
Michelangelo Buonarotti, ou Michel-Ange (Caprese, 1475 – Rome, 1564)
Punizione di Aman (Châtiment d’Haman), v. 1511-1512.
Fresque.
Provenance : In situ.
Rome, Cité du Vatican, Chapelle Sixtine.
Le Châtiment d’Haman est peint sur l’un des quatre pendentifs de la Chapelle Sixtine, à Rome, lesquels figurent des épisodes de l’Ancien Testament qui racontent et évoquent tous la protection divine du peuple d’Israël. Pour bien comprendre le sujet tiré du Livre d’Esther représenté représenté ici [1]« Le roi Assuérus prit la parole et dit à la reine Esther : Qui est-il et où est-il celui qui se propose d’agir ainsi ? Esther répondit : L’oppresseur, l’ennemi, c’est Haman, ce méchant-là ! Haman fut saisi de terreur en présence du roi et de la reine. Et le roi, dans sa colère, se leva et quitta le festin, pour aller dans le jardin du palais. Haman resta … Poursuivre, il faut garder présent à l’esprit que les quatre scènes peintes illustrent des épisodes de l’histoire du salut : en écho à celle d’Haman [2]« Le roi Assuérus prit la parole et dit à la reine Esther : Qui est-il et où est-il celui qui se propose d’agir ainsi ? Esther répondit : L’oppresseur, l’ennemi, c’est Haman, ce méchant-là ! Haman fut saisi de terreur en présence du roi et de la reine. Et le roi, dans sa colère, se leva et quitta le festin, pour aller dans le jardin du palais. Haman resta … Poursuivre se trouve la représentation du serpent de bronze, dressé dans le désert, qui sauve les Hébreux mordus par des serpents venimeux. Entre ces deux écoinçons se trouve la fresque du prophète Jonas, avec le grand poisson et le ricin traditionnel, symbole paradoxal de salut pour les Ninivites. Les deux écoinçons du mur d’entrée, à l’extrémité opposée, représentent la mort de Goliath et le massacre d’Holopherne, autres scènes de salut fréquemment représentées à la Renaissance. Les quatre écoinçons illustrent ainsi « quatre interventions divines œuvrant pour le salut de son peuple, et […] impliquent l’intervention divine par excellence, le salut accompli par le Christ. » Ils sont également directement reliés au maître-autel, où est célébré le sacrifice du Christ sur la croix.
Choisissant le supplice de la crucifixion, telle que décrite dans la Divine comédie de Dante, au lieu de la pendaison rapportée dans le texte biblique, Michel-Ange souligne le parallélisme du thème avec la Rédemption réalisée à travers l’incarnation et le sacrifice du Christ. Haman est représenté trois fois : à droite, le souverain Assuérus l’envoie prendre les vêtements royaux destinés à être portés par Mardochée, que l’on voit assis sur le seuil ; à gauche, Esther révèle la conspiration d’Haman à Assuérus ; au centre, enfin, Haman, dont le corps corps torturé traverse la représentation en diagonale et domine de façon dramatique toute la scène, est hissé sur une sorte de croix dans un raccourci vertigineux qui le projette hors de la représentation. Cette impression est renforcée par le mur blanc, vu de biais, de la chambre d’Assuérus.
On sait que l’exécution de la scène a nécessité vingt et une « journées » de travail à Michel-Ange, dont trois pour la seule figure d’Haman. Le dessin de cette figure a d’abord été préparé sur un carton puis transféré par gravure directe, avec un soin extrême en raison du raccourcis particulièrement complexe [3]Deux études de la figure du personnage nous sont parvenues ; l’une, Study of a crucified man (Haman) with separate leg and foot studies, 1512, 40,4 x 20,6 cm. est conservé au British Museum (Londres), l’autre, Figuurstudies voor de kruisiging van Haman, c. 1511, dans la collection du Teylers Museum de Haarlem. Une étude de Bronzino, d’après Beccafumi se trouve dans la … Poursuivre.
Notes
| 1↑ | « Le roi Assuérus prit la parole et dit à la reine Esther : Qui est-il et où est-il celui qui se propose d’agir ainsi ? Esther répondit : L’oppresseur, l’ennemi, c’est Haman, ce méchant-là ! Haman fut saisi de terreur en présence du roi et de la reine. Et le roi, dans sa colère, se leva et quitta le festin, pour aller dans le jardin du palais. Haman resta pour demander grâce de la vie à la reine Esther, car il voyait bien que sa perte était arrêtée dans l’esprit du roi. Lorsque le roi revint du jardin du palais dans la salle du festin, il vit Haman qui s’était précipité vers le lit sur lequel était Esther, et il dit : Serait-ce encore pour faire violence à la reine, chez moi, dans le palais ? Dès que cette parole fut sortie de la bouche du roi, on voila le visage d’Haman. Et Harbona, l’un des eunuques, dit en présence du roi : Voici, le bois préparé par Haman pour Mardochée, qui a parlé pour le bien du roi, est dressé dans la maison d’Haman, à une hauteur de cinquante coudées. Le roi dit : Qu’on y pende Haman ! Et l’on pendit Haman au bois qu’il avait préparé pour Mardochée. Et la colère du roi s’apaisa. » (Est 6, 5-9). |
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| 2↑ | « Le roi Assuérus prit la parole et dit à la reine Esther : Qui est-il et où est-il celui qui se propose d’agir ainsi ? Esther répondit : L’oppresseur, l’ennemi, c’est Haman, ce méchant-là ! Haman fut saisi de terreur en présence du roi et de la reine. Et le roi, dans sa colère, se leva et quitta le festin, pour aller dans le jardin du palais. Haman resta pour demander grâce de la vie à la reine Esther, car il voyait bien que sa perte était arrêtée dans l’esprit du roi. Lorsque le roi revint du jardin du palais dans la salle du festin, il vit Haman qui s’était précipité vers le lit sur lequel était Esther, et il dit : Serait-ce encore pour faire violence à la reine, chez moi, dans le palais ? Dès que cette parole fut sortie de la bouche du roi, on voila le visage d’Haman. Et Harbona, l’un des eunuques, dit en présence du roi : Voici, le bois préparé par Haman pour Mardochée, qui a parlé pour le bien du roi, est dressé dans la maison d’Haman, à une hauteur de cinquante coudées. Le roi dit : Qu’on y pende Haman ! Et l’on pendit Haman au bois qu’il avait préparé pour Mardochée. Et la colère du roi s’apaisa. » (Est 6, 5-9). |
| 3↑ | Deux études de la figure du personnage nous sont parvenues ; l’une, Study of a crucified man (Haman) with separate leg and foot studies, 1512, 40,4 x 20,6 cm. est conservé au British Museum (Londres), l’autre, Figuurstudies voor de kruisiging van Haman, c. 1511, dans la collection du Teylers Museum de Haarlem. Une étude de Bronzino, d’après Beccafumi se trouve dans la collection d’Isabella Steward Gardner à Boston. |



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