scène, dont trois pour la seule figure d’Haman : le dessin a d’abord été préparé sur un carton puis transféré par gravure directe, avec un soin extrême en raison du raccourcis particulièrement complexe. Deux études de sa figure nous sont parvenus ; l’une est conservée au British Museum (Londres), l’autre au Musée Teyler de Haarlem.
Notes
| 1↑ | 5-9. |
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